Halacha pour mercredi 10 Adar II 5774 12 mars 2014

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Divré Torah sur Tsav – « Shabbat Za’hor »

Divré Torah sur Tsav – « Shabbat Za’hor »
Par le Rav David A. PITOUN 

6 Divré Torah


1.   La liberté de penser
 
Ordonne à Aharon et à ses fils ce qui suit : Ceci est la règle du sacrifice ‘Ola. C'est le sacrifice qui se consume sur le brasier de l'autel, toute la nuit jusqu'au matin; le feu de l'autel brûlera en lui. (Vaykra 6-2 début de notre Parasha)
 
La Torah nous parle ici des règles du sacrifice expiatoire que l’on appelle « ‘Ola », et qui était offert par toute personne ayant eut des mauvaises pensées.
Le sacrifice ‘Ola – par opposition à d’autres sacrifices – était totalement consumé sur l’autel.
 
Rashi :« Tsav » (Ordonne) est un terme qui inspire de l’empressement pour le présent ainsi que pour les générations à venir. Rabbi Shim’on dit : Le texte prône l’empressement particulièrement dans une situation qui entraîne un « manque à la poche » (une perte d’argent).
 
Explication : Le fait que la ‘Ola est totalement consumée entraîne une perte d’argent pour l’auteur du sacrifice, car il ne consomme aucune partie de la bête et n’en tire donc aucun profit.   
 
Le Admour Rabbi Its’hak Meïr de GOUR (l’auteur du ‘Hidoushé Ha-Rim’) fait remarquer que tous les membres du corps humain possèdent une « poche » qui a pour vocation d’empêcher que ne se réalise ce que l’on ne veut pas. Par exemple la bouche dont les lèvres – lorsqu’elles se ferment - empêchent de prononcer des paroles interdites. Ou bien l’oreille qui possède le lobe qui - lorsqu’on le repli - empêche d’écouter des propos interdits. Il y a aussi l’œil qui possède la paupière pour empêcher la vision de choses interdites. De même pour tous les membres qui servent de sens à l’être humain. Par contre, la pensée ne possède aucune poche pour la recouvrir, car la pensée flotte en l’être humain à chaque instant.
 
Puisque la ‘Ola avait pour propriété d’expier la mauvaise pensée, le texte utilise donc un terme qui inspire l’empressement car il faut particulièrement s’empresser et faire preuve de vigilance dans une situation qui entraîne un « manque à la poche » c'est-à-dire lorsqu’il s’agit d’une chose comme la faculté de penser qui ne possède pas de poche !
 
2.   Matériel et spirituel
 
 …le feu de l'autel brûlera en lui.(Vaykra 6-2 Début de notre Parasha)
 
Le Admour Rabbi Its’hak Meïr de GOUR commente encore ce verset.
Il fait remarquer qu’il n’était apparemment pas nécessaire d’ajouter les termes « en lui ». Il était suffisant de dire « le feu de l'autel brûlera »
Il explique qu’il s’agit ici du Cohen que la Torah enjoint d’accomplir son service divin avec engouement, de façon « enflammée ».
Similairement, nous avons apprit dans les Pirké Avot (chap.5 Mishna 5) :
10 miracles étaient accomplis au quotidien dans le Temple de Jérusalem. L’un d’eux : le feu permanent qui brûlait sous l’autel ne fut jamais éteint par les pluies.
Explication : Dans le Temple de Jérusalem, il y a un autel à l’intérieur et un autre dans la cour du Temple. C’est de celui-ci dont on parle.
 
La pluie se dit « Gueshem » qui vient de la racine Gashmiyout qui signifie « matérialité ». Là aussi, on vient mettre en garde le Cohen afin qu’il ne laisse pas son côté matérialiste venir éteindre la flamme qui brûle à l’intérieur de chaque Cohen pendant son service divin. Il est vrai que les Cohanim consommaient beaucoup de viandes qui provenaient des multiples sacrifices réalisés au quotidien. Or, le consommateur de viande à – par nature – une attirance vers les choses matérielles. Malgré tout, l’amour d’Hashem « brûlait » en permanence au fond de la personnalité de chaque Cohen.

