Halacha pour vendredi 24 Tevet 5784 5 janvier 2024

La Halacha est dédiée
Pour la guérison totale de Gabriel Ben Sultana (Teboul), Max Mordé'haï Ben Oraïda (Mimouni) parmi tous les malades d'Israël

Chémot

Commentaires rédigés par le Gaon Rabbi Ya’akov SASSON Chlita,
directeur de notre site Halacha Yomit, et digne petit-fils de notre maître
le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l

Il est dit dans notre Paracha :
Un roi nouveau s'éleva sur l'Égypte, lequel n'avait point connu Yossef. Il dit à son peuple : « Voyez, la population des enfants d'Israël surpasse et domine la nôtre. Eh bien ! Usons d'expédients contre elle ; autrement, elle s'accroîtra encore et alors, survienne une guerre, ils pourraient se joindre à nos ennemis, nous combattre et sortir de la province. » Et l'on imposa à ce peuple des officiers de corvée pour l'accabler de labeurs et il bâtit pour Pharaon des villes d'approvisionnement, Pitom et Ra’amsès. (Chémot 1-8-11)

Dans la Guémara Sotta (11a), nos maîtres expliquent quelle était la particularité de ces villes d’approvisionnement, Pitom et Ra’amsès :
« Pitom » - car ils bâtirent cette ville sur l’abîme (« Pi Téhom », « la bouche de l’abîme »), sur une terre boueuse et absorbante, au point où les constructions s’écroulaient et étaient avalées par la terre.
« Ra’amsès » - car les briques ainsi que les constructions se pulvérisaient (« Mitrossès », qui se pulvérise) et devenaient des débris.

Cela s’explique par le fait que l’objectif premier des égyptiens dans l’asservissement des Béné Israël, était de les empêcher de reprendre leurs esprits et de se rebeller contre eux. C’est pourquoi, ils exigèrent que les Béné Israël soient en permanence immergés dans le travail, même si ce travail n’avait aucun but.
Même lorsque les égyptiens n’avaient absolument pas besoin de ces constructions, malgré tout, ils ne désiraient pas laisser les Béné Israël sans activité, et ils les asservissaient par un dur travail, sans but, en les faisant construire des édifices qui s’écroulaient après construction !

C’est en effet ce que dit Pharaon au sujet des Béné Israël :
« Qu'il y ait donc surcharge de travail pour eux et qu'ils y soient astreints; et qu'on n'ait pas égard à des propos mensongers. » (Chémot 5-9)
Par surcharge de travail, ils n’auront pas le temps de s’adonner à d’autres choses, ou à avoir des pensées quelconques.

Voici les propos du RAM’HAL (Rabbénou Moché ‘Haïm LOUTSATO) à ce sujet, dans le livre Méssilat Yécharim :
« Pharaon désirait les priver de la moindre latitude, afin qu’ils n’aient pas le moindre projet de rébellion contre lui. Il s’efforçait de perturber leurs cœurs de toute réflexion, par la force de l’omniprésence du travail incessant. »

A partir de là, le RAM’HAL nous enseigne un fondement :
« Telle est véritablement la méthode du Yétser Hara’ sur les gens, car il est un guerrier et un fin stratège, et il est impossible de lui échapper, si ce n’est avec une importante sagesse et une large conception. »

Cela signifie qu’à l’instar de Pharaon l’impie, qui a imposé de durs travaux à Israël de manière constante, afin qu’ils ne reprennent pas leurs esprits et qu’ils ne prennent pas conscience de leur situation, ainsi agit le Yétser Hara’, en incitant l’homme à être préoccupé en permanence par toutes sortes de réflexions diverses, de sorte qu’il ne prête pas attention à l’essentiel : le Service d’Hachem perpétuel !

Aux Etats-Unis, il est d’usage dans de nombreux endroits – comme à New York par exemple – durant les mois estivaux, d’aller séjourner dans d’autres maisons situées dans les montagnes autours de New York, ou bien dans la ville de Deal (New Jersey).
Puisqu’il s’agit d’une période assez longue, même durant cette période de vacance, les chefs de familles voyagent chaque jour pour se rendre à leur travail – qui se trouve en général à Manhattan - depuis leur lieu de villégiature, malgré la longue durée du voyage.

