Halacha pour dimanche 11 Tishrei 5772 9 octobre 2011

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Prier pour le repentir d’un Racha’ (impie), ou souhaiter qu’il disparaisse ?

Question: Faut-il prier pour un Racha’ (un impie), afin qu’il fasse Téchouva (le repentir), ou bien est-il permis de le maudire pour qu’il disparaisse?

Réponse: Dans la précédente Hala’ha, nous avons expliqué qu’il est interdit de maudire qui que ce soit du peuple d’Israël. Nous avons aussi précisé, à la fin de nos propos, qu’il y a tout de même des cas où des Talmidé ‘Ha’hamim (des érudits dans la Torah) ont parfois maudits, ou priés pour la disparition de leurs ennemis (juifs), ceci parce qu’il y a des situations dans lesquelles il est permis de maudire, comme nous allons le développer.

Il est enseigné dans la Guémara Bava Kama (94b):
Le verset dit : « Tu ne maudiras pas un Prince de ton peuple » (Chémot 22)
Lorsqu’il se comporte comme « Ton peuple ».
C'est-à-dire : Toute l’interdiction de la Torah de maudire un Prince d’Israël, n’existe que lorsque ce prince adopte un comportement digne du peuple d’Israël, lorsqu’il accomplie la Torah et les Mitsvot, qui ont été données au peuple d’Israël. Mais un prince qui n’a pas le comportement du peuple d’Israël, qui n’accomplie pas la Torah et les Mitsvot, il n’y a pas d’interdit de le maudire. A fortiori pour un simple individu (qui n’est pas un prince), qui ne se comporte pas « comme le peuple d’Israël », qu’il n’y a aucun interdit de le maudire.
C’est ainsi que tranchent de nombreux Richonim (décisionnaires médiévaux).
C’est ainsi que tranche également notre maître, le Gaon Rabbi Israël Meïr HaCohen z.ts.l, de RADDIN (Lituanie), l’auteur du ‘HAFETS ‘HAÏM, dans son commentaire BiOUR HALA’HA (sur Choul’han ‘Arou’h Ora’h ‘Haïm chap.329 note 2).

Le Din est le même concernant l’interdit gravissime de faire honte à qui que ce soit du peuple d’Israël. C’est interdit n’existe que vis-à-vis d’une personne qui se comporte « comme le peuple d’Israël ».
De même pour le devoir de réprimander son prochain, lorsqu’il enfreint un interdit, cette obligation n’existe que lorsqu’il s’agit d’une personne qui, en temps normal, observe la Torah et les Mitsvot.
Mais lorsqu’il s’agit d’une personne qui ne se comporte pas comme le peuple d’Israël doit se comporter, il n’y a aucune obligation de le réprimander sur ses actes.
De même, il n’y a aucune interdiction de lui faire honte (bien entendu, lorsque c’est justifié !).
C’est effectivement ce qui ressort des propos du RAMBAM (Règles relatives aux tempéraments chap.6), ainsi que des propos du ‘Hafets ‘Haïm (règle 7).
De même, il est permis d’entrer en conflit avec des Récha’im (des impies), comme l’écrit Rabbenou YONA dans son livre Cha’aré Téchouva (Cha’ar 4 chap.59).
Il faut cependant faire une différence notoire entre les personnes qui n’observaient pas la Torah et les Mitsvot, du temps de nos maîtres, et ceux qui ne les observent pas de notre époque, mais ce point sera développé, avec l’aide d’Hachem, dans la prochaine Hala’ha.

Cependant, la Guémara Bera’hot (10a) rapporte:
Des gens peu recommandables habitaient le voisinage de Rabbi Meïr. Ils le faisaient souffrir, et Rabbi Meïr pria pour qu’ils disparaissent. Sa femme Bérourya interpella Rabbi Meïr en lui disant :
« Pourquoi pries-tu pour qu’ils disparaissent ? Est-ce à cause du fait qu’il est écrit : « Que les fautes disparaissent de la terre » (Tehilim) ? Est-il écrit « les fauteurs » ?! Qui plus est, la suite de ce même verset dit : « et les impies ne seront plus. » Si le véritable sens du début du verset voulait la disparition des fauteurs, pourquoi le formuler une nouvelle fois, en disant « et les impies ne seront plus » ? La vraie solution est de prier pour qu’ils fassent Téchouva, et de cette façon, les impies ne seront plus ! »
Cet enseignement nous montre à priori qu’il ne faut pas maudire les Récha’im (les impies), et qu’il ne faut pas entrer en conflit avec eux, mais plutôt prier pour qu’ils fassent Téchouva, afin qu’ils cessent leur fautes, et de s’efforcer de les réprimander de façon agréable pour qu’ils prennent le chemin du repentir sincère.

Mais nous pouvons aussi expliquer cet enseignement de la façon suivante:
Une personne qui commet des transgressions mais qui ne nuit spirituellement à personne, et ne commet pas ces transgressions par désir de mettre en colère son Créateur (la majorité des gens qui commettent des transgressions, ne le font pas dans le but de mettre en colère leur Créateur, mais seulement par confort matériel), on ne doit pas maudire une telle personne, mais au contraire, il faut prier pour qu’elle fasse Téchouva, et qu’elle serve son Créateur.
Par contre, une personne qui non seulement commet elle-même des transgressions, mais entraîne aussi la collectivité avec elle dans la faute, ou bien quelqu’un qui bénéficie d’un certain pouvoir, qu’il exploite afin de priver le peuple d’Israël de Torah, ou bien afin de nuire aux Talmidé ‘Ha’hamim (les érudits de la Torah), il ne faut pas prier pour le repentir de telles personnes, car à chaque instant, ces gens privent Israël de Torah et de Sainteté. De tels individus font partie de la catégorie des « incitateurs à la haine d’Hachem », qu’il est un devoir de haïr, et sur lesquels il est écrit dans Tehilim : « Ceux qui te haïssent toi Hachem, je les hais. Je n’éprouve que de la haine pour ceux eux, ils ne sont pour moi que des ennemis »
Le Din est le même vis-à-vis des gens qui diffusent publiquement des paroles d’hérésie afin de détourner le peuple d’Israël sous n’importe quelle forme, ou bien des gens qui diffusent des propos de haine à l’encontre des Talmidé ‘Ha’hamim et à l’encontre de notre sainte Torah.
Il faut prier Hashem pour qu’il ait pitié de son peuple, et qu’il fasse disparaître de tels individus dont le seul objectif est d’éteindre toute forme de Torah au sein du peuple d’Israël, même si bien entendu, il ne nous est pas donnée l’autorisation de leur porter atteinte directement.

Nous avons déjà expliqué dans les Halah’ot relatives au respect des parents, que même si l’on doit respecter ses parents même s’ils n’observent pas la Torah et les Mitsvot, tout ceci n’est valable que lorsqu’ils ne respectent pas la Torah mais n’empêchent pas leur enfant de le faire. Mais si les parents persécutent leur enfant et s’attaquent à la religion avec haine, Hachem prive ces gens de respect et il n’y a absolument plus de devoir de les respecter. Par contre, les personnes égarées qui commettent des transgressions et n’accomplissent pas les Mitsvot, il ne faut pas les maudire, mais plutôt prier pour leur bien être spirituel, afin que tout le peuple d’Israël ne forme qu’une seule entité pour servir leur Créateur.

Dans la prochaine Hala’ha, nous traiterons du statut des juifs non pratiquants de notre époque (ceux qui par ignorance, ne pratiquent pas la Torah et les Mitsvot, mais n’incitent pas les autres à la destruction de la Torah). Quel est le regard de la Torah envers eux?

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