Halacha pour jeudi 2 Adar 5786 19 février 2026

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

La lecture de la Méguilat Esther – Les bénédictions pour les femmes

Toute personne – homme ou femme - a le devoir d’écouter la Méguila le jour de Pourim.
Il faut la lire le soir, et la répéter le lendemain, comme il est dit dans le chapitre de Téhilim que nous lisons à Pourim :
אֱלֹקי--אֶקְרָא יוֹמָם, וְלֹא תַעֲנֶה; וְלַיְלָה, וְלֹא-דֻמִיָּה לִי. (תהלים כב-ג)
« Mon D.ieu, j’appelle de jour et tu ne réponds pas, de nuit, et il n’est pas de trêve pour moi.» (Téhilim 22-3)
Or, ce verset est écrit dans le chapitre de Téhilim qui débute par les termes :
לַמְנַצֵּחַ, עַל-אַיֶּלֶת הַשַּׁחַר
« Lamnatséa’h ‘Al Ayélet Hacha’har… », et nos maîtres nous enseignent dans la Guémara Yoma (29a) qu’Esther est comparée à la Ayélet Hacha’har (l’étoile du matin).
C’est pourquoi, nous apprenons de ce chapitre de Téhilim, la règle pour la lecture de la Méguila qui doit être lue le soir et la journée, puisqu’elle a été rédigée par la reine Esther et par Mordé’haï, et ce sont eux qui ont instauré de la lire le jour de Pourim.

« Celui qui écoute est comme celui qui récite »
Malgré tout, puisque tout le monde n’est pas forcément capable de lire la Méguila, et que tout le monde ne possède pas de Méguila valable écrite sur un parchemin, nous avons l’usage de s’acquitter de l’obligation de la lecture de la Méguila par la règle de « Choméa’ Ké-’Oné », c'est-à-dire : la personne qui écoute la lecture de la Méguila par quelqu’un qui la lit dans une Méguila valable, est quitte de l’obligation de lire, exactement comme s’il l’avait lue lui-même.

C’est pourquoi, le Chalia’h Tsibbour (l’officiant) lit dans une Méguila valable, et pense à acquitter l’assemblée de l’obligation de la lecture, et l’assemblée doit - elle aussi - penser à s’acquitter de cette obligation par la lecture de l’officiant.
Ainsi, les personnes présentes sont considérées comme ayant lu elles-mêmes.

Interruption verbale au milieu de la lecture de la Méguila
Il est strictement interdit de parler durant la lecture de la Méguila, quel que soit le contenu des propos prononcés. Cette interdiction débute dès le début des bénédictions initiales qui précédent la Méguila, jusqu’à la fin de la bénédiction finale, après la Méguila.

Si un auditeur s’est interrompu en prononçant des paroles étrangères à la Méguila pendant que le lecteur poursuivait sa lecture, cette personne ne s’est pas acquittée de son devoir, elle a le même statut que celui qui a sauté une partie de la Méguila, comme nous allons l’expliquer.

Il faut être très pointilleux lors de la lecture de la Méguila, en particulier lorsqu’on écoute l’officiant lire la Méguila, il faut veiller à ne pas perdre le moindre mot, car selon de nombreux décisionnaires médiévaux (comme le RACHBA, le RAN et d’autres), si l’on a perdu ne serait-ce qu’un seul mot de la Méguila, on ne s’est pas acquitté de son devoir.

Que faire lorsqu’on n’a pas entendu une partie de la lecture ?
Toutefois, s’il arrive – à cause du bruit ou autre – que l’on ait perdu quelques mots de la Méguila, on peut lire ces mots dans la Méguila que nous avons dans les mains, même s’il s’agit d’une Méguila imprimée et non manuscrite sur du parchemin.
Dans ce cas, il faudra se dépêcher de rattraper les mots que l’on a perdus, et ensuite poursuivre jusqu’à ce que l’on atteigne l’endroit où est arrivé l’officiant.
À ce moment-là, on se tait et on écoute le reste de la lecture de l’officiant.
(Cette autorisation est valable tant qu’on a entendu au moins la majeure partie de la Méguila de la bouche de l’officiant, et qu’il n’y a qu’une petite partie que l’on a lue dans la Méguila imprimée que l’on a dans les mains).

Lorsqu’on arrive en retard à la synagogue
Si l’on arrive en retard à la synagogue, et que l’on constate que l’officiant a déjà récité les bénédictions préliminaires à la lecture de la Méguila (mais qu’il n’a pas encore entamé la lecture), notre maître le Gaon et Richon Lé-Tsion Rabbi Its’hak YOSSEF Chlita écrit (Yalkout Yossef–Pourim chap.687) qu’il est préférable dans ce cas de rentrer chez soi et de lire soi-même la Méguila seul (sur une Méguila valable, manuscrite sur un parchemin) en récitant les bénédictions au préalable, plutôt que de l’entendre avec l’assemblée sans les bénédictions préliminaires.

Tout ceci bien sûr dans le cas où l’on est soi-même disposé à lire la Méguila selon toutes les règles de la lecture.
Dans le cas contraire, il est préférable d’écouter la Méguila de la bouche de l’officiant (même sans avoir entendu les bénédictions préliminaires).

Si l’officiant a non seulement récité les bénédictions préliminaires, mais a aussi entamé quelques versets de la Méguila lorsque le retardataire arrive à la synagogue, il faudra dans ce cas lire rapidement les quelques versets manquants (même dans un livre) et rattraper l’officiant, puis se taire et écouter la lecture de l’officiant.
Ceci uniquement à la condition que l’on entende la majeure partie de la Méguila de la bouche de l’officiant, comme nous l’avons expliqué.