 
Shabbat « Za’hor » 

Un petit point d’Hala’ha
 
Le Shabbat qui précède Pourim (ce Shabbat 15 mars) est surnommé « Shabbat Za’hor » en raison du 2ème Sefer Torah que nous sortons ce jour là, afin d’y lire le passage de « Za’hor Et Asher ‘Assa Le’ha ‘Amalek… » (qui se trouve à la fin de la Parasha de Ki Tetsé dans Dévarim).
Ce passage contient l’ordre qui est donné à chaque juif de se souvenir à tout jamais de l’agression de ‘Amalek sur les Béné Israël, immédiatement après leur sortie d’Egypte, ainsi que le devoir qui incombe Israël d’effacer le souvenir de Amalek de la surface de la terre.


Nos maîtres ont décrété que la lecture de ce passage doit se faire le Shabbat avant Pourim, car Haman était un descendant direct de ‘Amalek.

Puisque le devoir de se souvenir de l’acte de Amalek, est ordonné par la Torah, (Mitsvat ‘Assé Deoraïta), il faut avoir la pensée explicite de s’acquitter de ce devoir lors de la lecture de Za’hor.
Les femmes doivent elles-aussi s’efforcer de se rendre à la synagogue ce Shabbat matin, afin d’entendre Za’hor. Cependant, l’usage est d’organiser une 2ème lecture de Za’hor, en dehors des heures de la Tefila, afin de permettre aux femmes qui ne peuvent se rendre à la synagogue le matin, de pouvoir entendre et s’acquitter de leur devoir.
Mais attention !!!
Il faut veiller à s’assurer la présence d’un Minyan (10 hommes) lors de la lecture supplémentaire de « Za’hor » pour les femmes.
(Rav David YOSSEF Shalita dans Torat Ha-Mo’adim sur Adar et Pourim page 53 chap.2 parag.12 et voir page 57 dans les notes)


Dvar Torah sur « Za’hor »
 
1.    ‘Amalek ou le refroidissement spirituel d’Israël
 
Souviens-toi de ce que t'a fait ‘Amalek, lors de votre voyage, au sortir de l'Egypte; comme il t'a surpris chemin faisant, et s'est jeté sur tous tes traînards par derrière. Tu étais alors fatigué, à bout de forces, et lui ne craignait pas D. Aussi, lorsque Hashem, ton D., t'aura débarrassé de tous tes ennemis d'alentour, dans le pays qu'il te donne en héritage pour le posséder, tu effaceras la mémoire d' ‘Amalek de dessous le ciel, ne l'oublie point.(Parasha de Ki Tétsé Dévarim 25-17 et suivants)
 
Rashi :
Comme il t'a surpris (« Kare’ha ») dans le chemin : Par une rencontre fortuite (« Mikré »). Autre explication : Ce mot contient une connotation de pollution nocturne (« Kèri ») et d’impureté, car il les a souillés par l’homosexualité. Autre explication : Ce mot contient une connotation de froid (« Kor »), comme dans : « froideur et chaleur » (Béreshit 8-22). Il t’a refroidi et tiédi alors que tu étais bouillant (de crainte d’Hashem). Car toutes les nations craignaient de vous combattre, et celui-là est venu et a montré la voie aux autres. Cela ressemble à un bain brûlant dans lequel personne n’aurait pu se plonger. Arrive un voyou qui y saute et en ressort. Quand bien même il s’y sera brûlé, il l’aura refroidi pour le compte des autres.
 
