Question :
Est-il juste selon la Halah’a d’organiser une fête à l’occasion d’une Bat Mitsva pour une fille lorsqu’elle arrive à l’âge des Mitsvot (12 ans), comme on le fait pour un garçon lorsqu’il arrive à l’âge des Mitsvot (13 ans) ?
Réponse :
Avant de nous intéresser au sujet de la question, nous devons préciser que le débat n’est envisageable que lorsque la fête se réalise selon les exigences de la Torah, en ayant pris en compte l’observance des règles de la pudeur durant la fête, et en empêchant les danses mixtes. De même, il est souhaitable qu’il y ait une personne qui prononce des paroles de Torah comme c’est l’usage.
Dans de telles conditions, la fête est qualifiable de « Sé’oudatt Mitsva » (repas de Mitsva) dont Hachem se réjouit.
Puisque de nombreuses personnes ont malheureusement l’usage de célébrer des fêtes de Bar Mitsva dans des conditions diverses, entraînant de nombreux interdits, le Gaon Rabbi Moché FEINCHTEIN zatsal écrit que s’il en avait la possibilité, il abolirait définitivement la célébration de fêtes de Bar Mitsva dans son pays les États unis, car – comme nous le savons – ces fêtes n’ont jamais été le motif du retour à la Torah et à la pratique des Mitsvot de qui que ce soit. Bien au contraire, dans de nombreux cas, on en arrive même à de nombreuses transgressions, comme la profanation du Chabbat, et autre …
Dans la suite de ses propos, le Gaon fut consulté au sujet de la fête de Bat Mitsva pour les filles. Il répond qu’il n’y a pas de Mitsva particulière dans la célébration de ces fêtes, et le repas n’a pas la moindre valeur de Mitsva, car il n’en reste pas plus qu’un simple anniversaire pour lequel il est certain qu’il n’y a pas de raison à un repas de Mitsva.
Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita conteste les propos du Gaon Rabbi Moché FEINCHTEIN zatsal sur ce point, car même s’il est certain qu’il faut avoir la vigilance vis-à-vis du moindre soupçon de transgression lors de ces fêtes, malgré tout, lorsque la fête est célébrée dans la stricte observance de la Halah’a, elle représente une Mitsva, et le repas est lui aussi considéré comme « Sé’oudatt Mitsva », puisqu’il n’y a pas de différence entre la Bar Mitsva et la Bat Mitsva.
En effet, le MAHARCHAL écrit au sujet du repas de Bar Mitsva qu’il n’y a pas plus grande « Sé’oudatt Mitsva », puisqu’on y exprime louanges et reconnaissances envers Hachem pour le jeune homme qui a eu le mérite de devenir Bar Mitsva, d’être à présent soumis aux Mitsvot qui mènent l’homme au monde futur.
Il cite des preuves de la Guémara.
Il en est donc de même pour une fille qui devient soumise aux Mitsvot ce jour-là, et il est certain que le repas et la réjouissance sont justifiés ce jour là.
Le repas est donc « Sé’oudatt Mitsva ».
Rabbénou Yossef H’AÏM de Babel zatsal écrit des propos similaires, et il ajoute qu’il est convenable que la jeune fille revête ce jour-là un vêtement nouveau en récitant la bénédiction de Chéhéh’éyanou, en pensant à inclure la réjouissance pour son entrée dans le joug des Mitsvot.