Halacha pour lundi 16 Tevet 5780 13 janvier 2020

Pour la guérison totale de:
Jean-Luc Chélomo Ben Zéhira (Azoulay)
Yossef Avraham ‘Haïm Ben Frédérique Léa (Arfi)
Charles Chalom ben Sultana (Nakache)
Noa’am Avraham Chimchon ben Dalia (Ouaknin)
Ariella Téhila Bat Aviva Myriam
Parmis tous les malades d’Israël  

Pour l’élévation de l’âme de:
Mordé’haï (Ma’ha) Ben Avraham (SELLAM) z’’l
Gilbert Sassi Ben Yéhouda (Hadjadj) z’’l

Quelques instants de bonne intention

Question: J’assiste à des cours de Torah de façon régulière depuis plusieurs années. Je pratique aussi la Tsédaka et de bonnes actions. Cependant, j’ai la sensation de ne pas étudier la Torah de manière désintéressée (« Torah Lichma »). De même, les Mitsvott que je pratique ne le sont pas de manière désintéressée.
Que dois-je faire?

Réponse: Lorsque quelqu’un étudie la Torah, et qu’il le fait dans l’intention de paraitre grand et sage ou autre, cette étude est qualifiée de « Chélo Lichma » (intéressée).
Cependant, nos maitres enseignent (Péssa’him 50b):
« L’homme doit toujours s’adonner à l’étude de la Torah, même de manière intéressée, car par la manière intéressée, il parviendra à la manière désintéressée. »
Le Gaon Rabbi ‘Haïm de WOLOZZIN explique cet enseignement (dans le livre Rou’ah ‘Haïm) en disant que l’homme peut prétendre qu’il ne peut pas présentement étudier la Torah de manière désintéressée, et puisque celui qui étudie la Torah de manière intéressée est châtié pour cela, il devra donc rester oisif sans étudier la Torah. Or, sur une telle conception, nos maitres enseignent (Avott chap.1):
« Celui qui n’étudie pas la Torah, se condamne à mort », cela signifie que celui qui ne s’adonne pas à l’étude de la Torah, est châtié de la façon la plus sévère.
Nos maitres viennent donc nous apprendre que nous devons étudier la Torah dans tous les cas, même si l’étude est parfois intéressée, puisqu’ils assurent qu’en définitif, cette étude deviendra désintéressée.

Le chemin pour accéder au toit
Le Gaon mentionné plus haut ajoute dans Néfech Ha-‘Haïm (Cha’ar 3 chap.3), qu’en réalité, il est quasiment impossible de commencer à étudier la Torah en le faisant de manière désintéressée dès le début, mais étant donné que tel est l’ordre des choses, - qu’il faut commencer par étudier de manière intéressée, et finir par atteindre une bonne intention en étudiant la Torah de manière désintéressée – dès ses débuts dans l’étude, l’homme est déjà aimé et désiré par Hachem. Comme il est impossible d’accéder au toit sans gravir les échelons d’une échelle, ainsi il est impossible d’accéder à une étude de la Torah de manière désintéressée, sans commencer par l’étudier de manière intéressée.
C’est pour cette raison que nos maitres enseignent:
L’homme doit « toujours » s’adonner à l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvott, même de manière intéressée, car ils veulent dire, même si c’est de manière fixe et régulière, si l’homme constate que sa Torah et ses Mitsvott ne sont pas pratiquées de manière désintéressée – car de temps en temps, germe en lui une pensée de recherche des honneurs ou autre – malgré tout, il doit « toujours » s’adonner à l’étude de la Torah et aux Mitsvott, même de manière intéressée, il se renforcera encore et encore dans l’étude de la Torah, et ainsi, il méritera de parvenir au niveau du « Lichma » (désintéressée).

Les instants consacrés au « Lichma »
Il ajoute encore qu’en réalité, il ne fait pas de doute que même lorsque quelqu’un étudie la Torah de manière intéressée, malgré tout, il est certain que durant son étude, il y aura des instants pendant lesquels il n’aura pas une intention défaillante dans l’accomplissement de la Torah et des Mitsvott, et de ce fait, durant ce cours instant pendant lequel il aura une juste intention, il sanctifie toute l’étude et toutes les Mistvott qu’il a réalisé jusqu’à présent.

Le début du jugement de l’homme
Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l (dans ‘Anaf ‘Ets Avott page 52 et dans la note) nous apprend une chose précieuse sur ce sujet, au nom du livre ‘Haïm Va-‘Hessed du Maharin BEN JAMAL (l’arrière grand-père de Rabbénou ‘Haïm ABOUL’AFIYA) qui cite les propos du RAMBAM (chap.3 des règles relatives à l’étude de la Torah):
« Le jugement d’un homme ne débute que sur l’étude de la Torah, et ensuite sur le reste. »
Le Maharin BEN JAMAL explique qu’en réalité il est permis à tout homme d’accomplir les Mitsvott et de s’adonner à l’étude de la Torah même de manière intéressée, car la gravité de l’obligation d’étudier la Torah est telle que c’est la première question que l’on pose à l’homme au Tribunal Céleste lorsqu’on le juge sur ses actes.
C’est pourquoi, afin que les Béné Israël n’aient pas la paresse d’étudier la Torah, nos maitres disent qu’immédiatement et dans n’importe quel esprit, on doit étudier la Torah, qu’on l’étudie de manière désintéressée ou intéressée.
Ceci est le sens des propos du RAMBAM qui dit : « Il doit étudier la Torah, aussi bien de manière désintéressée que de manière intéressée », et il n’a pas employé les termes exacts de la Guémara : « même » de manière intéressée, car le RAMBAM veut nous apprendre qu’en tout cas il ne faut pas s’attarder sur ce point, et s’affaiblir à cause de cela dans l’étude, au contraire, on doit s’adonner à l’étude de la Torah quoi qu’il en soit, et ainsi, on méritera de parvenir au niveau du « Lichma », en étudiant dans le seul et unique but de la glorification du Nom d’Hachem, observer et pratiquer toutes les paroles de cette Torah.

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