Commentaires rédigés par Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit
רְאֵה, אָנֹכִי נֹתֵן לִפְנֵיכֶם--הַיּוֹם: בְּרָכָה, וּקְלָלָה. (דברים יא-כו)
Regarde ! Je place devant vous aujourd’hui, la Bénédiction et la Malédiction. (Dévarim 11-26, premier verset de notre Paracha)
Le peuple d’Israël n’est pas géré de la même façon que les autres nations.
Il n’est pas soumis aux règles de la nature, et il ne connait pas de chemin intermédiaire entre la Bénédiction et la Malédiction, comme les autres nations.
Un seul choix se présente au peuple d’Israël :
La Bénédiction, c'est-à-dire, le sommet de la réussite dans tous les domaines, la santé, la richesse, les honneurs et le pouvoir.
La Malédiction, c'est-à-dire la descente vers les niveaux les plus bas de la condition humaine.
Si Israël marche dans les voies d’Hachem, la Bénédiction sera leur part quotidienne, et ils atteindront les plus hauts niveaux de la réussite, au sens le plus large du terme. Si - ‘Hass Véchalom (qu’Hachem nous en préserve) – ce n’est pas le cas, ils tomberont dans les bras de la Malédiction, et ils seront les êtres les plus méprisés parmi les nations.
Il n’existe pas de voie intermédiaire pour Israël !!
La Guemara Kétoubott (66b) raconte :
Un jour, Rabban Yo’hanan Ben Zakaï chevauchait son âne et sortait de Jérusalem, accompagné de ses élèves.
Il aperçut une jeune femme qui ramassait des grains d’orge parmi les excréments des animaux appartenant aux arabes.
A la vue de Rabban Yo’hanan Ben Zakaï, la jeune femme couvrit ses cheveux et se leva devant lui. Elle lui dit :
« Rabbi ! Nourris-moi ! »
Rabban Yo’hanan Ben Zakaï lui répondit :
« Ma fille, qui es-tu ? »
La jeune femme lui dit :
« Je suis la fille de Nakdimonn Ben Gourionn » (qui était un des hommes les plus riches de Jérusalem avant la destruction du 2ème Temple. Voir Guémara Guittin 56a)
Rabban Yo’hanan Ben Zakaï lui demanda :
« Où est passée la richesse de ton père ?! »
La jeune femme lui répondit :
« A Jérusalem on s’exprime à travers des images, n’est-ce pas ? Le sel de l’argent, c’est sa diminution (Pour faire fructifier son argent, il faut le diminuer en l’offrant à la Tsédaka, ou en l’utilisant pour pratiquer le bien. Cela signifie que son père Nakdimonn Ben Gourionn n’avait pas donné de son argent à la Tsédaka, et c’est pour cette raison qu’il avait tout perdu. Rachi).
Rabban Yo’hanan Ben Zakaï lui demanda encore :
« Et l’argent de ton beau-père, qu’en est-il advenu ? »
La jeune femme lui répondit :
« L’un a détruit l’autre. » (Le beau-père était le garant de Nakdimonn Ben Gorion. Rachi).
La jeune femme demanda à Rabban Yo’hanan Ben Zakaï :
« Te souviens-tu lorsque tu as signé ma Kétouba ? »
Rabban Yo’hanan Ben Zakaï se tourna vers ses élèves et leur dit :
« Je me souviens du jour où j’ai signé moi-même la Kétouba de cette jeune femme, et il y avait écrit la somme suivante : des milliers de Dinars en or comme dote de la maison de son père, sans compter ce qu’elle reçut de son beau-père !! »
Rabban Yo’hanan Ben Zakaï se mit à pleurer et dit :
« Israël est un peuple heureux ! Lorsqu’ils accomplissent la volonté d’Hachem, aucune nation ne peut les vaincre, mais lorsqu’ils n’accomplissent pas la volonté d’Hachem, Hachem les place entre les mains de la nation la plus basse, et non seulement entre les mains de la nation la plus basse, mais il les place avec leurs animaux !! »
Une question est posée sur cette histoire :
Pourquoi Rabban Yo’hanan Ben Zakaï s’exclame-t-il en disant : « Israël est un peuple heureux ! » au moment où il fait le constat de l’état catastrophique du peuple d’Israël ?
Mais en réalité, Rabban Yo’hanan Ben Zakaï réalise - en voyant cette image - que le peuple d’Israël n’est réellement pas soumis aux règles de la nature, mais uniquement à la seule bienveillance Divine.
Combien de nations ont été persécutées, pourchassées, asservies par d’autres nations, mais aucune n’a atteint un niveau aussi bas, comme le fait que la femme la plus riche du peuple se rabaisse à ramasser des grains d’orge parmi les excréments des animaux, pour rassasier sa faim.
C’est donc le signe le plus révélateur que le peuple d’Israël n’est pas géré de façon naturelle, et c’est justement son plus grand bonheur, car sinon, d’où leur vient leur capacité à survivre – au moins en tant que « petit peuple » parmi les grandes et fortes nations qui l’entourent et qui l’oppressent ?!
S’il est donc vrai que le peuple d’Israël ne doit pas sa survie aux règles de la nature, mais uniquement à la seule volonté d’Hachem, l’espoir est grand que lorsqu’ Israël décidera de faire Téchouva, de se repentir sincèrement, ils retourneront vers le sommet de leur ascension, vers le sommet de la Bénédiction et de la réussite, comme le veut Hachem.
Israël est donc un peuple heureux pour avoir mérité un tel sort privilégié !!!
Chabbat Chalom !