Il est dit dans la Méguilatt Esther au sujet des jours de Pourim :
... לַעֲשׂוֹת אוֹתָם, יְמֵי מִשְׁתֶּה וְשִׂמְחָה, וּמִשְׁלֹחַ מָנוֹת אִישׁ לְרֵעֵהוּ, וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיֹנִים. (אסתר ט-כב)
… Faire de ces jours, des jours de festin et de joie, et d’échange de mets mutuels, ainsi que de cadeaux aux nécessiteux. » (Esther 9 – 22)
Cela signifie que dès l’institution de Mordé’haï et Esther, nous avons reçu l’ordre d’offrir des cadeaux aux nécessiteux le jour de Pourim.
Il est expliqué dans la Guémara Méguila (7a) que le sens des mots « Matanot La-Evyonim » signifie que l’on doit offrir au moins 2 cadeaux à 2 nécessiteux (1 à l’un et 1 à l’autre).
Ce devoir - comme celui de Michloa’h Manott – doit être accompli exclusivement durant la journée de Pourim.
Si quelqu’un a offert des cadeaux à des nécessiteux le soir de Pourim, il ne s’est pas acquitté de son devoir.
Qu’est-ce que l’on offre aux nécessiteux ?
Les cadeaux aux nécessiteux le jour de Pourim doivent être impérativement des aliments – comme de la viande, du poisson, du riz ou autre – ou bien de l’argent avec lequel il est possible d’acheter de la nourriture.
Mais si l’on offre aux nécessiteux des choses qui ne sont ni des aliments ni de l’argent, on ne s’acquitte pas de son devoir de Matanott La-Evyonim.
Il est vrai que le Gaon auteur du Chou’t Halachot Kétanott (vol.2 chap.163) écrit que l’on s’acquitte de son devoir même avec d’autres types de cadeaux, comme des objets ou des vêtements, malgré tout, la majorité des décisionnaires conteste son opinion sur ce point, car les cadeaux que l’on doit offrir aux nécessiteux le jour de Pourim doivent leur procurer de quoi prendre dignement leur repas festif le jour de Pourim.
Par conséquent, on ne peut pas s’acquitter de son devoir de Matanott La-Evyonim en offrant des choses qui ne sont ni des aliments, ni des boissons, ni de l’argent. (‘Hazon ‘Ovadia-Pourim page 266).
Offrir de l’argent aux nécessiteux afin d’acheter un aliment précis
Le Gaon Rabbi Chélomo Zalman OYERBACH z.ts.l a émis une décision Halachique (rapportée dans le livre Halichot Chélomo chap.19) selon laquelle si l’on offre de l’argent à un nécessiteux le jour de Pourim en tant que Matanot La-Evyonim, il est une Mitsva de lui offrir cet argent afin qu’il achète tout ce qu’il désire, et ne pas émettre une condition avec lui pour qu’il achète avec cet argent un aliment précis exclusivement.
Offrir l’argent le jour de Pourim
L’argent que l’on offre aux nécessiteux en tant que Matanot La-Evyonim, doit être offert le jour même de Pourim, et pas avant.
A notre époque, il existe des administrateurs de Tsédaka qui se chargent de faire parvenir cet argent aux nécessiteux le jour de Pourim.
Cependant, si quelqu’un se trouve dans une ville où il n’y a pas de nécessiteux juifs, il doit prélever cet argent le jour de Pourim et le conserver, et il l’offrira plus tard à des nécessiteux juifs. (Choul’han ‘Arou’h chap. 694).
Combien doit-on offrir ?
Une personne qui craint le Ciel offrira aux nécessiteux de manière généreuse et avec un visage enthousiaste, ainsi sa récompense et son acte le précèderont.
Combien doit-on offrir ? Selon le strict Din, il n’y a pas de somme fixe pour l’argent offert aux nécessiteux le jour de Pourim, car selon le Din il est suffisant d’offrir même une Pérouta (la plus petite somme d’argent en vigueur en chaque endroit, par exemple 50 Agourot en Israël, ou 1 centime d’Euros en France).
Mais malgré tout, il est préférable d’augmenter et de multiplier les dons aux nécessiteux plutôt que d’enrichir son propre repas de Pourim ou de multiplier les Michloa’h Manott.
Quoi qu’il en soit, il est très juste de ne pas offrir aux nécessiteux moins que ce dont ils auraient besoin pour faire leur repas festif de Pourim.