Commentaires rédigés par le Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit
En Erets Israël, nous lisons ce chabbat uniquement la Paracha de Balak
‘Houkat - Les menaces des nations sont-elles à prendre au sérieux ?
(Tiré du livre « Mi-Choul’han Gavoha »)
וַיֹּאמֶר אֵלָיו אֱדוֹם, לֹא תַעֲבֹר בִּי--פֶּן-בַּחֶרֶב, אֵצֵא לִקְרָאתֶךָ. (במדבר כ-יח)
Edom lui répondit : « Tu ne traverseras pas mon territoire, car je sortirais peut-être contre toi avec l’épée. » (Bamidbar 20-18)
Contexte : Israël traverse le désert et doit passer par le territoire d’Edom (descendants de ‘Essav) pour arriver jusqu’en Erets Israël. Israël lui envoi des messagers afin de lui demander s’ils peuvent seulement traverser son territoire, mais Edom refuse et menace Israël de lui faire la guerre.
Question : Pourquoi Edom emploi-t-il le terme '' פן '' (« peut-être »), qui laisse entendre une incertitude, alors que le terme '' כי '' (« car ») aurait été plus certain et beaucoup plus menaçant ?
Réponse : Le Gaon et Tsaddik Rabbi Pin’hass Mi’haël de ANATOPOL z.ts.l répond en citant l’enseignement de nos maîtres sur le verset :
... הַקֹּל קוֹל יַעֲקֹב, וְהַיָּדַיִם, יְדֵי עֵשָׂו. (בראשית כז-כב)
La voix est celle de Ya’akov, mais les mains sont celles de ‘Essav. (Béréchit 27-22)
En effet, nos maîtres commentent ce verset dans l’introduction au Midrach Rabba sur E’ha : Lorsque la voix est celle de Ya’akov – lorsque la voix de l’étude de la Torah et de la prière retentit dans les maisons d’étude et dans les synagogues, les mains de ‘Essav n’ont pas d’emprise sur Israël. Mais lorsque la voix n’est pas celle de Ya’akov – lorsque les juifs se désintéressement de l’étude de la Torah et désertent les synagogues, les mains de ‘Essav reprennent le dessus sur Israël.
C’est pourquoi Edom ne peut pas menacer de façon catégorique, car il ignore s’il aura – oui ou non – de l’emprise sur Israël, puisque sa domination dépendra de l’intérêt que porte Israël à l’étude et à la prière.
Cet enseignement nous montre à quel point notre sécurité ne dépend que de notre assiduité dans l’étude de la Torah et dans la qualité de notre prière quotidienne !!!
Alors que nous déplorons à notre époque de véritables persécutions de la part d’autorités qui se disent « juives » envers des gens qui ont sacrifié leur existence pour étudier la Torah, donc pour anéantir toute chance des nations de nous nuire !!
C’est de la reconnaissance et non de la violence que l’on devrait exprimer envers les Avré’him et Ba’houré Yéchvot !! Qu’Hachem ait pitié d’un Etat qui se dit « juif » !
La menace des nations reste incertaine, et peut totalement disparaître par notre volonté à étudier la Torah et à prier !!
Balak – La véritable royauté
וַיַּרְא בָּלָק, בֶּן-צִפּוֹר, אֵת כָּל-אֲשֶׁר-עָשָׂה יִשְׂרָאֵל, לָאֱמֹרִי. (במדבר כב-ב)
Balak, fils de Tsipor, vit tout ce qu'Israël avait fait au peuple de Emori
(Bamidbar 22, 2)
Question : Pourquoi le titre de Balak – « roi de Moav » – n’apparaît-il pas ici, alors qu’il sera mentionné deux versets suivants :
... וּבָלָק בֶּן-צִפּוֹר מֶלֶךְ לְמוֹאָב, בָּעֵת הַהִוא. (שם ד)
… et Balak, fils de Tsipor, était roi de Moav en ce temps-là » (Ibid.4) ?
Réponse : Rabbeinou Ba‘hyé (Espagne il y a environ 700 ans) explique que le texte nous révèle ici à quel point Balak était terrifié.
Sachant qu’Israël avait littéralement anéanti deux puissantes nations et leurs souverains, Si‘hon et ‘Og – comme le dit le 1er verset de notre Paracha cité au début de nos propos : Balak, fils de Tsipor, vit tout ce qu'Israël avait fait au peuple de Emori – il éprouva une telle peur qu’il cessa de se considérer lui-même comme un roi.
Voilà pourquoi ce premier verset de la Paracha ne fait pas mention de son titre.
Au sujet de l’étude de la Torah, le Pirké Avot (chap.6 Michna 1) nous apprend que l’une des conséquences positives pour celui qui étudie la Torah de façon sincère et désintéressée, est que la Torah « l’habillera » d’humilité.
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit dans son livre Anaf Ets Avot sur les Pirké Avot, que lorsque l’on étudie la Torah, et que nous faisons connaissance avec l’incommensurable stature de nos maîtres, les Tanaïm (sages de la Michna), les Amoraïm (sages de la Guémara), ou bien les décisionnaires de la Halacha, nous prenons alors conscience de notre insignifiance et de notre niveau si bas.
Nous constatons que dans leur grande sagesse, nos maîtres ont tout envisagé, et que nous ne sommes là que pour intégrer toute cette immense sagesse !
A partir de là, nous pouvons apprendre, à l’instar du roi Balak vis-à-vis de la puissance qu’Hachem accorde à Israël, que nous aussi, devant la grandeur et l’immense sagesse des maîtres de notre génération, nous devons cesser de nous considérer comme des « rois » !
Chabbat Chalom !