Halacha pourmercredi 26 Elul 5780 septembre 15 2020

Roch Ha-Chana qui tombe Chabbat

Les jours de Roch Ha-Chana qui arrivent – avec l’aide d’Hachem – (5781) tombent cette année Chabbat et dimanche. De ce fait, quelques détails spécifiques sont relatifs à cette année.

L’office de ‘Arvit
Lorsque Roch Ha-Chana tombe Chabbat, on commence par dire « Kabbalat Chabbat », sans dire Bamé Madlikin » (Rama chap.270 ; ‘Hazon Ovadia- Yamim Noraïm page 75).

Le soir de Roch Ha-Chana qui tombe Chabbat, après la ‘Amida de ‘Arvit, l’officiant dit la bénédiction « Mé’ein Chéva’ » comme tous les vendredis soirs, mais au lieu de dire « Ha-E-L Ha-Kadoch Chéein Kamohou » il dira « Ha-Méle’h Ha-Kadoch Chéein Kamohou ». (S’il s’est trompé et qu’on l’a repris au milieu de la bénédiction, il reprendra depuis « Maguen Avot Bidvaro », mais s’il s’en rend compte après la terminaison de la bénédiction, il ne reprend pas. Ibid. page 83).

Le 2ème soir de Roch Ha-Chana (cette année samedi soir), on dit dans la ‘Amida (après « Véchim’ha Ha-Gadol Véhakadoch ‘Alénou Karata ») le passage de « Vatodi’énou », comme imprimé dans les Ma’hzorim. Si l’on a oublié de le dire, on ne reprend pas, puisque ce passage exprime la Havdala, et que l’on va la réciter dans le Kiddouch à la maison.

La sonnerie du Chofar
Il est un commandement ordonné par la Torah d’entendre la sonnerie du Chofar le jour de Roch Ha-Chana. Nos maitres enseignent que toute année où l’on ne sonne pas le Chofar à son début, on s’alarmera à sa fin.
Cela signifie que si l’on ne sonne pas le Chofar au tout début de l’année, la chose peut engendrer un danger, et une chose pas bonne pourrait se produire une telle année ‘Hass Véchalom. Selon le sens mystique de la Torah, il y a des explications très profondes au sujet du Chofar de Roch Ha-Chana.
Malgré tout cela, une année où Roch Ha-Chana tombe Chabbat, nos maitres ont redouté le risque de déplacer le Chofar d’un domaine privé à un domaine public ou inversement (ce qui constitue un interdit formel de la Torah pendant Chabbat). Or, puisque nos maitres connaissaient parfaitement l’importance de la faute d’un juif, ils ont décrété d’annuler le commandement de la Torah de sonner le Chofar, et de ne pas sonner lorsque Roch Ha-Chana tombe Chabbat (car il y a une nuance entre annuler l’accomplissement d’un commandement de la Torah, comme sonner le Chofar, et la transgression d’un véritable interdit).
Nos maitres enseignent (Maharam AlChei’h Darouch du 17 Eloul) que nos maitres du Talmud ont érigé cette institution d’annuler la sonnerie du Chofar lorsque Roch Ha-Chana tombe Chabbat, car ils savaient qu’en instituant ce décret pour le bien du peuple d’Israël, le Yom Kippour viendrait pour parachever l’expiation d’Israël, de sorte qu’il n’arrivera aucune chose mauvaise du fait de ne pas avoir sonné du Chofar. Au contraire, Hachem voit que nous accomplissons les institutions de nos maitres, et par ce mérite, nous mériterons une année bonne et bénie.

Et puisque nous ne sonnons pas du Chofar le 1er Yom Tov de Roch Ha-Chana qui tombe Chabbat, nous ne disons pas ce jour-ci dans la ‘Amida « Yom Térou’a » car ce n’est pas un jour de sonnerie, mais plutôt « Zi’hron Térou’a » (un rappel de sonnerie), car nous mentionnons fréquemment le sujet du Chofar dans les prières de Roch Ha-Chana, même si l’on ne sonne pas concrètement.
Nos maitres ont trouvé (Roch Ha-Chana 29b) des fondements à ce sujet dans les versets de la Torah, car un verset dit « Un jour de sonnerie » (« Yom Térou’a »), et un autre dit « Un rappel de sonnerie » (« Zi’hron Térou’a »), et nos maitres expliquent que l’un traite de Roch Ha-Chana lorsqu’il tombe en semaine, alors que l’autre traite de Roch Ha-Chana lorsqu’il tombe Chabbat. Ainsi, le décret de nos maitres est allusionné dans les versets de la Torah.

Les prières de Roch Ha-Chana
Nous avons déjà fait mention dans le passé qu’il existe une divergence d’opinion Halachique parmi les décisionnaires au sujet du fait d’exprimer des demandes personnelles à la fin des ‘Amidot de Roch Ha-Chana (après le dernier « Iyhou Lératson Imré Fi »), et les personnes qui se l’autorisent ont sur qui s’appuyer, car telle est l’opinion du Gaon Rabbi Israël SALENTER z.ts.l, selon laquelle, de notre époque, puisque les domaines matériels sont très importants à nos yeux, dans le sens où ils nous permettent de servir Hachem, on peut donc autoriser. (Ko’hvé Or page 262, et c’est aussi ce qui ressort partiellement des propos de MARAN dans le Beit Yossef chap.582).
Il est vrai que plusieurs Grands de la Torah ne le faisaient pas, et l’ont même déconseillé à leurs disciples, malgré tout, celui qui le fait parce qu’il y voit une grande nécessité, a sur qui s’appuyer.
Tel est également l’avis du Gaon Rabbi Chélomo Zalman OYERBACH z.ts.l (Halichot Chélomo chap.1 note 15). Nous avons également entendu de personnes fiables que c’est aussi ce qu’enseignait notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l.

Une année où Roch Ha-Chana tombe Chabbat, les décisionnaires débattent également de ce sujet, et s’il est également permis d’exprimer des demandes personnelles ce jour-là, car il est interdit de le faire un jour de Chabbat (par peur d’en arriver à pleurer). C’est pourquoi, le Gaon Rabbi Yossef Chalom ELYACHIV z.ts.l (Achré Ha-Ich vol.3 chap.15) interdit dans ce cas, mais selon l’opinion du Gaon Rabbi Chélomo Zalman OYERBACH z.ts.l on peut également autoriser dans ce cas là où Roch Ha-Chana tombe Chabbat. C’est également ce qu’on enseigne dans la plupart des Yéchivot de notre temps, pour toute personne qui en ressent la grande nécessité.

Lorsque Roch Ha-Chana tombe Chabbat, on dit « Tsidkaté’ha » après la ‘Amida de Min’ha (Choul’han ‘Arou’h chap.598 ; ‘Hazon Ovadia-Yamim Noraïm page 185).

Puisse Hachem écouter nos prières, et qu’IL exauce toutes nos demandes pour le bien et pour LE servir. Amen Ken Yéhi Ratson.

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