Dvar Torah pour vendredi 20 Tevet 5786 9 janvier 2026

Chémot – Si les problèmes s’amplifient, la sortie n’est plus très loin !!

Commentaires rédigés par le Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit

וְאֵלֶּה, שְׁמוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, הַבָּאִים, מִצְרָיְמָה: אֵת יַעֲקֹב, אִישׁ וּבֵיתוֹ בָּאוּ. רְאוּבֵן שִׁמְעוֹן, לֵוִי וִיהוּדָה. יִשָּׂשכָר זְבוּלֻן, וּבִנְיָמִן. דָּן וְנַפְתָּלִי, גָּד וְאָשֵׁר... וְיוֹסֵף, הָיָה בְמִצְרָיִם. (שמות א-א, ב, ג, ד, ה)

Voici les noms des Béné Israël qui vinrent en Egypte avec Ya’akov, chacun accompagné de son foyer. Réouven, Chim’on, Lévy et Yéhouda. Issa’har, Zévouloun et Binyamin. Dan et Naftali, Gad et Acher… Et Yossef était déjà en Egypte. (Chémot 1-1, 2, 3, 4, 5)

Rachi (au nom du Midrash Rabba) : Même si le texte les a déjà recensés de leur vivant (voir Vaygach), il les compte de nouveau ici après leur mort, afin de faire connaitre l’affection qu’Hachem leur porte, puisqu’ils sont comparables aux étoiles qu’Hachem nomme et compte à chaque fois qu’Il les fait sortir et qu’Il les introduit, comme il est dit dans le livre du prophète Yécha’ya :
... הַמּוֹצִיא בְמִסְפָּר צְבָאָם; לְכֻלָּם, בְּשֵׁם יִקְרָא ... (ישעיה מ-כו)

Il fait sortir en nombre leur armée (les étoiles), et il nomme chacun (e) indépendamment. Yécha’ya 40-26)

La comparaison des Béné Israël aux étoiles réside dans le fait « qu’Hachem les fait sortir et les introduit en les comptant et en les nommant ».

En effet, c’est dans la Paracha de Vaygach – où est relaté le début de l’esclavage, puisque c’est la Paracha où les Béné Israël pénètrent en exil – que le texte les compte par leurs noms (Il les « introduit »).
Et ici, dans la Paracha de Chémot – où est relaté le début de l’histoire de la délivrance et de la sortie de l’esclavage – ils sont de nouveau comptés par leurs noms (Il les fait « sortir »).

Pourtant, le Gaon et Tsaddik Rabbi Chalom Mordé’haï CHVADRON (Ha-Cohen) z.ts.l fait remarquer un étonnement :
Lorsqu’on parcourt notre Paracha de Chémot, on y découvre seulement l’enchainement de l’exil et non la sortie vers la liberté.
Selon cela, si l’on veut préserver la comparaison avec les étoiles, il aurait été plus logique de compter les Béné Israël à la fin de notre Paracha où l’on constate les premiers signes annonciateurs de la délivrance, et non au début.
Ainsi, la comparaison avec les étoiles qui sont nommées exclusivement lorsqu’elles entrent et lorsqu’elles sortent, aurait été plus précise.

En réalité, le dur esclavage que notre Paracha de Chémot nous relate, représente le début de la délivrance !!

En effet, n’oublions pas que lors du pacte d’alliance établi entre Hachem et Avraham Avinou (Bérit Ben Ha-Bétarim), le décret d’esclavage était initialement prévu pour une durée de 400 ans ! Mais concrètement, ils n’y ont passé que 210 ans, puisqu’ nous savons qu’Hachem - dans sa grande miséricorde – recalcula la difficulté de l’esclavage dans la « qualité » plutôt que dans la longueur du temps, la « quantité ».

A partir de cela, nous apprenons que ce n’est autre que la difficulté du terrible esclavage qui entraina l’accélération de la sortie des Béné Israël d’Egypte, et qui hâta le processus de la délivrance !!

Ce processus débuta concrètement par l’horrible difficulté de l’esclavage telle qu’elle nous est décrite dans notre Paracha de Chémot !!

C’est donc pour cela que les Béné Israël sont comptés par leurs noms dès le début de la Paracha de Chémot, puisque c’est véritablement ici qu’est enfouit le début de  leur délivrance et de leur sortie vers la liberté.

Cela correspond parfaitement aux étoiles qu’Hachem fait sortir en les comptants par leurs noms !!

Nous en retenons une grande morale :
Il arrive parfois que l’individu vit une longue difficulté.
Il se met à prier et à implorer Hachem afin qu’il mette une fin à ses problèmes.
Mais voici qu’au contraire, dès qu’il commence à prier, ses difficultés ne font qu’amplifier !!
Il se lamente intérieurement en se disant : « Mes prières ne servent strictement à rien !! »

Mais nous avons appris le contraire !

Il est probable que c’est justement parce qu’Hachem a entendu ses prières qu’Il a décidé d’amplifier ses souffrances dans « la qualité », afin de le délivrer plus rapidement sur « la quantité » !!

C’est grâce à la difficulté des souffrances que l’on pourra avancer sa délivrance. C’est donc grâce à ses souffrances que l’on est épargné du long châtiment initialement prévu pour nous !!

Il faut seulement s’armer de patience et se renforcer dans la foi, et l’on comprendra alors que nous n’avions pas de quoi nous lamenter !!

Chabbat Chalom !