Halacha pour lundi 1 Cheshvan 5787 12 octobre 2026

Pour la guérison totale de :
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Mickaël Ben Louise Emouna
Oria Malka Bat Linda Suzanne
Michelle Bat Daisy Esther (Amar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Clotilde Lucienne Messaouda Ora Bat Myriam
Rav Ron Moché Ben Aviva (Chaya) z''l
Ra'hamim Ben David (Abi'hsira) z"l
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l
Ichaï Ben Sa'adya (Levi) z''l
Mordé'haï Ben Moché (Bensadoun) z''l
Germaine Rivka Bat Rachel Léa (Atlani) z''l

Les boissons alcoolisées (Cognac ; Brandy ; Champagne) – Les juifs naufragés

Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué la règle selon laquelle nos maîtres ont décrété une sévère interdiction sur le vin des non-juifs, interdiction qui inclut non seulement un interdit de le consommer, mais aussi un interdit d’en tirer profit. (S’il s’agit d’un vin fabriqué par un musulman, il n’est interdit qu’à la consommation et non au profit, comme nous l’avons expliqué).

Le Champagne
Concernant le Champagne sans surveillance rabbinique, il ne fait aucun doute qu’il est interdit à la consommation et au profit, tant qu’il n’a pas été fabriqué sous le contrôle d’un organisme de Cacheroute officiel, car le champagne est du vin véritable, mais qui n’a pas achevé son processus de fermentation dans les futs, et c’est pour cette raison qu’il pétille encore dans la bouteille. Mais excepté cette différence, il a le même statut que le vin en tout point, et sa bénédiction est « Boré Péri Ha-Guéfen ».
Par conséquent, s’il n’a pas été fabriqué sous contrôle rabbinique, il est strictement interdit à la consommation et au profit.

Le Cognac (ou Brandy)
Concernant le Brandy – qui est le Cognac – nous devons citer les propos de MARAN, dans le Choul’han ‘Arou’h (Y.D chap.123) :

Le AGOA ARDIENTI (boisson que les décisionnaires apparentent au Cognac), fait à base du vin d’un non juif, est interdit au profit (comme à la consommation), comme le vin lui-même.
Le RAMA ajoute :

Il s’agit d’une liqueur que l’on fabrique à base de Yaïn Nésse’h (vin des non juifs, qu’ils dédient à leurs idoles). Cette boisson est interdite, et bien qu’elle ne soit fabriquée qu’à base de vapeur de vin, elle est malgré tout considérée comme le vin lui-même.

Cela signifie que même une boisson faite à base de vin que l’on a fait bouillir, et dont on a utilisé la vapeur pour fabriquer une autre boisson, si cette boisson a été faite à base d’un vin des non-juifs, elle est interdite à la consommation et au profit.

L’étonnement de notre maitre le Rav z.ts.l
Cependant, le Gaon Rabbi Yossef MESSAS z.ts.l
(il fut le Rav de la ville de ‘Haïfa, et le cousin du Gaon Rabbi Chalom MESSAS z.ts.l) écrit dans son livre Otsar Ha-Mi’htavim que « l’usage de ceux qui s’autorisent la consommation de cognac ou de ces boissons dérivées du vin, sans aucune surveillance rabbinique, est justifiable ».
Il fait remarqué que si l’on s’attarde sur les termes précis employés par le RAMA, on constate qu’il parle d’une boisson que l’on fabrique à base de « YAÏN NESSE’H » (vin dédié à l’idolâtrie), autrement dit, il n’y a d’interdit que lorsque la boisson a été fabriquée à base d’un vin qui a véritablement été dédié à l’idolâtrie.
Mais lorsqu’il s’agit simplement du vin d’un non juif, sans aucune présomption qu’il a été dédié ou pas à l’idolâtrie, même si ce vin lui-même est interdit à la consommation, son interdiction ne s’étend pas jusqu’aux boissons que l’on fabriquera de lui.
Or, nous savons que l’idolâtrie, au sens véritable du terme, n’est plus tellement fréquente de nos jours (même chez les chrétiens, il n’est pas fréquent qu’ils dédient à leurs idoles, le vin qu’ils produisent).
Par conséquent, selon le Gaon Rabbi Yossef MESSAS z.ts.l, nous pourrions autoriser les boissons fabriquées à base de vin des non juifs, et il en est de même pour le Cognac sans surveillance rabbinique officielle.

Mais notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l fut stupéfait des propos du Gaon Rabbi Yossef MESSAS z.ts.l sur ce sujet !!
En effet, la décision Halachique de MARAN, citée plus haut, prend sa source dans les enseignements du RIVACH, où il est écrit explicitement que la règle est la même pour le « simple » vin d’un non juif (« Stam Yénam », le vin d’un non-juif, même si l’on ignore s’il l’a oui ou non dédié à l’idolâtrie) !
En d’autres termes, même un vin sur lequel il n’y a aucune présomption particulière que le non juif l’a dédié à l’idolâtrie, l’interdit persiste, puisque nos maîtres l’ont interdit à la consommation, ils ont également interdit toute boisson fabriquée à base de ce « simple » vin du non juif.
Notre maître le Rav z.ts.l réfute donc totalement les propos du Gaon Rabbi Yossef MESSAS z.ts.l sur ce point, avec des arguments très clairs, et il écrit en conclusion, qu’il est strictement interdit de consommer le Cognac ou le Brandy ou toute autre boisson fabriquée à base de vin, sans surveillance rabbinique agrée, car tous ces types de boissons sont fabriquées par des non juifs, à base de vins de non juifs, et sont donc interdits à la consommation et au profit.