Le Gaon Rabbi ‘Haïm SHMULEWITZ z.ts.l écrit dans son livre Si’hot Moussar (nouvelle édition - année 5763 page 103) que tout le mal et la bassesse contenus dans l’individu, sont enfouis et prennent leurs racines dans ‘Amalek. « Comme il t'a surpris (« Kare’ha ») dans le chemin », ces quelques mots résument le mal et la bassesse humaine, et c’est à cause de cela qu’il a été décrété l’effacement de ‘Amalek du monde. Tant qu’il existera, ni le Nom Divin, ni même le trône céleste ne seront intégraux, et la guerre contre ‘Amalek est déclarée pour chaque génération !
 
« Comme il t'a surpris (« Kare’ha ») dans le chemin » Ces mots signifient qu’il t’a refroidit et a refroidit la flamme qui brûlait en toi. Ce « froid » représente tout le mal et toute la bassesse que contient un individu.
La réflexion sur ces notions nous amène à mieux comprendre la grandeur de l’homme. Mais de quelle façon ?
 
Nous devons d’abord nous intéresser à la naissance de ‘Amalek, et définir la cause de sa venue au monde.
 
Il est enseigné dans la Guémara Sanhédrin (99b) que Timna’ était une princesse qui désirait se convertir au judaïsme. Elle se présenta devant Avraham, Its’hak et Ya’akov qui refusèrent de l’accepter. Elle devint la concubine d’Elifaz fils d’’Essav en disant : « Je préfère rester la servante de cette nation (Israël) que d’être la princesse d’une autre nation ! »
De cette union avec Elifaz, naquit ‘Amalek qui fut le calvaire d’Israël.
La Guémara conclut en disant : « Pour quelle raison ? Parce qu’ils ne devaient pas l’éloigner (en la rejetant) ».
 
Il n’y a pas le moindre doute que l’analyse faite par les patriarches provient seulement de leur perception par esprit prophétique, selon laquelle Timna’ n’avait pas le droit d’entrer dans la sainte assemblée d’Hashem.
Malgré cela, nos maitres nous dévoilent ici que les patriarches ne devaient pas l’éloigner, et en conséquence à cela, elle engendra ‘Amalek qui est la représentation du refroidissement et de l’éloignement, comme nous allons l’expliquer.
 
Pour mieux comprendre la faculté de refroidissement de ‘Amalek, il suffit d’observer les évènements qui ont suivis la sortie d’Egypte.
 
Toutes les nations étaient terrorisées face aux grands miracles dont Israël bénéficia, comme le texte de la Shira (« Az Yashir Moshé ») en atteste : « A cette nouvelle, les peuples s'inquiétèrent, un frisson s'empara des habitants de la Philistée. A leur tour ils tremblèrent, les chefs d'Édom; les vaillants de Moav furent saisis de terreur, consternés, tous les habitants de Canaan. Sur eux pesa l'anxiété, l'épouvante; la majesté de ton bras les rendit immobiles comme la pierre… » (Shémot 15-14 et suivants)
Personne ne resta indifférent à de tels changements surnaturels, excepté ‘Amalek.
Certes, il constata les miracles comme tout le monde, mais il n’y apporta aucune attention.
 
Le manque d’attention et l’indifférence font barrage à l’émerveillement et à la possibilité de tirer les bonnes conclusions sur des choses capitales !!
 
‘Amalek ne se contente pas d’un « refroidissement passif », il sort ouvertement en guerre contre le peuple choisi par Hashem parmi toutes les nations.
Ainsi, il rafraichit et refroidit le « bain brûlant » et attenu la peur et l’émerveillement des autres nations.
 
La racine de cette impureté qu’est l’indifférence et le manque d’attention se trouve en chaque individu. Il s’agit de la bassesse et de l’instinct vers le mal contenus en nous.
A partir de là, nous comprenons mieux la grandeur de l’homme !
 
La véritable grandeur de l’homme et ce qui fait de lui « l’élite de la création » résident dans sa capacité à changer sa situation d’origine !
Même les anges ne possèdent pas cette capacité ! Elle n’existe que chez l’homme car il a été crée avec un cœur !!!
 
