Dans les précédentes Halachot, nous avons expliqué que la lecture du Chéma’ du matin doit être réalisée avant que ne s’écoulent les « 3 premières heures » du jour, c'est-à-dire, compter 3 heures (en heures saisonnières, comme expliqué dans les précédentes Halachot) depuis l’aube, et c’est durant ces 3 heures que l’obligation de lire le Chéma’ du matin nous incombe. Cette obligation est une ordonnance de la Torah exclusivement pour les hommes, mais les femmes sont exemptes de la lecture du Chéma’ selon le Din, puisque cette obligation fait partie de la catégorie « Mistvott ‘Assé Ché-Hazémann Guérama » (devoir religieux positifs liés au temps), car il y a un temps limite à la lecture du Chéma’ et qu’il s’agit aussi d’un commandement positif, de ce fait, les femmes en sont exemptes.
Nous avons également expliqué qu’il faut être vigilant et prier la ‘Amida de Cha’haritt avant que ne s’écoule la « 4ème heure du jour » (toujours en « heures saisonnières », mais depuis le lever du soleil).
Actuellement en Israël, la fin des « 4 premières heures » pour prier la ‘Amida de Cha’haritt se situe à environ 10h25, après avoir pris la précaution de lire le Chéma’ avant son horaire limite.
[En France, la fin des « 4 premières heures » pour prier la ‘Amida de Cha’haritt se situe actuellement à environ 11h20, après avoir pris la précaution de lire le Chéma’ avant son horaire limite]
Si l’on n’a pas encore prié la ‘Amida de Cha’harit et que la « 4ème heure » s’est écoulée, on doit encore prier la ‘Amida jusqu’à l’heure de « ‘Hatsott » (moitié de la journée).
Actuellement, en Israël, l’heure de « ‘Hatsott » se situe à environ 12h45 (et en France, à environ 13h45).
Les Bénédictions de la lecture du Chéma’
Lors de l’office de Cha’haritt le matin, nous récitons 2 Bénédictions avant la lecture du Chéma’ : La bénédiction de « Yoster Or » qui se termine par « Yotser Ha-Méorott », et la bénédiction de « Ahavatt ‘Olam » qui se termine par « Ha-Bo’her Bé’amo Israël Béahava » (pour l’usage des Achkénazim, cette dernière se nomme « Ahava Rabba »).
De même, après la lecture du Chéma’, nous récitons une seule bénédiction :
La bénédiction de « Emet Véyatsiv » qui se termine par « Gaal Israël ».
Selon l’usage des Achkénazim, les femmes récitent elles-aussi ces Bénédictions, mais selon l’usage des Séfaradim, les femmes ne récitent jamais une bénédiction sur une Mitsva de laquelle elles sont exemptes.
Par conséquent, elles ne récitent absolument pas les Bénédictions de la lecture du Chéma’, puisqu’elles sont exemptes du devoir de lire le Chéma’.
S’il s’agit d’une femme juste et pieuse, qui tient à réciter ces Bénédictions, elle devra veiller à ne pas mentionner le Nom d’Hachem dans les débuts et fins de ces Bénédictions, elle devra donc dire : « Barou’h Yoster Or Ouboré ‘Hoche’h … » et à la fin : « Barou’h Yotser Ha-Méorott », ainsi qu’à la fin de « Ahavatt ‘Olam : « Barou’h Ha-Bo’her Bé-‘Amo Israël Bé-Ahava », et à la fin de « Emet Véyatsiv » : « Barou’h Gaal Israël ».
La fin du temps limite pour réciter les Bénédictions de la lecture du Chéma’
Au même titre que l’homme est soumis à un temps limite pour la lecture du Chéma’ du matin, ainsi que pour la ‘Amida de Cha’haritt (la femme est - elle aussi - soumise aux heures limites de la ‘Amida), ainsi il est également soumis à un temps limite pour réciter les Bénédictions de la lecture du Chéma’ du matin.
