Dans les précédentes Halachot, nous avons expliqué que l’heure limite pour la ‘Amida de Cha’haritt (matin) s’achève à la fin de la « 4ème heure » du jour, depuis le lever du soleil, en heures saisonnières.
Actuellement en Israël, la fin des « 4 premières heures » pour prier la ‘Amida de Cha’haritt se situe à environ 10h25, après avoir pris la précaution de lire le Chéma’ avant son horaire limite.
[En France, la fin des « 4 premières heures » pour prier la ‘Amida de Cha’haritt se situe actuellement à environ 11h20, après avoir pris la précaution de lire le Chéma’ avant son horaire limite]
Si l’on n’a pas encore prié la ‘Amida de Cha’harit et que la « 4ème heure » s’est écoulée, on doit encore prier la ‘Amida jusqu’à l’heure de « ‘Hatsott » (moitié de la journée).
Actuellement, en Israël, l’heure de « ‘Hatsott » se situe à environ 12h45 (et en France, à environ 13h45).
Tous les décisionnaires tranchent que personne – ni un homme, ni une femme – ne peut prier la ‘Amida de Cha’haritt au-delà de l’heure de « ‘Hatsott », comme nous l’avons appris.
Il existe - de notre époque comme dans les époques antérieures - des gens qui n’ont pas de Crainte du Ciel dans le cœur et prient la ‘Amida de Cha’haritt après l’heure de « ‘Hatsott ».
Il est certain que ces gens n’agissent pas conformément à la Halacha.
Cependant, il a aussi existé et il existe encore plusieurs saints Rabbanim (Admorim de mouvements ‘Hassidics divers) qui ont l’usage de prier volontairement et sciemment (Lé’haté’hila) la ‘Amida de Cha’haritt après son heure limite, ou même après « ‘Hatsott », et de façon générale pour tout ce qui touche les heures limites des Mitsvot, ils agissent à leur guise en expliquant leur comportement avec différentes raisons selon la Kabbala et le sens premier (Péchatt).
Plusieurs grands décisionnaires des dernières générations se sont penchés sur la question.
Parmi eux, le Gaon auteur du Chou’t Erets Tsévi (Frumer) qui explique l’attitude de ces Tsaddikim qui priaient la ‘Amida de Cha’haritt après l’heure de « ‘Hatsott », en disant qu’avant la faute originelle de Adam Ha-Richon qui a consommé du fruit de l’arbre du Discernement, tous les moments de la journée étaient propices à la prière, et ce n’est qu’après la faute de Adam Ha-Richon que « les moments se sont détériorés ». Avraham Avinou instaura la ‘Amida de Cha’haritt, Its’hak Avinou celle de Min’ha, et Ya’akov Avinou celle de ‘Arvit.
Mais les Tsaddikim - qui se perfectionnent constamment dans leurs actes – sont comparables à Adam Ha-Richon avant la faute, et de ce fait, toute la journée est - à leurs yeux - propice à la prière.
Mais dans le 1er volume du livre Yalkout Yossef (paru il y a environ 45 ans), notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l réfute ses propos, et il écrit que « la justification (d’une transgression) est pire que la transgression elle-même », et à D.ieu ne plaise de se fier à des explications aussi faibles pour s’autoriser à bafouer des lois de la Torah, des fondements de la Torah. Il est certain qu’il n’existe pas – ni de notre époque, ni dans les générations passées – quelqu’un qui puisse prétendre que son niveau spirituel est plus grand que celui de MARAN l’auteur du Beit Yossef et des décisionnaires qui ont unanimement interdit de prier la ‘Amida de Cha’haritt après « ‘Hatsott ». Par conséquent, les personnes qui ont l’usage de prier ainsi, n’agissent pas conformément au Din, et leurs bénédictions sont dites en vain (Béra’ha Lévatala). Même s’il y a quelques Tsaddikim parmi eux, ils font une erreur.
Telle est l’opinion de tous les grands décisionnaires.
Mais nous devons encore débattre au sujet d’un homme ou d’une femme qui auraient laissé passer l’heure limite de la ‘Amida de Cha’haritt et qui désireraient prier la ‘Amida de Cha’haritt quelques minutes avant « ‘Hatsott ».
Sont-ils autorisés à entamer la ‘Amida sachant pertinemment que la ‘Amida sera achevée après l’heure de « ‘Hatsott » ?
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l traite de cette question dans son livre Chou’t Yabiya’ Omer volume 7 (chap.34), et il cite les propos du Gaon Rabbi Avraham BEN ‘EZRA dans son livre Baté Kénnessayott, où il écrit qu’il y a lieu de s’interroger au sujet d’une personne qui n’a pas encore prié et qui se trouve proche de l’heure de « ‘Hatsott », de sorte que si elle entame la ‘Amida de Cha’haritt l’heure de « ‘Hatsott » passera avant qu’elle ne termine la ‘Amida.
A-t-elle le droit de l’entamer ?
Mais notre maître le Rav z.ts.l conclut que même si l’heure de « ‘Hatsott » passera pendant qu’elle prie, cette personne est malgré tout autorisée à entamer la ‘Amida, car sur ce point nous nous basons toujours sur le début.
Notre maître le Rav z.ts.l cite des preuves à ses propos.
En conclusion : Il est catégoriquement interdit de prier la ‘Amida de Cha’haritt après l’heure de « ‘Hatsott », mais si l’on se trouve quelques minutes avant « ‘Hatsott », il est permis d’entamer la ‘Amida, même si celle-ci s’achèvera après « ‘Hatsott ».