Halacha pour lundi 4 Tammuz 5781 14 juin 2021

Pour l'élévation des âmes de:
Jacqueline Fortunée Bat Nina (Pitoun, de Netanya, et anciennement de Sarcelles)

Pour la guérison totale et rapide de:
L’enfant Ma’yan ‘Hava Bat ‘Aicha

La Tsédaka envers des personnes incorrectes

Dans les précédentes Halachot, nous avons expliqué les principes de la Mitsva de Tsédaka.

Une personne qui transgresse une des Mitsvot de la Torah et ne fait pas Téchouva, par exemple un homme qui a conscience de l’interdiction de se raser à la lame, et qui – malgré tout – se rase la barbe à la lame. Ou bien une personne qui transgresse le Chabbat tout en ayant conscience de l’interdiction de transgresser le Chabbat, il n’y a pas de Mitsva de donner de la Tsédaka à une telle personne.
Par contre, une personne qui transgresse des fautes sur lesquelles de nombreuses personnes trébuchent parce qu’ils n’ont pas pleinement conscience de leur gravité, il est encore une Mitsva de donner de la Tsédaka à une telle personne si elle en a besoin. Par exemple, une personne qui trébuche parfois sur la faute du Lachon Hara’ (médisance) – faute qui est malheureusement souvent piétinée par de nombreuses personnes, même pratiquantes – il y a malgré tout une Mitsva de donner de la Tsédaka à une telle personne.

Il est dit dans le livre du prophète Irméiya (Jérémie) (chap.18) au sujet des habitants de ‘Anatott - qui étaient des Récha’im (impies) et qui persécutaient Irméiya - : « Toi Hachem, tu connais leur complot… qu’ils échouent dans leur entreprise, lors de ta colère, agis envers eux. »
Nos maîtres expliquent ce verset dans la Guemara Bava Kama (16b):
Quel est le sens des mots du verset: « … qu’ils échouent dans leur entreprise, lors de ta colère, agis envers eux. »?, Même lorsqu’ils désireront donner de la Tsédaka, Hachem les fait échouer et fait parvenir leur argent dans les mains de personnes peu recommandables, afin qu’ils n’aient pas le mérite de la Mitsva de Tsédaka.

Explication: Lorsqu’un homme donne de la Tsédaka à une personne peu recommandable, par exemple lorsque le donneur est lui-même un Racha’, ou bien une personne qui n’est pas honnête, la Mitsva de Tsédaka ne s’est par réalisée chez cet homme là, car l’homme nécessite un Zéh’out (un mérite) particulier pour pratiquer la Tsédaka qui représente une très grande Mitsva.
C’est pourquoi, Irméyahou pria pour que ces Récha’im - même si ces gens en arrivent à donner la Tsédaka – que le mérite de la Mitsva ne leur soit jamais compté, puisqu’ils échoueront en donnant leur Tsédaka à des gens peu recommandables.

Nous déplorons que de notre époque également, une grande partie des dons à la Tsédaka faits par nos frères juifs est destinée à des objectifs injustes. Il existe de nombreuses personnes peu recommandables qui réclament de la Tsédaka alors qu’ils n’en ont aucun besoin. De même, il existe des personnes qui récoltent de l’argent pour la Tsédaka, et prennent pour eux-mêmes jusqu’à 49% de ce qu’ils ont récolté. Ensuite, ils payent les frais d’hébergement et de transports ou autre, au point où il ne reste presque rien pour la Tsédaka pour laquelle des gens ont investi des efforts et ont donné généreusement.
Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l nous a dit un jour que ces récolteurs de fonds pour la Tsédaka qui agissent ainsi sont tous des voleurs (ce sont ses termes…). Il ajouta « qu’il sait que nombreux agissent ainsi, et même s’ils sont nombreux, même les voleurs sont nombreux … »

Jusqu’à il y a environ 200 ans, la ville de Jérusalem ne possédait pas de communauté Achkénaze organisée en tant que telle. Seuls les Séfaradim étaient véritablement installés à Jérusalem et y étudiaient la Torah. A cette époque, toute la subsistance des habitants de Jérusalem provenait de la Tsédaka au travers des « coopératives » qui récoltaient de l’argent dans les communautés juives de la diaspora, et payaient les salaires des habitants de Jérusalem et de ‘Hévron qui étudiaient la Torah.

Initialement, vivaient à Jérusalem des Achkénazim et des Séfaradim. Les Achkénazim vivaient de l’argent de Tsédaka récolté dans les communautés Achkénazes de l’étranger, et les Séfaradim vivaient de l’argent de la Tsédaka récolté dans les communautés Séfarades.

Le Gaon Ya’abets z.ts.l écrit qu’au début, la présence Achkénaze à Jérusalem vivait de façon optimale, car les juifs Achkénazim de la diaspora étaient très généreux, et ils confiaient de grosses sommes d’argent à des administrateurs pour les juifs de Jérusalem. Mais ces délégués prenaient tant de « frais » pour eux-mêmes, et ils confiaient ensuite eux même ces sommes d’argents à un autre délégué pour qu’il les achemine jusqu’en Israël, et lui aussi prenait des « frais ». Ensuite, ces sommes d’argent arrivaient aux mains d’un administrateur qui prenait lui aussi des « frais », au point où les juifs Achkénazim en arrivaient à souffrir de famine, ce qui provoqua leur fuite de Jérusalem et ils retournèrent en diaspora. La ville de Jérusalem devint orpheline des ses enfants Achkénazim.

Nous apprenons de là à quel point les actes de ces délégués étaient mauvais, et même s’ils étaient considérés comme des gens justes et intègres puisqu’ils récoltaient de l’argent pour les nécessiteux, en réalité ils étaient les plus grands voleurs. Tout ceci, à cause de leur comportement détestable, qui – malheureusement – se développe encore de nos jours.

