Halacha pour dimanche 7 Shevat 5786 25 janvier 2026

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Le « jeûne de la parole »

Question : Y a-t-il une source à l’usage de certaines personnes d’observer le « jeûne de la parole » ?

Réponse : Le jeûne de la parole – que de nombreuses personnes ont l’usage d’observer, en particulier durant les précédentes générations – signifie s’abstenir totalement de toutes paroles qui ne sont pas de véritables paroles de Torah, et durant une journée entière, on s’abstient de prononcer la moindre parole qui n’est pas de Torah. Même une parole qui exprime un véritable besoin, et qui n’est liée à aucun interdit – comme par exemple demander à se que l’on nous passe le pain à table ou autre – les gens s’en abstenaient totalement. Tous les propos ce jour-là étaient exclusivement des paroles de Torah et de Crainte du Ciel.

En réalité, nous ne trouvons pas de source explicite au « jeûne de la parole » dans les enseignements de nos maîres du Talmud et les décisionnaires médiévaux.
Même si nos maîtres sont très sévères à l’égard de celui qui s’interrompt au milieu de l’étude de la Torah pour des paroles futiles, malgré tout, au sujet du jeûne de la parole, c'est-à-dire de ne pas prononcer la moindre parole profane durant toute la journée, un tel usage ne figure pas de manière explicite dans les enseignements de nos maîtres.

Cependant, les grands Kabbalistes de ces derniers siècles – et parmi eux le Rav auteur du livre ‘Hémdatt Yamim – ont considérablement vanté l’importance de celui qui observe le jeûne de la parole durant toute une journée. Ils écrivent que l’importance d’un jeûne de la parole est – d’un certain point de vue – plus grande qu’un jeûne alimentaire.
Par conséquent, durant cette période des Chovavim
(la période qui couvre les Parachiyott de Chémot, Vaéra, Bo, Béchala’h, Iytro et Michpatim est appelée « Chovavim » en raison des initiales hébreux de ces Parachiyott, et il s’agit d’une période propice à la réparation des fautes liées à la sainteté), ils instaurèrent un programme de textes spécifiques et une étude, avec le jeûne de la parole.

Notre maitre le Gaon de Vilna z.ts.l écrit lui aussi dans sa lettre éditée dans le livre ‘Alim Litroufa, que l’homme doit s’infliger des souffrances jusqu’au jour de sa mort, mais pas au moyen de jeûnes et de mortifications, seulement par le frein de sa parole et de ses penchants. Ceci est le véritable repentir et le fruit du monde futur. Cela représente beaucoup plus que tous les jeûnes et les mortifications du monde.
Pour chaque instant où l’homme aura muselé sa bouche dans ce monde-ci, il méritera - pour chacun de ces instants de silence – la lumière originelle qu’aucun ange ni aucune créature ne peuvent estimer. Grâce à une telle attitude, toute faute lui sera pardonnée.
Le Gaon auteur du Michna Béroura (chap.571) écrit lui aussi que lorsqu’une personne désire s’imposer un jeûne volontaire, il est préférable qu’elle s’impose un jeûne de la parole, plutôt qu’un jeûne alimentaire.

En l’année 5688 (1928), vivait à Jérusalem le Gaon, Kabbaliste et ‘Hassid Rabbi Its’hak ALPIE z.ts.l – au sujet duquel nous avons entendu des prodiges de la bouche de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l qui disait de lui qu’il était un ‘Hassid et un saint homme – qui édita un fascicule du nom de « Kountress Ha-Yé’hiéli » (dont plusieurs exemplaires ont été reliés par le Kabbaliste Rabbi Its’hak KADOURI z.ts.l lui-même), et dans cet ouvrage, il s’étend considérablement en citant des sources des décisionnaires des générations récentes afin de démontrer l’importance du jeûne de la parole. Il fonda une association nouvelle du nom de « Or ‘Hadach Vé-Tséma’h Tsaddik », dont le but principal était de multiplier la Torah, la prière et la pureté au moyen du jeûne de la parole. A chaque Roch ‘Hodech Chévatt, les membres de cette association  se réunissaient et fixaient des heures de Torah et de prière en observant le jeûne de la parole. Ce Gaon z.ts.l écrit que l’importance du jeûne de la parole équivaut à une somme phénoménale de jeûnes (alimentaires) qu’une personne pourrait s’imposer pour l’expiation de ses fautes.

Notre maître le Rav z.ts.l disait lui aussi qu’il y a une grande importance au jeûne de la parole, en particulier pour les étudiants de la Torah.
Lorsqu’il tomba malade il y a environ 20 ans, ses petits-enfants vinrent lui rendre visite, et il leur dit qu’il était préférable pour lui qu’ils étudient la Torah en observant le jeûne de la parole, et grâce à cela, il méritera la guérison totale, avec l’aide d’Hachem.

De même, au sein du Beit Ha-Midrach du Gaon et ‘Hassid Rabbi Ménaché CHOUA’ Chlita (dans l’enceinte du Kollel Yé’havé Daatt à Jérusalem), on a l’usage pendant la période des Chovavim d’organiser un Tikoun (lecture de textes spécifiques), en s’efforçant de le faire avec le jeûne de la parole. Toute l’assemblée se renforce dans la prière durant toute la journée, dans la sainteté et la pureté, et dans l’élévation spirituelle. De même, nous avons vu des femmes pieuses et vertueuses - en particulier lors de leur vieillesse, lorsqu’elles n’ont plus autant besoin de communiquer avec leurs enfants – observer le jeûne de la parole au moins durant quelques heures, en lisant les Téhilim avec ferveur. Heureux l’œil qui a vu tout cela.

Cependant, il faut malgré tout préciser que notre maître le Rav z.ts.l n’approuvait pas totalement le fait que les étudiants de la Torah s’adonnent à la lecture des Téhilim durant toute une journée de jeûne de la parole, car selon son opinion, il n’existe pas de plus grand moyen que celui de l’étude du Talmud et des décisionnaires de la Halacha de manière approfondie. Même si parfois il est nécessaire de lire les Téhilim, il ne faut pas pour autant l’instaurer de manière générale aux étudiants des Yéchivott.
Il est vrai qu’à la Yéchiva de Poratt Yossef on avait l’usage d’organiser un jeûne de la parole avec lecture des Téhilim le jour du 15 Chévatt (Tou Bichvatt) - et cela fut instauré avec l’accord du Roch Yéchiva notre maître le Gaon Rabbi Yéhouda TSADKA z.ts.l – malgré tout, lorsqu’on voulu en faire de même au Kollel « ‘Hazon Ovadia » de notre maître le Rav z.ts.l, notre maître le Rav z.ts.l n’accepta pas, et ordonna que l’on poursuive l’étude habituelle, en préconisant plutôt d’étudier en observant le jeûne de la parole.
Quoi qu’il en soit, l’essentiel est d’étudier la Torah et de ne pas s’interrompre par des paroles futiles au milieu de l’étude. (C’est ainsi que notre maître le Rav z.ts.l agissait durant toute sa vie). Que le sage entende et en tire la morale.

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