Halacha pour jeudi 20 Cheshvan 5785 21 novembre 2024

Pour la guérison totale de :
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Mickaël Ben Louise Emouna
Oria Malka Bat Linda Suzanne
Michelle Bat Daisy Esther (Amar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Clotilde Lucienne Messaouda Ora Bat Myriam
Rav Ron Moché Ben Aviva (Chaya) z''l
Ra'hamim Ben David (Abi'hsira) z"l
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l
Ichaï Ben Sa'adya (Levi) z''l
Mordé'haï Ben Moché (Bensadoun) z''l
Germaine Rivka Bat Rachel Léa (Atlani) z''l

Des parents exigeants

Hier, nous avons cité les propos du RAMBAM et de MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h sur l’interdiction pour des parents de peser lourdement sur leurs enfants et d’être trop pointilleux envers eux sur les honneurs qui leur sont dus, afin de ne pas entrainer les enfants dans une embuche, dans une situation où ils risquent de ne pas remplir leur devoir envers leurs parents.
Les parents doivent au contraire leur pardonner et se dérober (aux honneurs qui leur reviennent), car un père qui renonce à son respect, est autorisé à le faire.

C’est l’occasion de rappeler les propos du Gaon Rabbi ‘Haïm PALLA’GI z.ts.l dans son livre To’ha’hat ’Haïm, et voici ses termes :
« J’ai entendu dire que certaines personnes, vides de tout contenu, n’accomplissent pas le devoir de Kiboud Av Va-Em (respect des parents) sous le prétexte mensonger que ce devoir n’a été donné que vis-à-vis de parents dociles et qui expriment de l’affection envers leurs enfants, et non vis-à-vis de parents exigeants, qui s’ingèrent dans tout, qui provoquent des disputes avec leurs enfants, et qui pèsent lourdement sur leurs enfants. Tous ces arguments ne sont que futilités et néant, car s’il en était ainsi, la Torah avait nul besoin de nous imposer le devoir du respect des parents, étant donné que ceux-ci ont mis au monde l’enfant, l’ont nourri et vêtu jusqu’à ce qu’il grandisse, l’enfant est donc tenu de leur être reconnaissant et de les respecter toute sa vie, même s’il s’agit de gens étrangers, et ceci à titre de reconnaissance pour le bien qu’ils lui ont prodigué dans son enfance.

Nos maitres enseignent que celui qui nie le bien que lui a prodigué son prochain, est considéré comme s’il niait le bien prodigué par Hachem.
Nous sommes donc obligé d’admettre que si la Torah nous a ordonné le devoir du respect des parents, c’est pour inclure également des parents durs et exigeants, qu’il faut malgré tout respecter et craindre, et à fortiori ne pas s’exprimer mal envers eux et les faire souffrir. » Fin de citation.

Cela signifie que si le devoir du respect des parents ne concernait que des parents bons et aimants, ce devoir de la Torah aurait été quasiment superflu, car nous sommes tenus de manière systématique à exprimer notre reconnaissance à celui qui nous a prodigué du bien. Il est donc certain que la raison essentielle pour laquelle la Torah nous ordonne le devoir du respect des parents, est justement pour ce type de parents qui se comportent de manière dure envers leurs enfants, et malgré tout, les enfants sont tenus de se comporter envers eux avec respect et crainte.             

Dans les règles relatives à la veille de Yom Kippour, nous avions cité les propos de nos maîtres les Rabbanim Séfaradim, et parmi eux notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, selon qui, toute personne qui craint Hachem, doit se rendre auprès de ses parents la veille de Yom Kippour, leur embrasser les mains et leur demander pardon pour les fois où il les aurait offensé durant l’année.
Le Gaon Rabbi Yossef ‘HAÏM écrit que ceci est une grande obligation sur toute personne, et si on ne le fait pas, on est qualifiable de fauteur et de méprisant envers le respect des parents. En effet, pour des fautes commises envers le prochain, on a le devoir de lui demander pardon avant Yom Kippour, à fortiori pour des fautes commises envers les parents, car personne n’est épargné de cette faute quasiment au quotidien durant l’année.

Notre maiîre le Rav z.ts.l écrit encore qu’il est souhaitable pour tout enfant sage dans son cœur, de « saisir » littéralement ces précieuses Mitsvot, en honorant ses parents de toutes ses possibilités, en les réjouissant, en accomplissant leur volonté, et mesure pour mesure, lui aussi méritera d’avoir de bons enfants qui le réjouiront par leur sagesse et leur Torah.
Même si les parents renoncent à leur respect, malgré tout, le Séfer Ha-‘Hassidim écrit que si le père renonce à son respect, il est autorisé à le faire mais ceci uniquement vis-à-vis des lois de la Torah qui régissent les hommes.
Par contre, vis-à-vis des lois de la Torah envers Hachem, l’enfant reste soumis au devoir du respect des parents, même lorsque ceux-ci y renoncent.
Le RADBAZ écrit également que même si des parents renoncent à leur respect, si l’enfant les honore malgré tout, il accomplit l’ordonnance de la Torah.

Nous avons vu de nos propres yeux plusieurs anciens qui - dans leur jeunesse - ont été très méticuleux dans la manière particulière d’honorer leurs parents, en allant même jusqu’à héberger leurs parents âgés dans leur foyer, et par le mérite de cette Mitsva, ces gens ont vécus eux aussi très longtemps, et ont eu eux aussi des enfants en bonne santé, qui vécurent également longtemps pour les honorer au quotidien.
Cette action de s’occuper de parents âgés est un puissant mérite pour tout homme, un mérite qui inclut en lui un devoir de la Torah, un travail des traits de caractère, l’éducation des enfants sur plusieurs Mistvot précieuses, et également une notion de Tsédaka et de bonté. La récompense des gens qui appliquent cette énorme Mitsva est donc immense.

(Le directeur de notre site Halacha Yomit, le Gaon Rav Ya’akov SASSON Chlita raconte au sujet de son grand-père paternel - du même nom Rabbi Ya’akov SASSON z.ts.l, qui était Mohel et l’un des grands Tsadikim de Jérusalem dans sa génération, et également très apprécié par notre maitre le Rav z.ts.l – qu’il hébergea dans son foyer ses beaux-parents Rabbi Chémouel ‘AZRAN z.ts.l et son épouse, et durant de nombreuses années, Rabbi Ya’akov ne récita pas lui-même le Kiddouch, car son beau-père était considéré comme le chef de famille dans son foyer. Rabbi Ya’akov agissait totalement dans la joie et l’amour, et ils eurent le mérite – lui et son épouse – de vivre en bonne santé, en jouissant de la pleine satisfaction de leur progéniture.)

Il est enseigné dans la Guémara Yoma (86a) :
Lorsqu’un homme étudie la Torah, fréquente les érudits dans la Torah, et exerce son commerce avec honnêteté avec les gens, que dit-on de lui ? « Heureux le père qui lui a enseigné la Torah ! Heureux le Rav qui lui a enseigné la Torah ! Regardez untel qui a étudié la Torah, combien ses actions sont droites ! » Et sur un tel homme le texte dit :
... יִשְׂרָאֵל, אֲשֶׁר-בְּךָ אֶתְפָּאָר. (ישעיה מט-ג)

… Israël, c'est par toi que je me couvre de gloire. (Yécha’ya 49-3).
Et tout ceci occasionne une satisfaction et un grand honneur aux parents.

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