Une terrible histoire nous a été racontée par un des grands Kabbalistes de notre génération, histoire qu’il a entendue lui-même de la bouche d’un Talmid ‘Ha’ham (un érudit dans la Torah), qui l’a entendue lui-même de la bouche du Tsaddik Rabbi Arié LEVINN z.ts.l.
Voici l’histoire:
Ce Talmid ‘Ha’ham discutait un jour avec le Tsaddik Rabbi Arié LEVINN z.ts.l sur l’importance et l’utilité pour un défunt lorsqu’on dit son éloge funèbre lors de son décès.
Le Rav Arié LEVINN lui dit qu’il avait ordonné à ses enfants de ne pas dire son éloge funèbre après son décès. Le Talmid ‘Ha’ham demanda au Rav:
« Pourquoi le Rav ne désire-t-il pas que l’on dise son éloge funèbre ?! Les Kabbalistes disent que la chose est d’une grande utilité pour le défunt. »
Rabbi Arié lui répondit:
« Je vais te raconter ce qui m’est arrivé lors de la première guerre mondiale.
A Jérusalem, régnait en ces temps là une terrible pauvreté, et de nombreux habitants de Jérusalem mourraient de faim, au sens propre du terme. J’avais un parent qui vivait aux Etats-Unis, et de ce fait, je lui envoya une lettre en lui demandant de m’aider avec un peu d’argent, car les membres de mon foyer souffraient véritablement de la faim. Je n’avais pas la moindre chose à leur mettre dans la bouche. Trois mois passèrent depuis l’envoi de mon courrier, et aucune réponse ne parvenait de mon parent. En réalité, j’étais intérieurement très en colère contre lui. Comment pouvait-il se comporter avec une telle cruauté envers moi ?! Ne lui avais-je pas écrit que nous étions littéralement affamés ?! Alors que lui s’empiffrait de plats de viandes appétissants et se dérobait de ma détresse!
Au bout de quelques temps, une lettre de mon parent arriva, et j’étais sûr qu’elle contenait un peu d’argent pour nous. Mais hélas, non seulement elle ne contenait pas le moindre argent, mais qui plus est, la lettre était remplie de critique à mon égard, en disant comment pouvais-je manquer d’autant de savoir vivre, car il (mon parent) prétendait dans sa lettre m’avoir déjà envoyé de l’argent à plusieurs reprises, et que je ne lui avais pas adressé le moindre mot de remerciement, ni de confirmation de réception de l’argent.
Je compris immédiatement qu’il y avait quelque chose d’anormal. Je me rendis au bureau de poste, pour demander si une lettre était arrivée pour moi ces derniers temps. L’employé me répondit que plusieurs lettre étaient arrivées pour moi des Etats-Unis, mais que le règlement exigeait que toute lettre contenant de l’argent et provenant de l’étranger, devait être transmise par les services de la poste à l’administrateur de la Tsédaka de la ville, qui distribuera l’argent de façon juste.
Je me rendis immédiatement auprès de l’administrateur de la Tsédaka en lui demandant:
« Est-ce que les lettres qui m’étaient destinées sont arrivées chez toi? »
Il me répondit:
« Bien-sûr, plusieurs lettres sont arrivées pour le Rav Arié LEVINN, mais je ne peux pas te les confier tant que je n’ai pas vérifié correctement s’il n’y a pas à Jérusalem un autre Arié LEVINN, car la lettre est peut-être destinée à lui et non à toi. »
Je lui dis:
« Je sais qu’il n’y a pas d’autres Aryé LEVINN à Jérusalem, et même s’il y en a un autre, confie moi s’il te plait l’argent et je te signerais une reconnaissance de dette pour la totalité de l’argent que  tu me donneras, car j’ai besoin de cet argent en urgence puisque je n’ai plus de quoi nourrir ma famille! »
Mais l’administrateur resta sur sa position:
« Le règlement est le règlement! Il n’y a pas de place pour du favoritisme ou de l’exception dans les usages, attends patiemment jusqu’à ce que tu reçoives ce qui est à toi! »

Les heures et les jours passèrent jusqu’à ce que mon jeune fils commença à souffrir terriblement de la famine à la maison, son ventre se mit à enfler et il décéda dans d’abominables souffrances.

Quelques temps plus tard, lorsque la guerre se termina, j’entendis que cet administrateur était décédé, et je pris la décision de me rendre à l’enterrement. En arrivant à l’enterrement, j’entendis de quelle façon on disait son éloge funèbre, en disant qu’il s’était dévoué pour le peuple d’Israël, et qu’il s’était occupé de Tsédaka et de pratique du bien durant toute sa vie avec abnégation. A cet instant, je me suis promis de ne pas laisser mes enfants dire mon oraison funèbre. » Fin de l’histoire.

Par conséquent, chacun doit être vigilant en ces temps-ci, et confier l’argent de la Tsédaka uniquement à des nécessiteux honnêtes, ainsi qu’à des administrateurs justes et intègres. Nous nous réjouissons de voir aujourd’hui en tout endroit des Talmidé ‘Ha’hamim (érudits dans la Torah) intègres et dignes de confiance, auprès desquels il est possible de transmettre de l’argent pour la Tsédaka, qu’ils redistribueront à de véritables nécessiteux. Toute personne réticente à donner à la Tsédaka, est considérée comme idolâtre, comme l’enseignent nos maitres dans la Guémara Bava Batra (ibid.). Il faut au contraire confier l’argent du Ma’asser et de la Tsédaka à des organismes dignes de confiances et intègres, ainsi qu’à des institutions de Torah connues, où le besoin de cet argent est évident, et où il ne sera pas détourné par des hommes d’affaires, convoiteurs d’argent et escrocs.

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