Un jour, le Gaon auteur du Chéfa’ ‘Haïm – le Admour de Tsanz Kloïsenbourg z.ts.l – entendit un groupe de ses ‘Hassidim qui discutaient entre eux au sujet de la prochaine période de vacance. On était encore au milieu de l’hiver, et les ‘Hassidim programmaient ensemble où ils allaient habiter, ce qu’ils allaient manger, quelle activité allaient-ils organiser pour les enfants durant toute la période, etc … Projet sur projet, longs et divers, et qui coûtaient également une fortune.

Le Admour s’adressa à eux et leur dit :
« Telle est la méthode du Yétser Hara’ ! Il vous convainc dès à présent à perdre votre temps durant des jours entiers sur des projets pour les grandes vacances. Vous vous dites en vous-même : « Achevons de mettre en place nos projets, et retournons immédiatement après au Service d’Hachem ! » Lorsque vous aurez achevé la mise en place de vos projets, approcheront les jours de Péssa’h, et vous serez alors occupés dans les préparatifs de la fête. Après la fête, arriveront les jours des vacances, et vous vous direz : « Vivement les vacances, ainsi nous étudierons chaque soir durant plusieurs heures dans la tranquillité d’esprit ! »

En définitif, les vacances arrivent, vous voyagez chaque jour à Manhattan pour votre travail, et vous rentrez le soir sur votre lieu de vacance, épuisés et en lambeaux, dans l’incapacité d’étudier quoi que ce soit.
Vous vous dites alors : « Chabbat, nous nous adonnerons au Service d’Hachem ! »
Mais hélas ! Arrive le Chabbat, et une énorme fatigue s’empare de vous, puisque vous travaillez dur durant toute la semaine, et vous voyagez chaque jour durant plusieurs heures. Alors à quoi servent les vacances, si ce n’est pour prendre un peu de repos ??
Telle est la méthode du Yétser Hara’, qui détourne vos esprits durant toute votre vie, et vous ne prêtez pas attention aux jours qui passent et qui ne reviendront plus ! Quel dommage pour le temps perdu ! »

Le Admour poursuivit :
« Lorsque nous étions dans les camps sous la domination des maudits nazis – que leur nom soit effacé -, il arrivait qu’ils n’avaient pas de travail à nous donner. Ils nous ordonnaient alors d’assembler des pierres et de construire un monticule de pierres. Ensuite, ils nous ordonnaient de déplacer le monticule vers un autre endroit, et ainsi de suite. Ils nous harcelaient sans cesse, afin que nous n’ayons pas le temps de s’arrêter, de penser, de réfléchir, et peut-être même de se rebeller ! »

Le Admour termina en disant :
« Ceci est véritablement la méthode du Yétser Hara’ ! Toute la vie défile, et l’homme a toujours de quoi s’occuper, mais il ne comprend pas que le temps passe ! Lorsqu’il aura achevé une chose, une autre arrivera ! Il doit s’arrêter un instant ! Penser ! Se diriger vers des sentiers droits, dans lesquels il pourra se concentrer sur l’essentiel : le Service d’Hachem, l’étude de la Torah, la prière, la pratique du bien et l’accomplissement des Mitsvot ! »

Le Gaon et Tsaddik Rabbi Ya’akov GALINSKY z.ts.l raconta qu’un jour, le Gaon de PONYEWITZ – Rabbi Yossef CAHENMAN z.ts.l lui dit :
« Je voudrais te poser une question : Si un homme rêve qu’il pénètre dans une forêt dense, et que des lions et des léopards se jettent sur lui pour le tuer, comment peut-on l’aider ? »

Rabbi Ya’akov le regarda sans répondre. Que peut-on répondre à une telle question ??
Mais le Rav de PONIEWITZ répondit lui-même :
« En le réveillant, et le rêve disparaîtra ! »

Comme le RAMBAM nous l’enseigne : « Dormeurs ! Réveillez-vous de votre sommeil ! Vous qui somnolez ! Sortez de votre torpeur, fouillez vos actes et repentez-vous ! » 

L’homme est immergé durant toute sa vie dans des rêves, des choses vides de contenu !
Il doit se secouer, se concentrer sur l’essentiel, écouter des paroles de morale, et s’immerger de toutes ses forces dans le Service de son Créateur !

Chabbat Chalom !

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