Il est dit dans la Méguilatt Esther :
וְהַיָּמִים הָאֵלֶּה נִזְכָּרִים וְנַעֲשִׂים בְּכָל-דּוֹר וָדוֹר, מִשְׁפָּחָה וּמִשְׁפָּחָה, מְדִינָה וּמְדִינָה, וְעִיר וָעִיר; וִימֵי הַפּוּרִים הָאֵלֶּה, לֹא יַעַבְרוּ מִתּוֹךְ הַיְּהוּדִים, וְזִכְרָם, לֹא-יָסוּף מִזַּרְעָם. (אסתר ט-כח)
Ces jours sont commémorés et appliqués de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville ; ces jours de Pourim ne disparaitront pas parmi les juifs, et leur souvenir ne s'effacera pas parmi leurs descendants. (Esther 9-28)
Rachi : Dans chaque famille. On se réuni pour manger et boire ensemble. C’est ainsi qu’ils prirent sur eux, que les jours de Pourim « ne disparaîtront pas ».
Cela signifie que les juifs de l’époque de Mordé’haï et Esther prirent sur eux que dans toutes les générations à venir, les membres de la famille devront se réunir, car lorsque les membres d’une famille se réunissent, la joie grandit, comme nous le faisons à l’occasion de fêtes ou de repas. Or, le jour de Pourim il est un devoir de se réjouir.
C’est pourquoi, l’auteur du livre Séder Ha-Yom écrit que lors du repas de Pourim, on doit tarder à table un peu plus que d’habitude, et l’on doit recevoir tous les membres du foyer, ainsi que ses amis à table, comme on le fait lorsqu’on se réunit pour des fêtes lorsqu’on reçoit de nombreuses personnes pour prendre le repas ensemble.
Et ainsi la joie se multiplie. Mais lorsqu’une personne reste seule et isolée, il est impossible de se réjouir correctement.
Les décisionnaires citent les propos du Séder Ha-Yom.
Par conséquent, chacun doit faire son possible et s’efforcer d’inviter des amis et des proches qui craignent Hachem, à venir prendre le repas avec sa famille, et ils se réjouiront ensemble en exprimant leur reconnaissance à Hachem pour Ses miracles envers nous au quotidien.
Lorsque le repas de Pourim dure jusqu’à la sortie de Pourim
Les décisionnaires débattent sur le cas où l’on prend le repas de Pourim, et que ce repas se prolonge jusqu’à la sortie de Pourim. Doit-on dans ce cas mentionner « ‘Al Ha-Nissim » dans le Birkat Ha-Mazon ou pas ?
Ce cas se pose également chaque semaine, lorsque la Sé’ouda Chélichitt du Chabbat se prolonge jusqu’à la sortie de Chabbat, doit-on dans ce cas mentionner « Rétsé Vaha’halitsénou » dans le Birkat Ha-Mazon ou pas ?
Selon le Oré’hott ‘Haïm au nom de Rébbénou Its’hak de Korbil, même si le repas de Pourim se prolonge jusque tard dans la nuit, il faut mentionner « ‘Al Ha-Nissim » dans le Birkatt Ha-Mazon.
Telle est également l’opinion du Hagahott Maïmoni (chap.2 des règles relatives à la Méguila) au nom du Maharam de Rotenbourg.
Mais selon le ROCH, dans une Responsa (règle 22 chap.6), si le jour de Pourim est déjà sorti, on ne mentionne plus « ‘Al Ha-Nissim » dans le Birkatt Ha-Mazon, car ce moment ne fait pas partie de Pourim, et il n’est plus approprié de dire les termes « … Pour les miracles et les merveilles … que tu as prodigué à nos ancêtres, en ces jours, en ce moment. »
Le TOUR (chap.695) tranche selon l’avis du ROCH, et si le repas de Pourim se prolonge jusqu’à la nuit, on ne dit plus « ‘Al Ha-Nissim » dans le Birkatt Ha-Mazon.
MARAN cite dans le Beit Yossef les propos de tous ces décisionnaires, et tranche dans le Choul’han ‘Arou’h au sujet de Chabbat que si l’on consomme la Sé’ouda Chélichitt jusqu’à la sortie de Chabbat, on mentionne malgré tout « Rétsé Véha’halitsénou » dans le Birkatt Ha-Mazon. De même, MARAN tranche au sujet de Pourim (chap.695) que si l’on a entamé le repas de Pourim lorsqu’il faisait jour, mais que le repas s’est prolongé jusqu’à la nuit, on dit « ‘Al Ha-Nissim » dans le Birkatt Ha-Mazon, car nous nous basons toujours sur le début du repas.
Telle est la Halacha, aussi bien selon l’usage des Séfaradim que celui des Achkénazim, si le repas se prolonge jusque tard dans la nuit, il faut mentionner « ‘Al Ha-Nissim » dans le Birkatt Ha-Mazon, même si ce moment n’est plus réellement le jour de Pourim, malgré tout, ce repas est relatif au moment de Pourim.
Si quelqu’un a oublié de mentionner « ‘Al Ha-Nissim » à Pourim, il ne recommence pas, ni pour le Birkatt Ha-Mazon, ni pour la ‘Amida.