Halacha pour lundi 8 Shevat 5780 3 février 2020

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

Le fondement des règles relatives aux bénédictions alimentaires – La conduite de notre maitre le Rav ztsl envers les bénédictions

Question: Que dois-je faire si j’ai introduit un aliment dans ma bouche sans avoir récité la bénédiction?

Réponse: Il est enseigné dans la Guémara Bérah’ott (35a) : Il est interdit à une personne de tirer profit de ce monde sans bénédiction. Celui qui tire profit de ce monde sans bénédiction est considéré comme celui qui profite de ce qui appartient à Hachem sans permission, comme il est dit dans le verset « A Hachem appartient la terre ainsi que ce qu’elle contient ». La Guémara demande alors une explication à la contradiction qu’il y a entre les versets, car une fois il est dit « A Hachem appartient la terre ainsi que ce qu’elle contient », et une fois il est dit « la terre, il l’a donnée aux hommes ». La Guémara répond que le verset « A Hachem appartient la terre ainsi que ce qu’elle contient » s’applique à une situation antérieure à la récitation de la bénédiction, alors que le verset « la terre, il l’a donnée aux hommes » s’applique après que l’on ait récité la bénédiction. Cela signifie qu’avant que l’on récite la bénédiction, la nourriture est encore dans une position où elle n’est pas autorisée à être utilisée au profit de l’homme. Ce n’est seulement qu’après avoir récité la bénédiction qu’Hachem nous autorise à en tirer profit.
Par conséquent, il incombe à chacun d’apprendre correctement les règles relatives aux bénédictions, et en particulier, d’être vigilent vis-à-vis de la bénédiction que l’on s’apprête à réciter et ne pas réciter des bénédictions avec légèreté, afin de ne pas arriver - à D. de plaise - à tirer profit d’un aliment qui ne nous est pas encore alloué, en s’abstenant par ignorance de réciter une bénédiction alors qu’il fallait la réciter, ou bien d’arriver à réciter une bénédiction en vain si l’on récite une bénédiction qu’il ne fallait pas réciter, ou bien si l’on récite une bénédiction qui n’est pas appropriée à l’aliment sur lequel on la récite. De même à l’inverse, celui qui récite les bénédictions correctement, avec la concentration requise, méritera une grande récompense, et comme nous le disent nos maitres les Kabbalistes, en récitant les bénédictions comme il se doit, une personne peut réparer beaucoup de choses, heureuse soit-elle, heureux soit son sort.

La vigilance de notre maitre le Rav z.ts.l envers les bénédictions 
Lorsqu’un jour on apporta par erreur les Téfilin de Rabbénou TAM à la place de ceux de RACHI à notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l (הכ''מ), et qu’il récita la bénédiction par erreur sur ces Téfilin, il fut attristé durant toute la journée lorsqu’il fut informé de cette confusion, sur le fait d’avoir récité une bénédiction alors qu’il ne fallait pas la réciter. Ainsi, notre maitre le Rav z.ts.l faisait constamment preuve d’une extraordinaire vigilance envers les bénédictions, afin que chaque bénédiction soit récitée lentement et avec concentration, de façon précise, et non comme certaines personnes qui « jettent » littéralement les bénédictions de leurs bouches sans attention. De même, notre maitre le Rav z.ts.l avait la vigilance et mettait en garde chacun sur la façon de prononcer le Nom Divin dans les bénédictions, afin qu’il soit entendu de façon correcte, avec la vocalisation correcte, pas comme certaines personnes qui disent : « Barou’hatadonaï » en un seul mot, alors qu’il faut les découper en 3 mots distincts. Notre maitre le Rav z.ts.l mettait aussi en garde afin de ne pas dire par erreur « Adnaï », erreur fréquente chez les personnes qui récitent leurs bénédictions trop rapidement.

Celui qui met un aliment en bouche et omet de réciter la bénédiction
Venons-en à présent à la question.
Si une personne a mis un aliment en bouche en oubliant de réciter la bénédiction, quel comportement doit-elle adopter dans un tel cas?

Avant tout, il est important de préciser qu’il est interdit de réciter une bénédiction en ayant un aliment en bouche, car il est écrit dans le Téhilim (71) « ma bouche sera emplie de ta gloire », et nos maitres en déduisent qu’au moment où l’on récite la gloire d’Hachem en récitant une bénédiction, la bouche doit être emplie uniquement de la bénédiction et non de nourriture. C’est pour cela que dans un cas où la personne a mis un aliment en bouche sans bénédiction, on devra agir comme suit:

S’il s’agit d’un aliment qui ne sera pas répugnant en le rejetant de la bouche, par exemple un bonbon, que l’on peut rejeter de la bouche et réciter ensuite la bénédiction, on doit le rejeter de la bouche et réciter convenablement la bénédiction sur cet aliment, car on ne doit pas réciter de bénédiction en ayant un aliment dans la bouche. Par contre, s’il s’agit d’un aliment qui sera répugnant en le rejetant de la bouche, il faudra le placer  dans un coin de la bouche et réciter ensuite la bénédiction propre à cet aliment, puis continuer à le consommer.

S’il s’agit d’une boisson que l’on a introduit par erreur sans bénédiction (de sorte que l’on ne peut dans ce cas ni réciter la bénédiction avec la boisson dans la bouche, ni rejeter la boisson puisqu’il est certain qu’elle deviendra répugnante), on devra dire la bénédiction mentalement et ensuite avaler. Si l’on boit de nouveau par la suite, il faudra à ce moment là réciter réellement la bénédiction sur ce que l’on s’apprête à boire (et ne pas se fier à la première bénédiction récitée mentalement). Avant de réciter verbalement la bénédiction, il est bon dans ce cas de dire la formule « Barouh’ Chem Kévod Malh’outo Lé-‘Olam Va-‘Ed » (Bérah’ot 50b, Choulh’an ‘Arouh’ O.H chap.172).

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