Halacha pour mercredi 11 Tevet 5783 4 janvier 2023

Pour la guérison totale de :
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Mickaël Ben Louise Emouna
Oria Malka Bat Linda Suzanne
Michelle Bat Daisy Esther (Amar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Clotilde Lucienne Messaouda Ora Bat Myriam
Rav Ron Moché Ben Aviva (Chaya) z''l
Ra'hamim Ben David (Abi'hsira) z"l
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l
Ichaï Ben Sa'adya (Levi) z''l
Mordé'haï Ben Moché (Bensadoun) z''l
Germaine Rivka Bat Rachel Léa (Atlani) z''l

« Aide-le au contraire à le décharger » (« ‘Azov Ta’azov ‘Imo »)

Il est dit dans la sainte Torah : « Si tu vois l'âne de ton ennemi succomber sous sa charge, garde toi de l'abandonner; aide-le au contraire à le décharger. » (Chémott 23).
Le sens de ce verset signifie que si l’on voit l’animal de son prochain marcher sur un chemin, et que l’animal ne peut supporter la charge qui est sur lui, nous devons aider à décharger la charge du dos de l’animal.

Voici les propos du RAMBAM:
« Si l’on rencontre son prochain en chemin, et que l’on constate que son animal succombe sous sa charge (du fait de la surcharge, il ne peut plus avancer), il est un devoir de décharger le poids de l’animal, et il s’agit d’un devoir ordonné par la Torah, comme il est dit : « Aide-le au contraire à le décharger ». Il ne faut pas se contenter de décharger le poids et s’en aller en laissant le propriétaire de l’animal en panique (il ne faut pas seulement décharger l’animal afin qu’il puisse reprendre des forces, et s’en aller, car le propriétaire de l’animal restera en panique puisqu’il ne pourra de nouveau charger sa bête qu’avec de nombreux efforts), il faut de nouveau lever la charge et la remettre sur le dos de l’animal, comme il est dit : « tu lèveras avec lui », et il s’agit là d’un autre devoir. » Fin de citation du RAMBAM (chap.13 des règles relatives au meurtrier et à la préservation de la santé).

Voici la question soumise à notre maitre le Rav z.ts.l, publiée dans son livre Chou’t Yé’havé Da’at (vol.5 chap.65):
Si un véhicule tombe en panne au milieu d’une route entre deux villes, et que le conducteur se tient sur la route, désespéré, y a-t-il une Mitsva ou une obligation selon le Din pour les autres conducteurs constatant la panne de s’arrêter et de porter assistance selon leur possibilité au conducteur dans la détresse, aussi bien en essayant de réparer le véhicule, ou en prodiguant un bon conseil?

Notre maitre le Rav z.ts.l cite les propos du RAMBAM que nous avons mentionnés, et il écrit que nous devons apparemment en déduire que lorsque l’on voit son prochain se trouvant dans la détresse d’une panne de véhicule, on est tenu de lui venir en aide pour la réparation du véhicule dans la mesure du possible.
Mais il y a encore matière à réfuter en disant que toute l’exigence de la Torah d’aider son prochain à décharger son animal, ne concerne qu’un animal, pour lequel il y a une notion de souffrance (Tsa’ar Ba’alé ‘Haïm), et c’est probablement à cause de la souffrance de l’animal que la Torah ordonne d’aider à décharger le poids de l’animal.
Mais lorsqu’il ne s’agit pas d’animal, comme une voiture par exemple, il n’y aurait pas d’obligation à porter assistance à une personne dont le véhicule est tombé en panne.

Cependant, le RAMBAM poursuit et explique:
« Lorsque la Torah parle de l'âne de ton ennemi, il ne s’agit pas d’un non-juif mais d’un juif. Cela signifie que ce devoir concerne les juifs. »
Le RAMBAM demande : « Comment est-il possible qu’un juif puisse avoir un ennemi ? La Torah ordonne pourtant : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur » ? En réalité nos maitres enseignent qu’il s’agit d’un cas où on a vu son prochain commettre une transgression et on l’a prévenu (en lui disant : « Ce que tu fais est interdit ! »), et le fauteur n’a pas corrigé son attitude (il a poursuivit sa transgression), dans un tel cas il est un devoir de le haïr jusqu’à ce qu’il se repent et qu’il revienne à un meilleur comportement. Même s’il ne s’est pas encore repenti, si on le trouve dans la panique à cause de la charge de son animal, il est un devoir de charger et décharger avec lui, et ne pas l’abandonner en s’en allant, de peur qu’il reste sur la route pour surveiller son bien et qu’il se mette en danger. Or, la Torah tient à toutes les âmes du peuple d’Israël, aussi les impies que les justes, puisqu’ils sont tous rattachés à Hachem et ont foi dans les fondements de la religion. »

Il ressort donc des propos du RAMBAM que la raison au devoir de décharger ne provient pas de la souffrance de l’animal, mais plutôt de l’aide que l’on doit apporter à un juif dans la détresse, et ne pas l’abandonner dans la panique et le désespoir.

A partir de là, il semble que selon l’opinion du RAMBAM selon qui la raison au devoir de décharger le poids de l’animal est liée à la souffrance du juif propriétaire de l’animal ou de la charge, il n’y a donc pas de différence entre l’animal d’un juif et sa voiture en panne au milieu de la route, en particulier du fait qu’il peut parfois se mettre en danger ainsi, comme il est arrivé maintes fois.
Par conséquent, même dans notre cas il est un devoir et une obligation pour tout conducteur expérimenté ou garagiste voyant un juif dont la voiture est tombée en panne, de s’arrêter sur le bas-côté et de lui porter assistance dans la réparation du véhicule ou autre.
C’est ainsi que tranche le ‘Arou’h Ha-Choul’han, concernant un chariot attaché à un cheval, dont une des roues s’est brisée, tout homme constatant le coché dans cette situation est tenu de lui porter assistance dans la mesure du possible, jusqu’à ce que le coché réussisse à conduire le chariot de manière correcte.

C’est pourquoi il semble que même dans notre cas où la voiture est tombée en panne au milieu de la route, il est un devoir et une obligation d’apporter notre aide à ses occupants dans la mesure du possible, et quoi qu’il en soit, il s’agit là au moins d’un devoir de ‘Hessed (pratiquer le bien), et le monde a été créé pour la pratique du bien.

Nous voyons de tout ceci à quel point la sainte Torah nous guide afin d’être sensible à autrui, et ne pas voir son prochain dans la détresse et se dérober de lui.

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