Halacha pour mercredi 3 Kislev 5774 6 novembre 2013

Pour la guérison totale de :
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Mickaël Ben Louise Emouna
Oria Malka Bat Linda Suzanne
Michelle Bat Daisy Esther (Amar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Clotilde Lucienne Messaouda Ora Bat Myriam
Rav Ron Moché Ben Aviva (Chaya) z''l
Ra'hamim Ben David (Abi'hsira) z"l
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l
Ichaï Ben Sa'adya (Levi) z''l
Mordé'haï Ben Moché (Bensadoun) z''l
Germaine Rivka Bat Rachel Léa (Atlani) z''l

30ème jour de la disparition de notre maître le Rav z.ts.l

Nous sommes aujourd’hui le 30ème jour depuis la disparition de notre saint maître Rabbénou ‘Ovadia YOSSEF Ben Rabbi Ya’akov et Gorgié z.ts.l (puissions-nous être l’expiation de sa disparition). Nous allons citer quelques paroles d’éloges funèbres que nous avons prononcées en son honneur dans divers endroits.
 
Il est raconté dans la Guémara Bérah’ot (5b) que lorsque Rabbi  El’azar ben Pédatt tomba malade, Rabbi Yoh’anan lui rendit visite. Lorsque Rabbi Yoh’anan entra, il constata que la demeure de Rabbi El’azar ben Pédatt était très obscure car Rabbi El’azar était un homme très pauvre, et il n’avait pas les moyens financiers d’éclairer sa maison. Que fit Rabbi Yoh’anan ? Il découvrit son propre bras et éclaira ainsi la maison. En effet, la grande sainteté de Rabbi Yoh’anan procurait une certaine luminosité à son corps. Lorsque Rabbi El’azar Ben Pédatt constata cela, il se mit à pleurer.
 
Rabbi Yoh’anan lui demanda : « Pourquoi pleures-tu ? Si c’est pour le fait de ne pas avoir eu d’enfants, tu ne dois pas t’attrister pour cela (Rabbi Yoh’anan avait eu 10 garçons qui sont tous morts de son vivant). Si c’est pour le fait d’avoir été très pauvre durant toute ta vie, ce n’est pas non plus une raison suffisante pour s’attrister car il n’est pas donné à chacun de mériter de « siéger aux deux tables ». En effet, tu as été un très grand homme de Torah, et tu ne dois donc pas t’attrister. Si c’est pour le fait de ne pas avoir suffisamment étudier la Torah, ce n’est pas non plus une raison valable pour s’attrister, car nous avons appris qu’aussi bien pour celui qui fait beaucoup, aussi bien pour celui qui en fait peu, l’essentiel réside dans la pensée vers Hachem. »
 
Rabbi El’azar lui répondit : « C’est sur cela que je pleure. Sur cette beauté qui va être ensevelie sous terre. »
Cela signifie que Rabbi El’azar pleura en constatant la beauté de Rabbi Yoh’anan qui allait lui aussi un jour quitter ce monde, et nous serons privés de sa beauté.
 
Cet enseignement peut paraître difficile à comprendre car il est dit : « La grâce n’est que mensonge et la beauté n’est que futilité. ». Comment le grand Rabbi El’azar, qui ne pleure pas pour la Torah, ni pour les enfants, ni pour la richesse, peut-il pleurer pour une chose aussi insignifiante que la beauté physique de Rabbi Yoh’anan ?
 
Notre maître le Rav z.ts.l avait l’habitude d’expliquer cet enseignement au nom des commentateurs, en le reliant directement avec un autre enseignement cité dans la Guémara Bava Métsi’a (84a) où il est dit que Rabbi Yoh’anan déclara un jour sur lui-même : « Je fais partie des derniers hommes beaux de Jérusalem. », car dans les générations passées, les hommes de Jérusalem étaient de grands sages et de grands justes, mais ils avaient aussi un aspect du visage particulièrement beau.
Or, Rabbi Yoh’anan – qui vécu très longtemps – survécut à ses hommes si beaux.
C’est pour cela que Rabbi El’azar pleura sur la beauté de Rabbi Yoh’anan, car ce n’était pas seulement une simple beauté physique, mais une beauté qui nous rappelle toute la sagesse et la grandeur des générations passées, qui nous ont été retirées.
 
Il en est de même à présent, avec la disparition de notre grand et saint maître le Rav z.ts.l, nous ressentons une véritable chute spirituelle, non pas d’une ou deux générations, mais d’une très longue époque, car notre maître le Rav z.ts.l était unique en son genre, et il appartenait à la catégorie des génies de la Torah des générations précédentes.
 
Le Gaon Rabbi ‘Ezra ATTIE z.ts.l - qui fut le Roch Yéchiva de la prestigieuse et célèbre Yéchiva PORAT YOSSEF (Jérusalem), et qui était aussi le Rav de notre grand maître z.ts.l – représentait la couronne du judaïsme Séfarade, au point où tous les érudits en Torah se soumettaient à son opinion. Mais lorsqu’on consulte la correspondance qu’il entretenait avec notre grand maître le Rav z.ts.l, nous pouvons constater avec quelle estime il s’exprimait à son égard par des termes comme « mon ami intime » ; « le Gaon (génie) d’Israël », car notre maître le Rav z.ts.l – hormis le fait d’être son élève - était aussi son ami proche, et le Gaon Rabbi ‘Ezra ATTIE z.ts.l avait un respect bien plus grand envers notre maître le Rav z.ts.l qu’envers les autres Guéonim de PORAT YOSSEF.
 
