Halacha pour jeudi 27 Adar 5784 7 mars 2024

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

« Pour la seule gloire d’Hachem » (Léchem Chamaïm)

Question : J’ai entendu dire que si je donne de la Tsédaka en pensant aussi à acquérir un bon renom, il y a là un interdit. Est-ce exact ?  

Réponse : Il est rapporté dans la Guémara Kétoubot (66b) que l’un des riches de Jérusalem s’appelait Nakdimon Ben Gourion. Il décéda à l’époque de la destruction du 2ème Temple. Sa fille était bien entendu elle aussi très riche car elle possédait beaucoup d’argent qu’elle reçu de son père.

Un jour, Rabban Yo’hanan Ben Zakaï était sur un âne et sortait de Jérusalem, accompagné de ses disciples. Soudain, il vit une femme qui ramassait des grains d’orge parmi les excréments des animaux appartenant à des arabes (la Guémara rapporte également qu’elle faisait de même parmi les chevaux de ‘Ako), du fait de sa grande pauvreté, au point qu’elle n’avait pas d’autre choix pour trouver de quoi manger.
Lorsque cette femme vit Rabban Yo’hanan Ben Zakaï, elle se leva devant lui et dit :
« Rabbi ! Nourris-moi ! »
Rabban Yo’hanan Ben Zakaï lui dit :
« De qui es-tu la fille ? »
Elle lui répondit :
« Je suis la fille de Nakdimon Ben Gourion. »
Rabban Yo’hanann Ben Zakaï lui dit :
« Ma fille ! Où est donc tout l’argent que tu possédais de ton père ? »
Elle lui répondit :
« Ne dit-on pas ainsi à Jérusalem : le sel, l’argent, la bonté ?! »
(Cela signifie que si l’on désire que son argent se conserve - comme des poissons ou des légumes que l’on conserve dans le sel - on doit pratiquer la Tsédaka et la bonté avec cet argent. Ce n’est qu’ainsi qu’il se conservera.)

La Guémara objecte :
Nakdimon Ben Gourionn n’a-t-il pas fait de Tsédaka ?? On dit pourtant à son sujet que lorsqu’il sortait de chez lui pour se rendre à la Maison d’Etude, on déroulait des tissus précieux sous ses pieds (comme nous faisons de nos jours en déroulant le tapis rouge pour des personnalités), et les nécessiteux venaient et les pliaient pour eux-mêmes. Cela signifie donc que Nakdimon Ben Gourion était un grand pratiquant de la Tsédaka ! Pourquoi a-t-il perdu son argent ?? 
La Guémara répond que selon certains, il pratiquait la Tsédaka pour son propre honneur, et de ce fait cela n’est pas considéré comme de la Tsédaka.

Nous apprenons apparemment d’ici que si l’on pratique une Mitsva et qu’on le fait dans l’intention d’en acquérir des honneurs ou autre, on perd le mérite de la Mitsva (voir aussi le Maharcha ibid.).
De même, nous apprenons dans la Guémara Béra’hot (17a) que si quelqu’un s’adonne à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot de manière intéressée (pas pour la gloire d’Hachem), il lui aurait mieux fallut ne pas venir au monde.

Pourtant, il est enseigné dans la Guémara Nazir (23b) :
Rav Yéhouda dit au nom de Rav : On doit toujours s’adonner à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot, même de manière intéressée, car de la manière intéressée, on en arrivera à l’étudier et à la pratiquer de manière désintéressée.
Il apparait donc qu’il est préférable de pratiquer les Mitsvot, même de manière intéressée, ce qui est en parfaite contradiction avec ce que l’on a appris de Nakdimon Ben Gourion et de la Guémara Béra’hot précédemment citée.

Les Tossafot dans la Guémara Péssa’him (50b) et dans la Guémara Nazir (23b) posent justement cette question.
Et ils répondent que lorsque quelqu’un étudie la Torah, sans la moindre intention d’accomplir les Mitsvot de la Torah, mais uniquement pour grandir son nom et pour être considéré comme un grand dans la Torah, dans un tel cas il lui aurait été préférable de ne pas venir au monde. De même, s’il étudie la Torah uniquement dans le but de dénigrer les autres, il est préférable qu’il n’étudie pas la Torah, car Hachem ne désire pas d’une telle étude de la Torah, ni d’une telle pratique des Mitsvot.
Mais si son intention est aussi d’accomplir les Mitsvot – c'est-à-dire aussi bien Léchem Chamaïm pour la gloire d’Hachem, aussi bien pour acquérir un bon renom – dans un tel cas il est préférable qu’il étudie la Torah même avec de telles intentions, et progressivement, il s’élèvera et méritera d’étudier la Torah et d’accomplir les Mitsvot de manière correcte.

Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l émet une décision Halachique dans ce sens dans son livre Chou’t Yabiya’ Omer vol.6 (sect. E.H chap.14).

Ce sujet comporte d’autres références Talmudiques, mais nous ne pourrons pas nous y étendre davantage.

En conclusion : Si quelqu’un étudie la Torah et accomplit les Mitsvot, avec l’intention de réaliser la volonté d’Hachem, mais aussi avec l’intention personnelle d’acquérir un renom et des honneurs, il doit poursuivre sa bonne conduite.
Mais si sa seule intention est d’accomplir les Mitsvot pour dénigrer les autres, ou bien s’il étudie la Torah dans le seul but d’être considéré comme un grand dans la Torah sans intention d’accomplir ses commandements, il lui aurait été préférable de ne pas venir au monde, car Hachem ne désire pas d’une telle Torah, ni de telles Mitsvot.

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