Il est enseigné dans une Michna du traité Béra’hott (9b) que la fin du temps limite de la lecture du Chéma’ du matin est « la fin de la 3ème heure », et que « celui qui lira au-delà de cette limite n’est pas perdant ».
La Guémara demande : que signifie « il n’est pas perdant » ?! Il est évidement perdant puisque la limite de la lecture du Chéma’ est passée !
La Guémara explique : Il n’a pas perdu les Bénédictions de la lecture du Chéma’.
Nous apprenons de là que même si la limite de la lecture du Chéma’ est passée, il est encore possible de réciter les Bénédictions du Chéma’.
Notre maître le ROCH explique au nom de Rabbénou Haï GAON que lorsque nos maîtres enseignent qu’il est possible de réciter les Bénédictions du Chéma’ même après la limite du Chéma’, cela signifie qu’il est encore possible de les réciter jusqu’à la fin de la « 4ème heure », c'est-à-dire jusqu’à la fin de la limite de la ‘Amida de Cha’haritt.
Mais cela ne signifie pas que l’on peut encore réciter les Bénédictions de la lecture du Chéma’ durant toute la journée.
Telle est également l’opinion d’autres grands décisionnaires médiévaux notables, et parmi eux Rabbénou Its’hak IBN GIAT, ainsi que l’auteur du Séfer Ha-Echkol.
C’est ainsi que tranche MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.58-6).
Nus avons donc appris que la limite du temps pour réciter les Bénédictions du Chéma’ est la même que celle pour prier la ‘Amida de Cha’haritt, c'est-à-dire, au plus tard 4 heures saisonnières depuis le lever du soleil (Fin de la limite de la prière de Cha’haritt selon le Gaon de Vilna ou « Gr’’a »), comme indiqué dans les différents calendriers et autres applications.
Nous apprenons également de là combien est détestable l’usage de certaines synagogues et de certains particuliers qui prient à une heure très tardive.
Il ne leur est pas suffisant de perdre l’heure limite du Chéma’ (s’ils ne l’ont pas lu à temps avant l’office) ainsi que l’heure limite de la ‘Amida, mais qui plus est, ils s’introduisent dans un interdit de réciter une bénédiction en vain (Béra’ha Lé-Vatala) en récitant les Bénédictions sur la lecture du Chéma’ après leur heure limite.
C’est ce qu’écrit notre maître le ‘HYDA dans Chou’t ’Haïm Chaal (vol.2 chap.31), dont voici les termes :
« Combien je souffre en mon âme en constatant l’usage dans ces villes (en Europe) où des gens lisent le Chéma’ avec ses Bénédictions après les 4 premières heures du jour, et ne se lèvent pas à l’office avec l’assemblée, et lorsqu’ils se lèvent et lisent le Chéma’ chez eux, la 4ème heure s’est écoulée, et malgré tout, ils lisent le Chéma’ avec ses Bénédictions, à l’encontre de la décision Halachique de MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h, stipulant que lorsque la 4ème heure du jour s’est écoulée, on ne peut plus réciter les Bénédictions de la lecture du Chéma’. » Fin de citation.
En conclusion : Si quelqu’un a négligé et n’a pas encore prié lorsque s’est écoulée la limite pour la ‘Amida de Cha’haritt (horaire du Gaon de Vilna ou « Gr’’a »), c'est-à-dire après les « 4 premières heures » du jour depuis le lever du soleil, même s’il peut encore prier la ‘Amida jusqu’à l’heure de « ‘Hatsott » (moitié de la journée), malgré tout, il ne peut plus réciter les Bénédictions de la lecture du Chéma’ en mentionnant le Nom d’Hachem et Sa royauté (dans le début de la bénédiction, il sautera les mots « Ata A.D.O.N.A.Ï Elo-hénou Méle’h Ha-‘Olam » ou « Ata A.D.O.N.A.Ï » dans la terminaison de chaque bénédiction du Chéma’).