Halacha pour mercredi 29 Av 5783 16 août 2023

Pour la guérison totale de :
Gabriel Ben Simha
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Azar Ben Lisa Kamouna (Cohen)
Maxime Moché Ben Sarah (Amar)
Michelle Bat Daisy Esther (Amar, née Madar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Ethan Eliyahou David Ben Fredj (Arfi) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l

A partir de que l’âge l’individu est-il responsable de ses actes?

Question : Est-il vrai qu’au tribunal céleste, on n’est pas condamnable pour des fautes que l’on a commis jusqu’à l’âge de 20 ans ?

Réponse : Il est expliqué dans notre sainte Torah que tout individu, dès qu’il atteint l’âge des Mitsvot (13 ans pour un garçon et 12 ans pour une fille), devient responsable de ses actes.
On le juge sur chacun de ses actes, aussi bien pour des affaires d’argent que pour des peines de Malkout (39 coups, peine prévue initialement par la Torah pour la transgression d’un interdit dont la peine n’est pas précisée, et qui était infligée par le Beit Din,) ou même des peines de mort, selon les actes commis.

Il semblerait logique qu’il en soit également ainsi dans le tribunal céleste où les exigences envers une personne convoquée en jugement ne seraient pas inférieures à celles du tribunal terrestre.

Mais il est vrai que nous trouvons à divers endroits des enseignements de nos maîtres (pour exemple : Guémara Chabbat 89b), que le tribunal céleste n’inflige pas de punition à l’individu pour les actes qu’il a commis avant l’âge de 20 ans.

Le Gaon auteur du Chou’t H’avot Yaïr écrit que le tribunal céleste n’inflige effectivement pas de châtiment pour des actes commis avant l’âge de 20 ans lorsqu’il ne s’agit pas de transgressions explicites dans la Torah mais seulement d’interdits déduits par simple raisonnement. Mais s’il s’agit de transgressions explicites dans la Torah, le châtiment est infligé même si la personne est âgée de moins de 20 ans.

Mais notre maître le Gaon H’YDA objecte sur ses propos, car il est écrit explicitement dans la Guémara que le tribunal céleste n’inflige réellement aucune punition pour des actes commis avant l’âge de 20 ans, même s’il s’agit de choses écrites explicitement dans la Torah. Par conséquent, il faut maintenir l’explication selon laquelle un individu n’est pas condamnable par le tribunal céleste pour des actes commis avant l’âge de 20 ans.
Le Gaon et Richon Lé-Tsion notre maitre le Rav Itsh’ak YOSSEF Chlita rapporte dans son ouvrage « Choulh’an Ha-Ma’areh’et » que le Gaon H’ah’am Tsévi résout l’objection du H’YDA, et selon lui, il faut considérer que l’on est effectivement condamnable dès l’âge des Mitsvot lorsqu’il s’agit de fautes explicitement écrites dans la Torah.

En réalité, il n’y a pas vraiment de doute sur ce point, et selon tous les avis, il n’existe pas d’acquittement qui puisse effacer des actes commis avant l’âge de 20 ans.
En effet, notre maître le ARI Zal a procuré un « Tikoun » (procédé de réparation d’une faute) à son élève Rabbenou H’aïm VITTAL pour une « faute » commise dans son enfance.
Nous pouvons donc constater qu’il est nécessaire de réparer même des fautes commises avant l’âge des Mitsvot, à fortiori lorsqu’ils ont été commises après l’âge des Mitsvot, comme avant l’âge de 20 ans par exemple.
Il est également enseigné explicitement dans la Guémara Bérah’ot qu’ ’Eli Ha-Cohen réprimanda le prophète Chémouel lorsqu’il était un jeune enfant pour avoir enseigné une Halacha en présence de son maître, et lui signifia qu’il était passible de peine de mort par le Ciel pour un tel acte.
Nous en déduisons que l’on est appelé à rendre des comptes même pour des actes commis dans la plus tendre enfance.

Nos maîtres les commentateurs expliquent que le jugement divin dépend de l’agilité de l’esprit de l’individu. Une personne très intelligente se verra exigée une responsabilité même sur des actes commis dans son enfance.
C’est exactement ce qu’écrivent les Tossafot en réponse à une question de Rabbenou Yéhouda Hé-H’assid qui demande pourquoi ‘Er et Onan (premiers enfants de Yéhouda) furent punis, alors qu’ils n’étaient pas encore âgés de 20 ans lors de leurs fautes ?
Et les Tossafot répondent qu’en réalité, le tribunal céleste ne punit qu’en fonction du niveau de sagesse de l’individu. Si la sagesse d’un enfant est égale à celle d’un individu de 20 ans, il se verra châtié comme s’il avait 20 ans.
Le prophète Chémouel était doté d’une grande sagesse même dans sa plus tendre enfance, et c’est pour cette raison qu’on lui demanda des comptes sur ses actes, comme s’il avait 20 ans.

En conclusion: Même s’il existe des cas où le tribunal céleste n’inflige pas de châtiment à un individu pour des actes commis avant l’âge de 20 ans, malgré tout, il semble que cette règle connait des exceptions, comme pour les interdits explicitement écrits dans la Torah pour lesquels on est condamnable même avant l’âge de 20 ans.
De même, si l’on voit que l’individu était doté d’une grande sagesse et qu’il était responsable de ses actes lors de la transgression, il sera châtié même pour un acte commis même dans son enfance, comme nous l’avons expliqué.

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