Halacha pour lundi 2 Tammuz 5774 30 juin 2014

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

« Les enseignements des uns et les enseignements des autres sont la parole du D.ieu vivant »

Question : Quel est le sens du célèbre dicton au sujet des divergences d’opinions parmi les décisionnaires « Les enseignements des uns et les enseignements des autres sont la parole du D.ieu vivant » ? La Torah n’a-t-elle pas été donnée du Ciel ? De ce fait, ou bien Hachem a dit à Moché Rabbénou qu’il faut agir ainsi, ou bien lui a-t-il dit d’agir ainsi. Comment est-il concevable qu’il puise exister deux opinions vraies pour une seule Torah ?
 
Réponse : Il est enseigné dans la Guémara ‘Erouvinn (13b) :
Rabbi ‘Akiva dit au nom de Chémouel : Durant 3 ans, les élèves de Chammaï et les élèves de Hillel ont débattus de sujets de Halacha. Les uns disaient : « la Halacha est selon notre opinion », les autres disaient : « la Halacha est selon notre opinion ». Lorsque retentie une voix céleste qui déclara : « Les enseignements des uns et les enseignements des autres sont la parole du D.ieu vivant, et la Halacha est fixée selon les élèves de Hillel ».
 
Le RYTBA (parmi les grands décisionnaires médiévaux) écrit :
« Les Rabbanim de France ont demandés : Comment peut-il être possible que les deux opinions puissent être « la parole du D.ieu vivant », alors que les uns interdisent certains cas et les autres autorisent ces mêmes cas ? Ils répondirent à leur propre question : Lorsque Moché Rabbénou monta dans les hauteurs pour recevoir la Torah, on lui montra pour toute loi (sur laquelle allait exister une divergence d’opinion) 49 aspects (arguments) pour interdire et 49 aspects pour autoriser. Moché demanda à Hachem comment faudra t-il trancher la loi ? Hachem lui répondit que ce pouvoir sera confié aux mains des sages d’Israël de toute génération, et la décision de la Halacha dépendra de leur opinion. »
Le RYTBA termine en disant : « Cette interprétation est valable selon le Dérach (interprétation analytique), mais au niveau mystique, il existe un secret profond dans cet enseignement » (cela signifie que même si cette explication est juste, il existe malgré tout un sens profond à cet enseignement au niveau Kabbalistique).
 
De même, nous trouvons dans la Guémara Guittinn (7a), au sujet d’une divergence d’opinion Halachique entre Rabbi Yonatan et Rabbi Eviatar. Rabbi Eviatar rencontra le prophète Eliyahou z’’l et lui demanda : « Que dit Hachem (sur cette divergence d’opinion) ? » Le prophète Eliyahou z’’l lui répondit : « Ainsi dit Hachem : Mon fils Eviatar dit ainsi ; mon fils Yonatan dit ainsi. »
La Guémara explique de quelle façon Hachem approuve les deux opinions, et comment – si l’on peut s’exprimer ainsi – il se délecte lui-même des enseignements de Torah de ses enfants, les sages d’Israël.
 
Cette règle enseignée par nos maitres, selon laquelle « Les enseignements des uns et les enseignements des autres sont la parole du D.ieu vivant » ne concerne pas la décision Halachique, car en ce qui concerne la Halacha sur le plan pratique, nous devons toujours nous référer aux principes généraux avec lesquels nous tranchons la Halacha. Par exemple : Nous avons un grand principe selon lequel « on se fie à la majorité », et de ce fait, lorsqu’il y a une majorité (distincte) de décisionnaires qui penchent vers un côté, et qu’un décisionnaire penche vers l’autre côté, nous ne prenons pas particulièrement en considération les propos de ce sage qui reste une minorité flagrante. Tout est basé sur l’opinion des grands décisionnaires qui – de par leur grandeur – ont su trancher la loi selon l’authenticité de la Torah.
 
Il est évident que lorsque nous disons ce principe selon lequel « Les enseignements des uns et les enseignements des autres sont la parole du D.ieu vivant », ceci est exclusivement valable dans une divergence d’opinion entre de véritables sages de la Torah, et dans la mesure où ils ne se sont heurtés à aucune anomalie dans leurs analyses pour une quelconque raison, car sinon, il est possible qu’une erreur apparaisse dans les propos du sage, puisque l’erreur est un filet tendu aux pieds de tout mortel, et personne n’en est à l’abri.
 
De même, il est évident que ce principe selon lequel « Les enseignements des uns et les enseignements des autres sont la parole du D.ieu vivant » n’est valable que lorsqu’il s’agit de deux grands sages de la Torah. Mais un homme simplement qualifié de « Rav », qui émettrait une opinion contraire à celle des grands décisionnaires, n’est pas celui à travers lequel l’esprit d’Hachem s’exprime. D.ieu nous garde de dire une telle chose, et toute personne l’affirmant porte atteinte au véritable honneur de la Torah.
 
Un jour, notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l se rendit dans une des synagogues du quartier Har Nof (Jérusalem). A l’entrée de la synagogue, il y avait une affiche annonçant une journée « totalement consacrée à la Torah », avec la présence d’éminents Rabbanim. Sur l’un des Rabbanim, il était écrit le titre honorifique « le Grand Gaon … ». Lorsque notre maitre le Rav z.ts.l vit le nom de ce Rav précédé du titre honorifique, il dit : « Le Grand Gaon ? » Lorsqu’il sorti de la synagogue, notre maitre le Rav z.ts.l expliqua que celui qui écrit le titre honorifique « le Grand Gaon » sur n’importe quel Rav, porte atteinte à l’honneur des véritables grands de la Torah.                                              

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