Grâce à l’attention, l’individu peut progresser et s’élever constamment.
 
Sur cette performance, Rabbenou Ha-Kadosh dira : « Un individu peut acquérir son monde futur en un instant ! » 
 
2.    ‘Amalek ou la Emouna sans étude de la Torah
 
De nombreuses explications ont été données afin de mieux comprendre la sévérité particulière avec laquelle la Torah juge l’acte de ‘Amalek.
 
Mais il faut aussi essayer de comprendre pourquoi une telle agression fut infligée à Israël.
Pouvons-nous concevoir un seul instant qu’Hashem fait subir quoi que ce soit gratuitement ?!
 
Pour comprendre le fond de ce problème, il faut consulter le texte de la Parasha de Beshala’h, qui nous relate l’état d’esprit dans lequel se trouvait Israël juste avant que ‘Amalek vienne les attaquer.
 
En effet, le texte nous raconte que les Béné Israël arrivèrent à un endroit du nom de REFIDIM et ne trouvèrent pas d’eau pour étancher leur soif. Ils vinrent s’en plaindre à Moshé Rabbenou en prononçant des paroles blasphématoires. Moshé se tourna vers Hashem en l’implorant de lui indiquer une solution, avant que les Béné Israël ne le lapident.
Hashem lui indiqua un rocher qu’il fallait frappait pour qu’il donne de l’eau.
C’est ce que Moshé fit et il réussi à étancher la soif des Béné Israël.
Moshé Rabbenou nomma cet endroit « Massa OuMriva » qui signifie « Défit et Dispute », car les Béné Israël s’y étaient disputés avec Hashem, et l’avaient défié, en lui demandant une preuve qu’Il était bien parmi eux.
 
Immédiatement après cet épisode, la Torah nous annonce « Et ‘Amalek arriva … »
 
Le nom d’origine de cet endroit est très lourd de sens, puisque la contraction du mot REFIDIM donne « RAFOU YADAÏM », qui signifie « ils affaiblirent les bras ».
Autrement dit, cette soif que les Béné Israël ressentirent n’est autre qu’une soif de Torah !
Parce qu’ils s’affaiblirent dans l’étude de la Torah, ‘Amalek arriva !!
 
Nous constatons également les dégâts catastrophiques que peut engendrer une diminution de l’étude de la Torah.
En effet, les même Béné Israël qui viennent de vivre tous les miracles de la sortie d’Egypte, se mettent à douter de tout, même de la présence d’Hashem parmi eux !!
 
Tout ceci simplement parce qu’ils montrèrent une faiblesse dans l’étude de la Torah.
 
Nous comprenons de façon indiscutable à quel point l’étude de la Torah peut donner à l’individu toute sa clairvoyance.
Dès qu’il se détache de l’étude de la Torah, l’homme peut aller même jusqu’à nier les croyances les plus solidement enracinées en lui.
 
On ne peut pas croire, et avoir la foi, sans entretenir toute cette foi par l’étude de la Torah, car il n’y a pas d’avenir à la Emouna sans étudier la Torah !!
Une telle Emouna est beaucoup trop fragilisée sans le solide verrou que représente l’étude de la Torah.

 
Voilà donc pourquoi les Béné Israël vécurent l’agression de ‘Amalek.
Parce qu’ils firent l’erreur de croire que la Emouna peut se passer de l’étude de la Torah.
Le seul résultat que l’on obtient avec de telles conception, c’est la perte de cette Emouna, et l’arrivé de ‘Amalek, c'est-à-dire, la source de tous les problèmes d’un juif !!!!
 
Le devoir de se souvenir de l’agression de ‘Amalek, n’implique pas seulement de ne pas oublier ce qu’il nous a fait, mais surtout de se rappeler les causes qui ontentraîné son arrivée.
 
