Halacha pour lundi 23 Tevet 5782 27 décembre 2021

Pour l'élévation des âmes de:
Messa’ouda Bat ‘Aïsha (STEBOUN) de Lyon

Pour la guérison totale et rapide de:
Charles Chalom Ben Sultana
parmi tous les malades d'Israël Amen.

Une femme qui a le doute si elle a oui ou non récité le Birkatt Ha-Mazone

Dans les précédentes Halachot, nous avons expliqué le principe du Din de « Safek Bérah’ot Léhakel » (« Lors d’un doute sur la récitation d’une bénédiction, on ne la récite pas »), selon lequel chaque fois où l’on a un doute si l’on a oui ou non récité la bénédiction d’un aliment, on ne la récite pas dans le doute, puisque nous avons un principe selon lequel « Safek Dérabbanann Léhakel » (« Lors d’un doute sur une loi instaurée par nos maîtres, nous allons à la souplesse »), or puisque le principe des bénédictions n’est que Midérabanann (instauré par nos maîtres), on ne récite pas de nouveau la bénédiction dans le doute. On n’est pas autorisé dans ce cas à s’imposer la rigueur de réciter malgré tout la bénédiction, car en agissant ainsi on s’introduit dans un risque de récitation de bénédiction inutile dont l’interdiction est très grave, en raison de la prononciation du Nom d’Hachem en vain.

Nous avons écrit que tout ceci est valable uniquement pour les bénédictions dont l’obligation n’est pas Mine-Ha-Torah (ordonnée par la Torah), mais lorsqu’il s’agit du Birkatt Ha-Mazone dont l’obligation est Mine-Ha-Torah, en cas de doute si l’on a oui ou non récité le Birkatt Ha-Mazone, on est tenu de le réciter de nouveau, comme nous l’avons expliqué en citant des détails sur ce point.

Le débat au sujet de l’obligation des femmes à réciter le Birakatt – Ha-Mazon
Nous devons maintenant débattre au sujet d’une femme qui a consommé du pain et s’est rassasiée de ce qu’elle a mangé, mais qui a le doute si elle a oui ou non récité le Birkatt Ha-Mazone. Doit-elle réciter de nouveau le Birkatt Ha-Mazone dans le doute – exactement comme un homme – ou non?
Cette question dépend d’une autre question:
Les femmes sont-elles tenues Mine-Ha-Torah (selon la Torah) de réciter le Birkatt Ha-Mazone ou pas?
Si nous considérons que les femmes sont tenues Mine-Ha-Torah de réciter le Birkatt Ha-Mazone, il est certain que la femme doit elle aussi en cas de doute réciter de nouveau le Birkatt Ha-Mazone, mais si nous considérons que la femme n’est tenue que Midérabanann (seulement par institution de nos maîtres) de réciter le Birkatt Ha-Mazone, de ce fait le Birkatt Ha-Mazone est pour la femme exactement comme toutes les autres bénédictions instaurées par nos maîtres, et en cas de doute, elle ne doit pas de nouveau le réciter.

Pourquoi pourrions-nous dire que les femmes ne sont pas ordonnée par la Torah de réciter le Birkatt Ha-Mazon?
Il est enseigné dans une Michna du traité Bérah’ot (20b) que les femmes sont soumises à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazone.
La Guémara s’interroge si cette obligation pour les femmes est Mine-Ha-Torah ou Midérabanann. Ce doute prend sa source dans le verset de la Torah à travers lequel nous apprenons l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazone.
En effet, ce verset dit : « Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras Hachem ton D. sur la terre qu’Il te donne. »
Or, la terre d’Israël n’a pas été donnée aux femmes par Hachem lors du partage de la terre, puisqu’à ce moment-là les femmes n’ont pas reçu d’héritage de la terre de façon indépendante, car le partage de la terre ne se faisait que par tribu.
Selon cela, on peut apparemment dire que les femmes sont exemptes Mine-Ha-Torah de réciter le Birkatt Ha-Mazone.

