Recueil de réponses données ces derniers temps
Presser un cornichon pendant Chabbat – Briser un verre lors d’un mariage – Parler pendant « Vay’houlou » le vendredi soir
Question: Est-il permis de presser un cornichon (en conserve) pendant Chabbat lorsqu’il est trop imbibé d’eau?
Réponse: Il est vrai que l’une des activités interdites pendant Chabbat est celle de presser, malgré tout, lorsqu’on presse des légumes en conserve imbibés d’eau, et qu’on ne le fait pas dans le but de boire cette eau mais uniquement afin de manger les légumes, comme pour un cornichon dont on presse l’eau contenue en lui afin qu’il soit plus agréable de le consommer, ceci n’entre absolument pas dans la catégorie de l’activité interdite de presser pendant Chabbat, et la chose est totalement permise. C’est ainsi que tranche MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h chap.320-7. Mais si on le fait dans le but d’utiliser l’eau qui sort du légume parce qu’on veut la boire par exemple, c’est interdit. (voir Hazon Ovadia-Chabbat vol.4 page 147).
Question: Lors de la ‘Houpa (cérémonie religieuse du mariage), doit-on briser exclusivement un verre en verre, ou bien est-il possible de briser un verre en terre qui comporte moins de risques?
Réponse: Dans le Beit Yossef (chap.560), MARAN cite au nom du Kol Bo que l’on a l’usage de briser un verre après la récitation des 7 bénédictions sous la ‘Houpa, en souvenir de la destruction du Temple, « et c’est pourquoi l’usage s’est répandu de briser un verre en verre après les 7 bénédictions. »
Apparemment, il n’y a pas d’exigence d’un verre en verre exclusivement.
En réalité, le RAMA écrit même dans Darké Moché (O.H chap.560) qu’ils avaient l’usage de prendre un verre en terre.
Cependant, le MAHARYT – qui fait partie des grands décisionnaires des derniers siècles – écrit dans son livre Tsafenatt Pa’nea’h que l’on prenait exclusivement un verre en verre, car ainsi on exprime l’espoir qu’à l’instar du verre qui se reconstitue (en le faisant fondre de nouveau, on peut en fabriquer un nouvel objet), ainsi Hachem est amené à nous combler par le retour du Temple.
C’est pourquoi dans la pratique, il n’y a pas de réelle obligation de prendre un verre en verre exclusivement, mais il est beaucoup plus juste de prendre un verre en verre, puisqu’il y a une raison à cela, et de plus, tel a toujours été l’usage en tout endroit. C’est ainsi qu’écrit notre maitre le Rav z.ts.l dans son livre Taba’att Ha-Mele’h (page 282 et suivantes). Il faut seulement veiller à l’envelopper correctement afin que le marié ne se blesse pas, et il faut aussi veiller à le briser avec le talon de la chaussure.
Question: Quelqu’un m’a fait la remarque lorsque j’ai bavardé lors du passage de « Vay’houlou » vendredi soir, et il m’a dit qu’il y a un grand châtiment sur cela.
Est-ce exact?
Réponse: MARAN écrit dans le Choul’han Arou’h (chap.268):
On ne doit pas bavarder lors du passage de « Vay’houlou » (vendredi soir), ni lors de Birkatt Me’ein Chéva’ (la bénédiction condensée que récite l’officiant lors de l’office de ‘Arvit le vendredi soir après la ‘Amida, après « Vay’houlou »).
Le Séfer Ha-‘Hassidim écrit : Un ‘Hassid vit en rêve un autre ‘Hassid décédé qui avait le visage verdâtre. Il lui demanda : « Pourquoi ton visage est-il verdâtre ? » Il lui répondit : « Parce que de mon vivant je bavardais pendant « Vay’houlou », pendant Birkatt Me’ein Chéva’ et pendant le Kaddich. »
Le Gaon Kaf Ha-‘Haïm rapporte qu’une âme raconta à Rabbénou Ye’hyel (le beau-père de l’auteur du Séfer Mitsvot Katan) que des anges la jetaient vers le haut et la laissaient retomber d’elle-même en guise de châtiment pour avoir bavardé lorsque l’officiant disait Birkatt Me’ein Chéva’, et même si cette personne ne bavardait qu’après avoir elle-même terminé de dire « Vay’houlou », elle en fut malgré tout châtiée.