De même, les autres Guéonim de Jérusalem qui ont vécus ici il y a de nombreuses années aimaient notre maître le Rav z.ts.l et se réjouissaient de sa présence comme on se réjouit lorsqu’on a trouvé un grand trésor, malgré la différence d’âge entre eux et notre maître le Rav z.ts.l, puisqu’ils étaient plus âgés que lui de plusieurs dizaines d’années !
A présent, nous avons perdu ce dernier vestige, dont la réflexion talmudique était stupéfiante, à l’image des grands décisionnaires qui ont vécus il y a des centaines d’années. Il maîtrisait à la perfection tous les domaines de la Torah, et il était d’une sainteté extraordinaire. Personne ne l’égalait dans son amour pour chaque juif, et maintenant nous l’avons perdu à cause de nos nombreuses fautes !
 
Cependant, il est enseigné dans les responsa des Guéonim que lorsqu’un grand homme quitte ce monde, toutes les puissantes forces enfouies dans son âme se dispersent à travers le monde, et toute personne qui désire les acquérir peut le faire.   
 
Ainsi, depuis que notre grand maître le Rav z.ts.l nous a quitté, toutes ses puissantes forces spirituelles se trouvent à porté de chacun. Heureux celui qui aura la bravoure et le courage de surmonter son mauvais penchant en s’imposant des moments fixes et réguliers pour étudier la Torah au quotidien, chose pour laquelle notre maître le Rav z.ts.l se donnait véritablement corps et âme. De même pour ce qui est de l’éducation des enfants, chaque parent se doit de s’empresser à inscrire ses enfants dans des écoles de Torah. Ainsi pour chaque chose. Le faible doit se dire « je suis fort », afin de se renforcer dans un sujet spirituel précis, afin que le mérite de notre maître le Rav z.ts.l protège chacun.
 
Notre saint maître le Rav z.ts.l a commenté un jour le verset cité dans le livre de Yécha’ya (chap.40) : « Ceux qui mettent leur espoir en Hachem acquièrent de nouvelles forces, ils prennent le rapide essor des aigles; ils courent et ne sont pas fatigués, ils marchent et ne se lassent point. ».
Notre maître le Rav z.ts.l fit remarquer : Si le prophète désire nous nous enseigner que ceux qui mettent leur espoir en Hachem s’élèveront de niveau en niveau sans ressentir de faiblesse, il aurait été suffisant de dire « ils courent et ne sont pas fatigués ». Quelle est donc l’utilité d’ajouter les termes « ils marchent et ne se lassent point. » ? Si lorsqu’ils courent ils ne ressentent pas de fatigue, à fortiori lorsqu’ils marchent …
 
Mais notre maître le Rav z.ts.l répondit que le verset s’adresse à deux catégories de personnes.
Il y a des situations dans lesquelles nous devons « courir », et d’autres situations dans lesquelles nous devons « marcher ».
Par exemple, lorsqu’on enseigne la Torah à des érudits, on se doit de respecter une certaine vitesse et une certaine rapidité afin que les élèvent puissent apprendre suffisamment et qu’ils s’empressent d’apprendre davantage.
Mais lorsqu’on enseigne la Torah au peuple, on doit enseigner lentement, afin de les guider avec un langage clair et agréable, en insérant des histoires et des éléments gracieux, afin de les attirer vers notre père qui est au Ciel. C’est donc le sens des termes employés dans le verset : « ils courent et ne sont pas fatigués, ils marchent et ne se lassent point. ». Aussi bien avec l’une ou l’autre des deux méthodes, on ne ressentira aucune faiblesse.
 
Ainsi était notre maître le Rav z.ts.l durant toute sa vie, l’homme de la sagesse, plein de pitié et un véritable père pour les nécessiteux, mais aussi rigide que le fer envers les récalcitrants. Il se hâtait toujours dans chaque chose, afin de ne pas perdre le moindre instant sans étudier la Torah. Mais d’autre part, lorsque des gens dans la détresse venaient le consulter, il écoutait leur malheur et s’associait à eux. Il pleurait avec eux et priait de tout son cœur, encore et encore, des dizaines de fois dans la journée, comme-ci que la personne était son fils unique !
 
Nos maîtres enseignent dans la Guémara Péssah’im (92a) :
Tout dirigeant qui a guidé son assemblée avec douceur, méritera de les guider dans le Monde Futur.
Ainsi notre saint maître le Rav z.ts.l guidait son peuple avec patience, et malgré toutes ses nombreuses occupations, il consacrait de son temps si précieux pour écouter la détresse des nécessiteux, pour écouter le malheur de la veuve et les implorations de l’orphelin. Il s’affligeait et se souciait de chacun comme s’il s’agissait de son propre enfant. Qu’il ait le mérite – et que nous ayons tous le mérite – que notre maître le Rav z.ts.l ne nous abandonne pas et ne nous délaisse pas, qu’il se tienne en prière devant le Trône de Gloire, afin qu’Hachem ait pitié de son peuple Israël, et qu’il nous sauve du malheur et de la détresse, de la plaie et de la maladie, et que son mérite nous protège jusqu’à la fin des temps, Amen.
 
Si  des personnes possèdent des photos particulières ou des documents particuliers au sujet de notre maître le Rav z.ts.l, nous serions heureux de les recevoir (en nous contactant par le biais de notre site), afin qu’on les utilise pour en faire profiter la collectivité, dans notre livre « Avir Ha-Ro’im » (que nous avons eu le mérite de publier du vivant de notre maître le Rav z.ts.l qui l’a lu et a exprimé ses remarques personnelles ici et là. et en a même offert un exemplaire à son fidèle assistant.). Particulièrement en ce moment où nous sommes sur le point de publier le 2ème volume, avec l’aide d’Hachem.

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