On explique ceci par une image :
 
Un roi possédait un très beau jardin dans lequel poussaient de magnifiques roses.
Ce roi avait un ami très cher, qui était aussi son confident et son conseiller.
Le roi avait une très grande estime pour son ami, et il lui était très reconnaissant pour les précieux conseils qu’il lui prodiguait.
Le jardin du roi était gardé par un très gros chien effrayant, qui aboyait à la moindre tentative de pénétrer dans le jardin.
Un jour, l’ami du roi se promenait près du jardin royal, en observant les belles roses qui poussaient. Il se demandait si le roi lui permettrait de cueillir quelques roses, et se dit finalement qu’en tant que conseillé et ami intime du roi, il est certain qu’il n’y verra aucun inconvénient.
Convaincu qu’il avait la bénédiction du roi, il s’approchait des roses, quand tout à coup, le chien se jeta sur lui et déchira ses habits. Il eu juste le temps de s’enfuir.
Le roi - qui fut attiré par les aboiements - regarda par la fenêtre et fut très contrarié en constatant le manque de politesse de son ami qui voulut cueillir des roses sans même demander la permission du roi. Mais comme il estimait beaucoup son ami, le roi décida de ne pas lui en faire le reproche.
Le lendemain, l’ami rendit visite au roi, et lui raconta ce qui lui était arrivé la veille avec le chien.
Le roi lui répondit : « Oui, je sais ce que t’as fait ce maudit chien ! »
Mais la véritable intention du roi était de rappeler en même temps à son ami ce qu’il avait fait lui aussi pour en arriver là.
 
En nous ordonnant de nous souvenir de l’acte d’agression de ‘Amalek, la Torah nous demande également de ne pas oublier notre rejet de l’étude de la Torah, qui est la seule et unique cause de l’arrivée de ‘Amalek, et de tous les soucis qu’un juif peut traverser dans sa vie. 
 
Divré Torah pour Pourim
 

  1. L’arme la plus redoutable d’Israël : l’étude de la Torah


Il est écrit dans la Méguila (8-16) : « Pour les juifs, il eut la lumière, la joie, l’allégresse et le prestige »
Nos maîtres commentent ce verset dans la Guémara Méguila (16b) :
La lumière : il s’agit de l’étude de la Torah.
 
Cela signifie qu’ils prirent conscience de la grandeur de la Torah, suite au miracle de Pourim.
 
Mais l’on peut s’interroger :
 
Pourquoi utiliser le terme « lumière » pour désigner la Torah, et laisser le soin à nos maîtres de l’expliquer dans le sens de l’étude de la Torah ? Pourquoi ne pas simplement écrire : « Pour les juifs, il eut la Torah, la joie, l’allégresse… » ?
 
Dans son livre Kol Yéhouda, le Gaon Rabbi Yéhouda TSADKA z.ts.l (qui était le Rosh Yéshiva de Porat Yossef à Jérusalem) cite au nom du Gaon Rabbi David YONGARIZ z.ts.l l’explication suivante :
Les juifs ne ressentirent réellement la lumière qui émane de l‘étude de la Torah que lorsque le décret de Haman fut aboli et que le sauvetage d’Israël fut confirmé. L’étude de la Torah faisait déjà partie de leur quotidien, mais ils n’avaient encore jamais ressentis les ténèbres et l’obscurité dans lesquelles réside celui qui n’étudie pas la Torah !
 
Lorsque le décret d’extermination fut prononcé par le roi, sans qu’aucune nation ne réagisse devant la menace imminente de l’anéantissement de tout un peuple, sans la moindre interrogation, sans la moindre protestation, c’est à ce moment précis qu’ils comprirent la lumière éblouissante de l’étude de la Torah.
 
