Halacha pour mercredi 23 Tammuz 5769 15 juillet 2009

Pour la guérison totale de :
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Mickaël Ben Louise Emouna
Oria Malka Bat Linda Suzanne
Michelle Bat Daisy Esther (Amar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Clotilde Lucienne Messaouda Ora Bat Myriam
Rav Ron Moché Ben Aviva (Chaya) z''l
Ra'hamim Ben David (Abi'hsira) z"l
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l
Ichaï Ben Sa'adya (Levi) z''l
Mordé'haï Ben Moché (Bensadoun) z''l
Germaine Rivka Bat Rachel Léa (Atlani) z''l

Le haut-parleur

Question

 

Est-il possible de s’acquitter de bénédictions – comme lors d’une H’oupa ou autre – lorsque la voix de celui qui les récite est entendue grâce à un haut-parleur ?

 

Réponse

 

Nous avons expliqué à plusieurs occasions le principe de « Choméa’ Ké-’Oné ». Selon ce principe, la personne qui entend de la bouche de quelqu’un d’autre une bénédiction ou bien la lecture de la Méguila, ou toute autre chose de laquelle on s’acquitte par récitation, si les deux personnes – celle qui récite et celle qui écoute – ont l’intention mutuelle d’acquitter et de s’acquitter, la personne qui écoute est quitte de son obligation par le principe de « Choméa’ Ké-’Oné » selon lequel l’auditeur est comme celui qui récite lui-même la bénédiction.

 

A présent, nous devons débattre afin de définir si l’on s’acquitte de l’obligation d’une bénédiction lorsque celui qui la récite fait retentir sa voix à travers un haut-parleur ou un micro, ou bien nous ne sommes quittes par audition uniquement lorsqu’on entend la voix de celui qui récite de façon naturelle. Ce problème est très fréquent lors des mariages, car lorsque le Rav qui célèbre le mariage récite les bénédictions de la H‘oupa et que la salle est grande, il est très pratique d’utiliser un micro.

 

Concernant le fait d’entendre par la Radio une retransmission même « en direct », il est évident et établi que l’on ne puisse se rendre quitte par une telle écoute, car la voix entendue grâce à la Radio n’est absolument pas celle de celui qui récite, mais seulement une sorte de « copie » de sa voix, et il est donc certain que l’on ne peut s’acquitter de son obligation dans de telles conditions.

 

Mais pour ce qui est du haut-parleur et du micro, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit que si la voix de celui qui récite avait été entendue même sans la présence du haut-parleur ou du micro, on est quitte de l’obligation de la bénédiction, car le haut-parleur ne modifie en rien la voix de celui qui récite au point de ne pas s’en acquitter, puisque même sans le haut-parleur la voix aurait été entendue, et si l’on avait entendu cette voix naturelle, on serait quitte de l’obligation.

 

Cependant, certains imposent la rigueur sur ce point et objectent sur les propos de notre maître le Rav Chlita, car du fait de la grande intensité de la voix qui sort du haut-parleur, la voix naturelle de celui qui récite ne peut être perçue, puisque si un autre son sortait au même moment de ce même haut-parleur – comme de la musique par exemple – au même niveau d’intensité que la voix qui sort du haut-parleur, dans de telles conditions la voix de celui qui récite n’aurait absolument pas été perçue en raison du niveau sonore provenant de l’autre son. Comment peut-on considérer que l’on s’acquitte d’une obligation par une voix naturelle qui est inaudible ? Nous n’entendons dans ce cas que la voix reproduite par le haut-parleur.

 

Mais notre maître le Rav Chlita pense que ces arguments ne suffisent pas pour considérer la voix naturelle de celui qui récite comme inexistante dans ce cas, car en réalité même si l’on entendait au même moment d’autres sons – comme de la musique ou autre – sortant de ce même haut-parleur au même niveau que la voix de celui qui récite, même si l’on ne pouvait pas percevoir la voix, nous pourrions malgré tout l’entendre, mais que les autres sons empêcheraient de percevoir cette voix, et c’est pourquoi il est inconcevable de s’acquitter d’une bénédiction récitée par une personne dont on ne distingue absolument pas la voix. Mais lorsque l’on récite à travers un haut-parleur, et que c’est la voix de celui qui récite qui est entendue dans le haut-parleur, il ne manque donc aucun élément, puisque nous « entendons » la voix de celui qui récite, et nous « percevons » cette voix étant donné que le haut-parleur amplifie la voix et que les mots de la bénédiction sont correctement entendus.

 

Par conséquent, du point de vue pratique, on peut autoriser de faire retentir sa voix à travers un micro pour faire entendre les bénédictions de la H’oupa ou toute autre bénédiction desquelles on s’acquitte par récitation. Le Din est le même pour la lecture de la Méguila ou toute autre chose similaire, car puisque la voix naturelle de celui qui récite aurait été entendue même sans la présence du haut-parleur, et que l’on peut la distinguer puisque lorsqu’elle est amplifiée par le haut-parleur elle est entendue de façon très claire, nous devons donc considérer que l’on est quitte de son obligation dans de telles conditions.

 

Malgré tout, certains imposent la rigueur sur ce point. Telle est l’opinion du Gaon Rabbi H‘aïm Pinh’ass CHEINBERG Chlita qui fait partie des grands décisionnaires de notre génération. Il tient absolument à ne jamais réciter les bénédictions de la H’oupa par l’intermédiaire d’un haut-parleur, mais uniquement par sa voix naturelle.

Puisque nous avons cité son opinion sur le sujet, nous allons également faire mention d’une très belle anecdote qui reflète la qualité de Dérèh’ Erets (savoir vivre) de ce Gaonn.

Un jour, le Rav H‘aïm Pinh’ass CHEINBERG Chlita fut sollicité pour réciter les bénédictions d’une H’oupa en présence de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita. Le Rav CHEINBERG tremblait littéralement – du fait de sa grande crainte d’Hachem - à l’idée qu’il devra peut-être réciter les bénédictions par l’intermédiaire du haut-parleur alors qu’il considère personnellement que dans de telles conditions, les bénédictions sont considérées en vain.

Lorsque ses proches constatèrent son état d’angoisse, ils lui dirent :

« Nous allons tout simplement couper le haut-parleur et ainsi vous pourrez réciter les bénédictions de la H’oupa à votre façon, sans haut-parleur. »

Mais le Rav refusa catégoriquement cette solution en expliquant que puisque le Grand de la génération, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita est présent, on pourrait considérer un tel geste rigoureux comme de l’effronterie à son égard puisqu’il considère qu’une telle chose est permise. Le Rav H‘aïm Pinh’ass CHEINBERG Chlita – malgré toutes ses craintes Halah’iques – récita donc les bénédictions de la H’oupa par l’intermédiaire du haut-parleur, en s’appuyant sur l’opinion de notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita qui considère qu’il n’y a absolument pas la moindre crainte dans ces conditions.

« Que le sage entende et en prenne leçon ! »

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