Des bruits de pétards
Certains ont la tradition de « frapper Haman », c'est-à-dire, à chaque mention du nom de Haman pendant la lecture de la Méguila, ils frappent sur la table ou autre, afin d’exprimer l’extermination de ‘Amalek.

Ces dernières générations, certains vont même jusqu’à produire des bruits exagérés, avec des sons de pétards qui font beaucoup de fracas, et cela constitue une grande embuche, car certaines personnes – hommes ou femmes – ne sont pas disposées à écouter correctement la Méguila dans de telles conditions.

Par conséquent, il faut abolir cet usage, et si c’est nécessaire, les administrateurs de la synagogue doivent informer l’assemblée que l’on ne pourra frapper Haman que lors du premier et du dernier Haman de la Méguila, et ainsi, chacun pourra donner libre cours à toute sa colère sur Haman l’impie …
A ce moment là, l’officiant devra attendre quelques instants jusqu’au retour du calme, et il poursuivra la lecture de la Méguila.

Lorsque notre maître le Rav ovadia YOSSEF z.ts.l était jeune, il se souciait avant même la lecture de la Méguila à ce que les enfants dans l’assemblée n’osent pas produire des bruits avec des pétards ou autre, et il protestait énergiquement sur cela, afin que personne de l’assemblée ne transgresse cette institution, et que l’on fasse du bruit uniquement lors du premier et du dernier Haman.
Tel était également son usage à la fin de sa vie, il prévenait l’assemblée avant la lecture de la Méguila, et il disait que lorsque la lecture sera terminée, chacun pourra frapper à sa guise lorsqu’on dira « Arour Haman », après la bénédiction finale de la Méguila.

La bénédiction de la Méguila
Avant la lecture de la Méguila, le soir on récite 3 bénédictions :
« ‘Al Mikra Méguila » ; « Ché’assa Nissim Laavoténou » et « Chéhé’héyanou ».
Lorsqu’on la lit de nouveau le matin, on ne récite pas la bénédiction de « Chéhé’héyanou » (excepté pour une personne qui n’avait pas la possibilité de la lire ou de l’entendre la veille au soir, dans ce cas cette personne devra réciter elle-même la bénédiction de « Chéhé’héyanou » le matin).

Certains ont l’usage de se tenir debout lors des bénédictions de la Méguila.
D’autres ont l’usage de rester assis.
Chez notre maître le Rav z.ts.l, l’usage était de rester assis lors des bénédictions de la Méguila.

Après la lecture de la Méguila, on enroule la Méguila et on récite la bénédiction de « Ha-Rav Ett Rivénou » comme imprimé dans les Méguilot en papier ou dans les Siddourim, ainsi que dans les ‘Houmachim (généralement à la fin du ‘Houmach Chémot).

Mais lorsqu’on lit la Méguila sans la présence d’un Minyan, on ne récite pas la bénédiction finale de « Ha-Rav Ett Rivénou », car cette bénédiction n’a été instaurée que pour être dite devant une assemblée.

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit (‘Hazon Ovadia-Pourim page 91) qu’il n’est pas nécessaire d’être en présence de 10 hommes pour réciter cette bénédiction, et même 10 femmes peuvent constituer dans ce cas une assemblée sur ce point précis. Ainsi, on pourra réciter cette bénédiction finale.

La bénédiction de la Méguila pour les femmes
Les décisionnaires débattent sur le cas où des femmes lisent la Méguila entre elles (une lectrice la lit sur une véritable Méguila manuscrite sur du parchemin), ou lorsqu’un homme lit la Méguila pour des femmes : Faut-il dans ce cas réciter la bénédiction habituelle « Acher Kiddéchanou Bémitsvotav Vétsivanou ‘Al Mikra Méguila » (qui nous a ordonné de lire la Méguila), ou bien changer la terminaison de la bénédiction et dire « Lichmoa’ Méguila » (qui nous a ordonné d’écouter la Méguila), car l’obligation essentielle des femmes était probablement d’écouter la lecture de la Méguila, puisqu’en général elles ne la lisent pas elles-mêmes ?

Il est vrai que chez la plupart des Achkénazim, lorsqu’on lit la Méguila pour des femmes on dit dans la bénédiction initiale « Lichmoa’ Méguila », comme le tranche le RAMA.
Mais chez les Séfaradim et les originaires des communautés du Moyen-Orient, l’usage est de dire dans la bénédition initiale de la Méguila - même lorsqu’on la lit pour des femmes - « Acher Kiddéchanou Bémitsvotav Vétsivanou ‘Al Mikra Méguila », conformément aux propos du Gaon Rabbi Ya’akov ELGAZI (Kountress ‘Houg Ha-Arets page 5) et d’autres grands décisionnaires qui tranchent qu’il n’y a pas de différence sur ce point entre les hommes et les femmes, et même lorsque les femmes la lisent pour elles-mêmes, elles doivent dire « Acher Kiddéchanou Bémitsvotav Vétsivanou ‘Al Mikra Méguila ».

Même notre maître le Rav z.ts.l – qui la lisait tous les ans pour les femmes de son foyers – disait dans la bénédiction initiale « Acher Kiddéchanou Bémitsvotav Vétsivanou ‘Al Mikra Méguila ».

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