Commentaires rédigés par le Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit
D’après le livre Ménou’hatam Kavod, du Gaon Rabbi David PENYA Chlita
A’haré Mott - La consommation du sang : Un jugement en solo !
וְאִישׁ אִישׁ מִבֵּית יִשְׂרָאֵל... אֲשֶׁר יֹאכַל, כָּל-דָּם--וְנָתַתִּי פָנַי, בַּנֶּפֶשׁ הָאֹכֶלֶת אֶת-הַדָּם, וְהִכְרַתִּי אֹתָהּ, מִקֶּרֶב עַמָּהּ. (ויקרא יז-י)
Quiconque, dans la maison d'Israël … consommera le sang, je dirigerai mon regard sur la personne qui aura consommé ce sang, et je la retrancherai du milieu de son peuple. (Vaykra 17-10)
La Torah nous présente ici le gravissime interdit de consommer du sang animal, et nous informe du terrible châtiment de « Karett » pour quiconque en consommera.
[Le châtiment de Karett est une mort violente et sans descendance. Ce châtiment est également infligé à celui qui consomme volontairement le jour de Yom Kippour, ou qui consomme volontairement du ‘Hamets pendant Péssa’h, et également à un couple marié qui pratique l’intimité conjugale lorsque la femme est Nidda.]
Le Midrach Toratt Cohanim commente ce verset ainsi :
Je dirigerai mon regard – Je me libèrerai de toutes mes occupations, afin de m’occuper de celui qui enfreint cet interdit de consommer le sang.
Question : Pourquoi Hachem a-t-il besoin de « se libérer de toutes Ses occupations » afin de châtier cette personne ? Hachem ne peut-il pas tout faire en même temps ?!!
Le Imré Chafèr cite l’enseignement de nos maîtres dans la Guémara KIddouchin (40b), selon lequel : Le monde est parfois jugé selon sa majorité.
De ce fait, si la majorité est méritante, même si la minorité est coupable, elle est jugée elle aussi méritante.
Le particulier est donc plus avantagé à être jugé avec la majorité, car s’il est jugé seul, ce sera sur ses propres actes, et il ne bénéficiera pas des mérites de la collectivité.
Voici donc ce que dit Hachem à propos de celui qui enfreint l’interdit de consommer le sang :
Cet homme ne doit pas faire l’erreur de penser qu’il sera jugé en même temps que le reste du monde, et bénéficier ainsi des mérites de la collectivité.
Je me libérerai de toutes mes occupations et il sera jugé seul, afin que lui soit infligé son châtiment.
Mais une interrogation persiste :
Pourquoi autant de sévérité exclusivement sur la transgression de l’interdit de consommer le sang, et non sur la transgression d’autres interdits ?
Pourquoi cet interdit précis prive l’homme du bénéfice des mérites de la collectivité, en étant jugé seul sur ses actes ?
Le Or Ha-‘Haïm Ha-Kadoch explique :
Le sang contient en lui « l’âme animale », comme la Torah en atteste :
כִּי נֶפֶשׁ הַבָּשָׂר, בַּדָּם הִוא ... (שם יא)
Car le principe vital de la chair gît dans le sang … (Ibid.11)
Hachem a offert à l’homme une âme pure et unique, qui est une partie de la Divinité (si l’on peut s’exprimer ainsi).
En consommant le sang, l’homme souille cette âme car il y mélange « l’âme animale », qui est une partie de toute la création.
Cet homme ne peut donc plus bénéficier de l’avantage d’être jugé avec l’ensemble du monde,
il sera jugé seul et de manière unique, mesure pour mesure, parce qu’il s’est rebellé contre Celui qui est unique et qui lui a offert une âme unique, dans laquelle cet homme a mélangé « l’âme animale ».
Kédochim – La sainteté d’Hachem et celle d’Israël
דַּבֵּר אֶל-כָּל-עֲדַת בְּנֵי-יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם--קְדֹשִׁים תִּהְיוּ: כִּי קָדוֹשׁ, אֲנִי ה' אֱלֹקֵיכֶם. (שם יט-ב)
Parle à toute l’assemblée des enfants d'Israël et dis-leur : Soyez saints ! Car je suis saint, moi Hachem, votre D.ieu. (ibid.19-2)
Midrach Rabba (Vaykra 24-9) : Rabbi Chim’on Ben Lévy dit : « Soyez saints ! » cela peut-il signifier : aussi saints que Moi » ? - « Car Je suis saint » : Ma sainteté est supérieure à la vôtre.
Question : Comment peut-on envisager que notre niveau de sainteté puisse être égal à celui d’Hachem ?!
Le Gaon Rabbi Avraham PATAL Ha-Lévy z.ts.l (beau-père de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l) fait remarquer que la notion de « Sainteté » est employée à 3 reprises dans la Torah :
Dans le domaine des aliments interdits
Dans le domaine des relations intimes interdites (‘Arayot)
Dans le domaine de l’impureté mortuaire
L’homme peut se préserver de consommer des aliments interdits, ainsi que des relations intimes interdites, mais comment peut-il se préserver de l’impureté mortuaire ? Le contact ou la présence d’un cadavre – dans une pièce ou sous la terre que nous foulons – sont hélas inévitables, et nous n’avons malheureusement plus les cendres de la Vache Rousse pour nous purifier de cette impureté mortuaire !
Selon cela, seul Hachem possède les « 3 Saintetés », alors qu’Israël ne peut en posséder que 2.
Ceci est le sens des propos du Midrach cité précédemment :
« Soyez saints ! » cela peut-il signifier : aussi saints que Moi ? - « Car Je suis saint » : Ma sainteté est supérieure à la vôtre.
Mais dans les temps messianiques, lorsque se réalisera la prophétie de Yécha’aya :
בִּלַּע הַמָּוֶת לָנֶצַח ... (ישעיה כה-ח)
Il fera disparaître la mort à jamais … (Yécha’ya 25-8),
Israël possèdera alors lui aussi les « 3 Saintetés », comme l’indique un autre verset de Yécha’ya :
וְהָיָה הַנִּשְׁאָר בְּצִיּוֹן, וְהַנּוֹתָר בִּירוּשָׁלִַם--קָדוֹשׁ, יֵאָמֶר לוֹ: כָּל-הַכָּתוּב לַחַיִּים, בִּירוּשָׁלִָם. (שם ד-ג)
Et on dénommera Saint quiconque aura été sauvé dans Tsion et épargné dans Jérusalem, quiconque aura été inscrit pour la vie à Jérusalem. (Ibis.4-3)
Rapidement et de nos jours, Amen
Chabbat Chalom !