Comme nous l’avons écrit, puisque nous nous trouvons dans la période du ‘Omer, nous avons l’habitude de commenter les Pirké Avot, afin d’éveiller le cœur du peuple à la morale.
L’attitude de notre maître le Rav Chlita dans l’étude des Pirké Avot
Il faut préciser que la propriété des Pirké Avot est très grande, puisqu’ils sont composés de paroles de morale dites par nos maîtres les saints Tanaïm, et grâce à ces enseignements précieux, l’homme apprend le savoir vivre et la bonne conduite dans l’amélioration des qualités humaines et dans le service du créateur.
Nous avons vu de nos propres yeux très fréquemment lorsque notre maître le Rav Chlita devait patienter quelques minutes, ou bien lorsqu’il était faible et qu’il devait sortir sur son balcon pour se reposer, afin de ne pas négliger pour autant l’étude de la Torah, ses lèvres murmuraient quelque chose. Lorsque nous nous sommes approchés pour tendre l’oreille et entendre ce qu’il disait, nous l’avons entendu dire par cœur des extraits des Pirké Avot, avec une grande concentration, afin de se stimuler au service d’Hachem.
Il est enseigné dans les Pirké Avot (chap.3 Michna 21) :
« Rabbi El’azar ben ‘Azarya dit : S’il n’y a pas de crainte, il n’y a pas de sagesse. »
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita explique qu’en réalité l’étude de la Torah n’a pour seul objectif que de mener l’homme vers la crainte d’Hachem, comme nos maîtres l’expliquent dans le Sifré (Paracha de Chofetim) : « Afin qu’il apprenne à craindre Hachem son D. » Cela nous apprend que l’étude entraîne à la crainte.
Par conséquent, l’homme se doit d’être un érudit, car ainsi il possèdera la crainte d’Hachem. Comme nous l’avons souvent constaté, les gens qui suivent notre maître le Rav Chlita, ont fondé des centres d’étude où des érudits étudient avec des personnes éloignés de la Torah. Ces gens viennent quotidiennement, s’assoient et étudient la Guémara, la Michna et la Halah’a. Ils progressent de niveau en niveau et se renforcent considérablement dans leur foi en Hachem, au point de devenir de parfaits Ba’alé Téchouva.
Notre maître les Rav Chlita explique encore que le Mont Sinaï représente le symbole de la Torah, car c’est sur lui que la Torah fut donnée. Mais le Mont Morya (le lieu du Temple) représente le symbole de la crainte, puisque c’est sur lui que fut réalisé le sacrifice d’Its’hak par crainte d’Hachem et par soumission à sa gloire.
Pourtant les Tossafot sur Chabbat (16a) écrivent une chose très étonnante.
Selon eux, le Mont Morya est le mont Sinaî, mais il fut appelé « Morya », car c’est de lui que sortie la crainte d’Hachem pour tous les non-juifs lors du Don de la Torah, comme il est dit : « La terre eut peur et s’est tue. »
Les commentateurs sont très étonnés des propos des Tossafot, car quel est le rapport entre le Mont Sinaï et le Mont Morya ? Le Mont Sinaï se trouve dans le désert, et il n’a absolument pas de lien avec le Mont Morya qui se trouve à Jérusalem.
Notre maître le Rav Chlita explique à partir du Midrach (Choh’er Tov chap.68) :
« Rabbi Yossé dit : D’où la montagne du Sinaï venait-elle ? Du Mont Morya car elle en a été prélevée comme on prélève la H’alla de la pâte.
Cela signifie qu’à l’origine, le Mont Sinaï était collé au Mont Morya, mais Hachem le déplaça vers le désert, pour que la Torah soit donnée sur cette montagne, car c’est sur cette même montagne (Morya de laquelle le Mont Sinaï fut « décollé ») qu’Itsh’ak fut offert en sacrifice à Hachem.
Selon cela, les propos des Tossafot mentionnés plus haut sont compréhensibles puisqu’ils attestent que le Mont Sinaï et le Mont Morya sont liés.
Nous comprenons également à partir de là les propos de notre Michna initiale : « S’il n’y a pas de crainte, il n’y a pas de sagesse », car ce n’est que grâce à la partie du Mont Morya qui fut détachée et liée au Mont Sinaï que nous avons mérités de recevoir la Torah, en allusion au fait que la Torah doit être accompagnée d’une pure crainte d’Hachem.