En effet, tout à coup, par une nuit d’insomnie, le roi ordonne à Haman de placer Morde’haï sur un cheval royal et de le promener dans toute la ville en clamant : « C’est ainsi que l’on doit agir envers la personne chère aux yeux du roi ! »
Nos maîtres expliquent dans la Guémara Méguila (16a) que lorsque Haman arriva pour prendre Morde’haï et exécuter les ordres du roi en le plaçant sur un cheval royal pour le promener dans toute la ville, Morde’haï était assis auprès de ses disciples en train d’étudier la Torah comme au quotidien. Lorsque Morde’haï aperçut Haman, il fut prit de frayeur et pensa que son dernier jour était arrivé. C’est pourquoi il demanda à ses disciples de lire le Shéma puisque l’heure de la condamnation était arrivée.
 
Haman leur dit : « Qu’est ce que vous étudiez ? »
Ils lui répondirent : « Les règles relatives à la Kémitsa. »
 
[Explication : Ce jour là était le 16 Nissan, 3ème des 3 jours de jeûne et de prière imposés par Morde’haï et Esther à toute la communauté pour implorer Hashem afin qu’il les épargne du terrible décret de Haman. C’était aussi le 2ème jour de Pessa’h.
Or, à l’époque du Temple de Jérusalem, la Torah ordonne à chaque juif d’effectuer une offrande d’orges au Temple le 16 Nissan. Cette offrande se nomme le « ‘Omer ». Le Cohen devait enfouir sa main dans l’orge et en retirer une poignée (« Kémitsa ») qu’il faisait consumer sur l’autel. Cette façon de retirer une poignée d’orge exige certaines règles bien précises, et ce sont justement ces règles que Morde’haï et ses disciples étudiaient à ce moment précis.]

 
Haman leur répondit : « A quoi correspond cette Kémitsa ? »
Ils lui répondirent : « A une poignée. »
Haman leur dit : « Votre poignée a repoussé les 10 000 pièces d’argent que j’avais offert au roi pour votre extermination !! »
 
Ainsi, Israël a put constater que seule la force de l’étude de la Torah pouvait avoir raison du décret de Haman. Haman lui-même reconnut cette vérité. C’est pourquoi lorsqu’ Israël constata tout cela, ils s’écrièrent tous : « Pour les juifs, il eut la lumière… La lumière, c’est l’étude de la Torah ! Maintenant nous savons que l’étude de la Torah est la véritable lumière du peuple d’Israël, et sans elle, nous sommes dans l’obscurité ! » 
 

   2. La force de la vérité
 
Il est écrit dans la Méguila (7-6) :
Esther dit : « Un homme tyran et hostile, ce maudit Haman !! »
 
Le roi A’hashvérosh demande à Esther de lui dire qui est celui qui a décrété l’anéantissement de son peuple.
 
Nos maîtres expliquent dans la Guémara Méguila (16a) qu’Esther indiquait du doigt le roi lui-même en répondant à sa question. Mais un ange arriva et détourna le doigt d’Esther vers Haman.
 
Le comportement d’Esther est très étrange.
 
En effet, elle risque sa vie en se présentant devant le roi de façon contraire aux règles royales puisqu’elle n’a pas été conviée. Elle jeune depuis 3 jours, son apparence physique est flétrie en conséquence du jeûne. Et pourtant, à l’instant crucial où le roi lui demande : « Qui est cet homme et qu’est ce qu’il est pour oser avoir de telles intentions ?! », c’est le roi lui-même que la reine Esther montre du doigt, pour signifier qu’il est lui-même cet homme tyran et hostile, cet homme maudit.
 
En agissant ainsi, Esther mettait en péril sa propre existence et celle de tout le peuple d’Israël !!
 
Voici l’explication du Gaon et Tsaddik Rabbi Eliyahou LOPIANN z.ts.l au nom du Sabba de Kelm :
 
Nous voyons à partir de là combien il est important de ne pas avoir peur de ses convictions, et de toujours marcher dans la vérité !
Parce qu’elle n’a pas dérogé à la vérité, aucun mal ne lui est arrivé. L’ange lui détourna la main vers Haman !!                
           
Shabbat Shalom
            

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