Il faut aussi préciser que tout le débat des décisionnaires que nous avons cité, ne concerne que des boissons fabriquées à base de vapeurs de vin, (comme la fabrication de l’« ARAK »).
Par contre, le Cognac ou le Brandy ne sont absolument pas fabriqués à base de vapeur de vin, pour que leur autorisation soit envisageable, mais au contraire, ils sont fabriqués véritablement à base de vin distillé lors d’une longue cuisson, puis vieilli durant quelques années, jusqu’à ce qu’il obtienne son goût.
Il s’agit donc de véritable vin vis-à-vis de l’interdit de « Yaïn Nésse’h » et de son dérivé « Stam Yénam ».
Il est évident que son interdiction est indiscutable, s’il n’a pas été fabriqué sous une surveillance rabbinique officielle et fiable.
Il faut donc protester contre ceux qui se l’autorisent en s’appuyant sur des arguments inexacts.

Petit rappel historique : Le Cognac fut découvert suite à l’exportation - au 17ème siècle - des vins français de la ville de Cognac vers l’Angleterre et les pays du nord de l’Europe.
Les commerçants anglais demandèrent aux grossistes français de distiller davantage le vin, afin de diminuer le poids des fûts de vin, dans le but de diminuer également les taxes d’entrées de la marchandise sur le territoire anglais. Une fois le vin arrivé en territoire anglais, les commerçants anglais y ajoutaient de l’eau et le vendaient en tant que vin. Une guerre éclata entre la France et l’Angleterre, et les producteurs français se retrouvèrent avec une grande quantité de fûts remplis de vin distillé.
Au bout de quelques années, ils le goûtèrent et constatèrent qu’il avait bon goût.
Ils lui donnèrent le nom de « Cognac », du nom de la ville où il fut produit.
Le nom « Brandy » est issu du hollandais « Brandewijn » signifiant « vin brûlé », du fait de son importante distillation.
  

Celui qui a trébuché sur la faute de consommer un vin des non-juifs
Le ‘Hassid Rabbi Yossef Ya’bets
(beau-frère de l’auteur du Livre « Ha’akeda ») - qui vivait à l’époque de l’expulsion des juifs d’Espagne – raconte qu’un jour, deux juifs voyageaient à bord d’un bateau et fuyaient l’Espagne vers un autre pays.
Lorsque le bateau était en haute mer, une tempête écala et le bateau coula.
Grâce à de véritables miracles, les deux juifs réussirent à attraper des morceaux de bois, jusqu’à ce que la mer les ramène sur les cotes d’Espagne, où ils devaient cacher leur judaïté.

Puisqu’ils n’avaient rien d’autre que leur vêtement sur eux, chacun d’eux alla frapper aux portes des maisons, en cherchant quelqu’un qui accepterait de les accueillir quelques jours, jusqu’à ce qu’ils reprennent des forces et qu’ils puissent de nouveau voyager vers la destination de leur choix.
Chacun trouva en effet un lieu d’hébergement dans des maisons différentes, où ils mangèrent et consommèrent de tout ce qu’on leur servit durant plusieurs jours.
Arriva le jour où ils purent de nouveau s’embarquer à bord d’un bateau, et ils se séparèrent de leurs hôtes respectifs. Lorsque l’un des deux était sur le point de quitter son hôte, celui-ci se tourna vers son invité et lui dit :
« Ton visage indique que tu es juif. Saches que je suis moi aussi un juif secret ! Tout ce que tu as consommé dans ma maison était conforme à une Cacherout des plus pointilleuses ! Je fais moi-même la « Ché’hita » (abattage rituel) dans la cave de la maison, et je produis moi-même le vin. »
Le juif se réjouit grandement, et il se sépara de son hôte.

Lorsque les deux juifs se retrouvèrent au port, ils se racontèrent mutuellement leurs aventures. Lorsqu’ils arrivèrent à leur destination, le deuxième des deux juifs alla consulter le Rav de la ville en lui demandant avec amertume et en pleurant :
« Pourquoi mon ami a eut le mérite de manger et de boire de façon strictement Cacher, alors qu’à mon grand désarrois, j’ai été forcé de consommer des viandes non-Cacher même (pour des raisons évidentes de danger de mort) dans la maison d’un non-juif ?! »
Le Rav lui répondit :
« As-tu un jour trébuché volontairement sur la faute de consommer des aliments interdits ? »
Le juif réfléchit un moment et raconta qu’un jour, lorsqu’il était très jeune, il alla avec ses camardes dans une forêt afin de chasser, et ses amis avaient déposé sur place plusieurs sortes de fromages non Cachers, ainsi qu’un vin de bonne qualité, lui aussi non Cacher.
« Je n’ai pas pu me retenir – dit le juif au Rav – et j’ai goûté moi aussi les aliments. Mais je me garde bien d’introduire dans ma bouche des aliments très gravement interdits, comme de la viande non-Cacher ! »

Le Rav répondit :
« Ton ami – qui n’a jamais introduit un aliment interdit dans sa bouche – a été préservé depuis le Ciel afin qu’il ne trébuche jamais sur la faute de consommer des aliments interdits. Toi par contre – qui a dédaigné l’interdit de consommer des fromages et du vin de non-juifs, tu n’étais pas digne de recevoir une telle protection depuis le Ciel. »

Puisse Hachem nous donner le mérite de ne jamais introduire dans notre bouche, ni d’en sortir, une chose interdite, pour tout jamais !

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