Halacha pour mercredi 23 Nissan 5784 1 mai 2024

La Halacha est dédiée
Pour la guérison totale de Gabriel Ben Sultana (Teboul), Max Mordé'haï Ben Oraïda (Mimouni) parmi tous les malades d'Israël

La période du ‘Omer

Les jours de la période du ‘Omer sont des jours d’une très grande sainteté, comme l’écrit le RAMBAN dans son commentaire sur la Paracha de Emor, car ces jours du compte du ‘Omer – depuis la fête de Péssa’h jusqu’à la fête de Chavou’ot – ont une sainteté égale à celle des jours de ‘Hol Ha-Mo’ed (jours de demi-fête), et à l’origine ils ne sont pas des jours de deuil et de malheurs comme les jours de Ben Ha-Métsarim (les 3 semaines entre le 17 Tamouz et le 9 Av). Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l rappelait toujours ces propos du RAMBAN pendant la période du ‘Omer, afin que le grand public ne fasse pas l’erreur de croire qu’il s’agit d’une période de malheur.

Cependant, de part nos nombreuses fautes, cette période fut marquée par un événement tragique pour le peuple d’Israël, comme expliqué dans la Guémara Yébamot (62b) :
« Rabbi ‘Akiva avait 12 000 paires de disciples qui ont tous disparus entre Péssa’h et ‘Atséret (Chavou’ot), parce qu’ils ne se montraient pas de respect mutuellement. Ils sont tous mort de Askéra (une maladie qui provoque l’étouffement) ».
Rabbi ‘Akiva avait une Yéchiva immense qui constituait une véritable source de Torah pour tout le peuple d’Israël, et si ces fameux disciples avaient survécu, la Torah en aurait été que plus riche jusqu’à nos jours, et il est certain que par leur force et de façon conséquente à leur force, une gigantesque bénédiction se serait prolongée à l’ensemble du peuple d’Israël à travers les générations.
Or, le décret céleste fut prononcé et ils moururent tous pendant cette période.

Il est mentionné dans les Responsa des Guéonim (les sages d’Israël de la période post-talmudique) qu’en raison de cet évènement tragique, tout Israël a pris l’usage de ne pas célébrer de mariages durant cette période, à titre de deuil.
De même, il est expliqué dans les livres des décisionnaires que l’on ne doit pas revêtir un vêtement neuf, ni se couper les cheveux, ni même écouter de la musique pendant cette période.

Malgré tout, nous n’observons pas les usages de deuil durant la totalité de cette période mais seulement jusqu’au 34ème ou 33ème jour du ‘Omer, comme l’écrit l’auteur du Séfer Ha-Manhig, ainsi que d’autres décisionnaires médiévaux, que c’est au 33ème jour du ‘Omer que les élèves de Rabbi ‘Akiva cessèrent de mourir. C’est également ainsi que tranche le RAMA (chap.493) qu’au 33ème jour du ‘Omer il est permis de célébrer un mariage.

Mais selon l’usage des Séfaradim, on observe les usages de deuil jusqu’au 34ème jour du ‘Omer, et durant ces jours il est interdit de célébrer un mariage.
Cette différence prend sa source dans le Séfer Ha-Manhig lui-même, qui cite les propos de Rabbénou Zéra’hya Ha-Lévy qui a trouvé dans un ancien livre provenant d’Espagne où il était stipulé que tous les élèves de Rabbi ‘Akiva sont morts entre Péssa’h et « Péross ‘Atséret ».
Le terme « Péross » signifie « moitié ». Cela signifie qu’il faut prendre les jours proches de Chavou’ot (c'est-à-dire les 30 jours qui précèdent Chavou’ott, puisque nous considérons toujours les 30 jours avant une fête comme étant « proches » de la fête, comme l’enseignent nos maitres au sujet de Péssa’h : « On commence à questionner au sujet des règles de Péssa’h 30 jours avant »), et c’est à la moitié de ces jours – 15 jours avant Chavou’ot – que les élèves de Rabbi ‘Akiva ont cessés de mourir.

C’est ainsi qu’expliquent d’autres de nos décisionnaires médiévaux, en disant que si l’on retire 15 jours des 49 jours qui séparent Péssa’h de Chavou’ot, il restera 34 jours.
Quoi qu’il en soit, au 34ème jour du ‘Omer lui-même, dès le matin il sera permis de célébrer un mariage, car dans les règles du deuil nous considérons une partie de la journée comme la journée entière, et puisque s’est écoulée une petite partie de la journée du 34ème jour du ‘Omer, il n’est plus nécessaire d’observer le deuil.

Il est permis d’organiser un repas de fiançailles (les « Tnaïm », l’officialisation d’un Chidou’h) pendant la période du ‘Omer, et si le Chidou’h a été véritablement conclu à ce moment, certains autorisent même d’accompagner ce repas d’instruments de musique.

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