Mais on peut faire remarquer que les filles de Tsélofh’add ont reçu une part de la terre d’Israël, et de ce fait les femmes sont donc concernées par le partage de la terre. Mais il n’en est rien puisque la part reçue par les filles de Tsélofh’add revenait à l’origine à leur père qui avait fait partie de ceux qui étaient sortis d’Égypte, mais de par elle-même, elles n’auraient rien reçu, car l’héritage de la terre ne se faisait que selon les tribus qui étaient affiliées au père.
De ce fait, nous pouvons encore dire que les femmes sont exemptes Mine-Ha-Torah de réciter le Birkatt Ha-Mazone. (Rachi)

Nos maîtres les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale) débattent afin d’expliquer le sens de cette Guémara pour savoir si en conclusion les femmes sont réellement soumises à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazone, ou bien si cette question reste un doute si elles sont soumises à cette obligation Mine-Ha-Torah ou seulement Midérabanann.
Du point de vue de la Halacha, MARANN tranche dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.186) que la question reste un doute et l’on ne sait pas si les femmes sont soumises Mine-Ha-Torah à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazone, ou seulement Midérabanann.

C’est pourquoi, sur le plan pratique, en raison d’un doute sur des bénédictions, notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l a rédigé une formidable Tchouva sur cette question dans son livre Chou’t Yéh’avé Da’at (tome 6), et conclut que puisqu’il y a un doute si la femme est soumise à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazone Mine-Ha-Tora ou seulement Midérabanann, par conséquent une femme qui a le doute si elle a récité oui ou non le Birkatt Ha-Mazone, ne doit pas le réciter de nouveau dans le doute.
Malgré tout, puisque cette question reste un doute, si la femme en a la possibilité,
il est bon dans ce cas là qu’elle écoute le Birkatt Ha-Mazone de la bouche d’un homme ou d’une autre femme qui n’ont pas encore récité le Birkatt Ha-Mazone, qui penseront à l’acquitter de son obligation, et la femme elle aussi pensera à s’acquitter de son obligation en écoutant ce Birkatt Ha-Mazone. En agissant ainsi, elle est quitte sans le moindre doute, et elle mérite que repose sur elle la Bénédiction.

Questionner Le Rav


8 Halachot Les plus populaires

Comment doit-on tremper l’ustensile?

Il faut veiller à ce que rien ne fasse séparation (H’atsitsa) entre l’ustensile et l’eau du Mikvé. Est considérée comme H’atsitsa (élément séparateur), toute chose qui s’interpose entre l’ustensile et l&rs......

Lire la Halacha

Lire les Téhilim ou tout autre texte du Mikra (le TANA’H) la nuit

Question: Est-il permis de lire les Téhilim ou des versets du TANAH’ (Torah, livres des prophètes et hagiographes) la nuit, ou y a-t-il un interdit selon la Kabbala? Peut-on autoriser lorsque cette lecture est faite pour la guérison d’un malade ou pour une femme sur ......

Lire la Halacha

Un Koumkoum électrique et des ustensiles jetables vis-à-vis de l’immersion dans le Mikvé

Question: Un Koumkoum électrique (bouilloire électrique), ainsi que des ustensiles à usage unique (jetables) sont-ils soumis à l’obligation d’être trempés? Réponse: Les Poskim (décisionnaires) débattent au sujet du Koumkoum......

Lire la Halacha

Consommer des boissons dans des établissements ou chez un particulier qui n’a pas trempé les ustensiles

Question: Est-il permis de consommer un café chez un particulier ou dans un établissement (par exemple le café « Expresso » que l’on sert sans lait dans les Cafés chez nous à Paris) si le propriétaire ne veille pas à tremper les uste......

Lire la Halacha


L’immersion des ustensiles

Tous nouveaux ustensiles achetés d’un non juif (comme par exemple la majorité des ustensiles fabriqués en dehors d’Israël) doivent être trempés dans un Mikvé avant d’être utilisés. Nous apprenons ce Din dans la Torah (Ba......

Lire la Halacha

Cuire et cuisiner pendant Yom Tov

Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué que même si Yom Tov et Chabbat ont un statut identique vis-à-vis de l’interdiction de réaliser des travaux, et pour cette raison il est interdit de voyager en voiture pendant Yom Tov (car plusieurs interdi......

Lire la Halacha

Les ustensiles qui nécessitent d’être trempés

Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué l’obligation de tremper dans un Mikvé, tout nouvel ustensile acheté chez un non juif, comme par exemple des ustensiles dont le fabriquant est un non juif. Ces ustensiles nécessitent une immersion dans le ......

Lire la Halacha

Manipuler le feu pendant Yom Tov – allumage et extinction

Nous avons expliqué que Yom Tov et Chabbat ont le même statut vis-à-vis de toutes les interdictions, excepté certains travaux liés à la préparation de la nourriture (« Oh’el Nefech ») qui sont permis pendant Yom Tov, comme l’int......

Lire la Halacha