Répondre « Amen »
MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h écrit (chap.215-2) :
Lorsqu’on entend un juif réciter une bénédiction, même si on n’a pas entendu l’intégralité de la bénédiction du début jusqu’à la fin, on est tenu de répondre « Amen ». Mais si le récitant est un « Apikoross » (hérétique, renégat), ou s’il est un idolâtre, on ne doit pas répondre « Amen ».
Le RAMA ajoute que si l’on entend intégralement une bénédiction récitée par un non-juif, du début jusqu’à la fin, et qu’on a explicitement entendu qu’il bénissait véritablement Hachem notre D.ieu le Roi de l’univers, on doit répondre « Amen » à sa bénédiction.
La raison à cet interdit
Lorsqu’un non-juif récite l’une de nos bénédictions, il est à craindre qu’il ait en réalité béni l’idolâtrie, comme le font les chrétiens fervents à notre époque, en bénissant leur divinité et en mentionnant le nom de l’idolâtrie avant le repas.
Cette raison est donnée par notre maître le ROCH (dans ses commentaires sur la Guémara Béra’hot chap.8 sect.5), ainsi que par d’autres de nos maîtres les décisionnaires médiévaux (Rchonim).
Selon cette raison, si l’on a entendu explicitement l’intégralité de la bénédiction de la bouche du non-juif, il faudrait répondre « Amen », car il est certain dans ce cas qu’il n’a pas mentionné le nom de l’idolâtrie.
Cependant, notre maître le RAMBAM écrit (chap.1 des règles relatives aux bénédictions règle 13) qu’il ne faut jamais répondre « Amen » à la bénédiction récitée par un non-juif dans tous les cas, même si l’on a entendu l’intégralité de la bénédiction de sa bouche. Telle est également l’opinion d’autres de nos maîtres les décisionnaires Richonim. Telle est également le sens des propos de MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h cités précédemment (voir Halichot ‘Olam vol.3 page 122), car il est toujours à craindre que le non-juif a dédié dans son cœur la bénédiction à son l’idolâtrie.
Mais comme nous l’avons précisé, le RAMA tranche sur ce point selon l’avis du ROCH, selon qui, si l’on a entendu intégralement la bénédiction récitée par le non-juif, on doit répondre « Amen ».
La règle dans la pratique
Dans la pratique, selon l’usage des Séfaradim - qui se conforment toujours aux décisions Halachiques de MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h - il ne faut jamais répondre « Amen » à une bénédiction récitée par un non-juif.
Mais selon l’usage des Achkénazim, si l’on a entendu l’intégralité de la bénédiction de la bouche du non-juif, on doit répondre « Amen ».
Le statut des musulmans sur ce point
Quoi qu’il en soit, notre maître le Gaon & Richon Létsion Rabbi Its’hak YOSSEF Chlita écrit (Yalkout Yossef-Béra’hot vol.3 nouvelle édition de l’année 5786, chap.215 page 376) au nom du Gaon Rabbi Ya’akov KASTERO (qui vivait en Egypte il y a environ 500 ans), que même si cette interdiction de répondre « Amen » à une bénédiction récitée par un non-juif, est valable pour tous les non-juifs, il y a malgré tout une exception vis-à-vis des musulmans sur ce point, car nous savons qu’ils ne croient qu’en un seul D.ieu, et ils n’y associent aucune autre croyance idolâtre.
Et même si leur religion est remplie de confusion et de futilités, malgré tout, vis-à-vis de ce point, il faut se fier au fait qu’une bénédiction récitée par un musulman - lorsqu’elle est dite dans les termes de nos bénédictions - est valable, et il faut répondre « Amen » à sa bénédiction.
En conclusion : Selon l’usage des Séfaradim, on ne doit pas répondre « Amen » à une bénédiction récitée par un non-juif. S’il s’agit d’un musulman, et que l’on a entendu l’intégralité de la bénédiction de sa bouche, on doit répondre « Amen ».
Selon l’usage des Achkénazim, dès lors où l’on a entendu l’intégralité de la bénédiction, on répond « Amen » à la bénédiction de n’importe quel non-juif.