Halacha pour dimanche 6 Tammuz 5786 21 juin 2026

Pour la guérison totale de :
Nissim Ben 'Hanna (Roubach)
Mickaël Ben Louise Emouna
Oria Malka Bat Linda Suzanne
Michelle Bat Daisy Esther (Amar)

Pour l'élévation de l'âme de :
Clotilde Lucienne Messaouda Ora Bat Myriam
Rav Ron Moché Ben Aviva (Chaya) z''l
Ra'hamim Ben David (Abi'hsira) z"l
Jacques Jacky Yaakov Ben Chalom (Ben Adiba) z''l
Alain Chélomo Ben Avraham (Sebban) z"l
Eliyahou El'hanan Its'hak Ben Yoël (Bouhnik) z"l
Georges Jojo Nissim Ben Moché (Hadjadj) z"l
Yvonne Ouarda Bat Sultana (Hadjadj, née Fitoussi) z"l
Ichaï Ben Sa'adya (Levi) z''l
Mordé'haï Ben Moché (Bensadoun) z''l
Germaine Rivka Bat Rachel Léa (Atlani) z''l

Corriger des enfants

Il est enseigné dans la Guémara Mo’ed Katan (17a), qu’une servante de la maison de Rabbi (Rabbénou Yéhouda Ha-Nassi, appelé aussi « Rabbénou Ha-Kadoch », le compilateur de la Michna), vit un homme en train d’administrer une correction à son grand fils, c’est-à-dire, un fils qui n’était déjà plus un jeune enfant.
Elle dit : « Que c’est homme soit excommunié (déclaré en « Niddouï »), car il transgresse l’interdit « Tu ne placeras pas l’embuche devant l’aveugle ! ».
Rachi commente : Etant donné que ce fils n’était plus un jeune enfant, son père – en le frappant – peut entraîner son fils à dédaigner et à humilier son père. De ce fait, le père le fait trébucher sur un interdit.
La Guémara ajoute que nos maîtres ont tenu compte de cette excommunication durant 3 ans.

Nous avons déjà fait mention antérieurement des propos du RAMBAM, selon lesquels il est interdit à un homme d’alourdir exagérément le poids de sa personnalité sur ses enfants, afin de ne pas les faire trébucher sur le devoir du respect des parents.
A fortiori, de ne pas les corriger physiquement de manière disproportionnée, car ainsi le père est davantage susceptible de leur faire transgresser un interdit de la Torah.
C’est ainsi que tranche MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h, qu’il est interdit à un père de corriger physiquement son grand fils, par crainte que le fils défie son père, et lui rende les coups reçus. Le père aura ainsi transgressé l’interdit de placer l’embuche devant l’aveugle.
Il est évident qu’il n’y a aucune différence entre un fils et une fille sur ce point.

Le RAMA précise que lorsqu’il est question ici de « grand fils », il ne s’agit pas d’un garçon de 13 ans, mais d’un garçon de 22 ans, qui est plus enclin à défier son père.
Cependant, les propos du RAMA ne sont justes que vis-à-vis de son époque
(le RAMA vivait il y a 500 ans), où les enfants se comportaient avec beaucoup de soumission en présence de leurs parents. Mais à notre époque où – malheureusement – l’effronterie a augmenté de manière draconienne, il ne fait aucun doute que l’interdit de corriger physiquement son enfant démarre à un âge beaucoup plus jeune, comme l’écrit le RYTBA, dont voici les termes :
« Il semble qu’il ne s’agit pas là d’un véritable grand fils, et cela dépend plutôt de la nature de l’enfant. S’il y a un risque que l’enfant défie le père par la parole ou par l’acte, même si l’enfant n’est pas encore Bar Mitsva, il n’est pas souhaitable de l’entraîner à transgresser l’interdit de la Torah de frapper ou de maudire son père.

Il faut en revanche l’amadouer verbalement. » Fin de citation du RYTBA.
C’est ainsi que tranche également notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l.

Le RAMBAM écrit que celui qui enseigne aux enfants (au temps de nos maîtres du Talmud, il était d’usage que l’enseignant frappe un enfant qui s’était mal comporté, afin de l’éduquer) doit frapper les élèves au moyen d’une petite lanière, afin de leur inspirer la crainte, mais il n’est pas autorisé à les frapper avec animosité et de façon cruelle.
Par conséquent, il ne doit pas les frapper avec un fouet ou avec un bâton.
Notre maître le Rav z.ts.l écrit que la règle est la même pour un père vis-à-vis de son enfant, le père doit se comporter envers ses enfants, comme un père qui a pitié d’eux.

Le Gaon auteur du livre Pélé Yo’ets (le Gaon Rabbi Eli’ezer PAPO, qui était le Rav de la ville de Silistra, dans a région de Dobrogée en Bulgarie il y a environ 200 ans) écrit que même si l’enfant est jeune, dès lors où le père sait que son fils n’accepte pas l’autorité – comme de notre époque où l’effronterie est malheureusement en pleine croissance et où l’on voit un fils bousculer son père – le père comme la mère nécessitent un esprit équilibré afin de ne parler à leurs enfants que de manière tendre.

Notre maître le Rav z.ts.l écrit encore que même lorsqu’il y a matière à corriger physiquement un enfant afin de l’éduquer, il est bon de ne pas le corriger au moment où l’on est soi-même en colère, par crainte de le corriger exagérément en conséquence à la colère. Or, celui qui corrige physiquement son enfant de manière inutile, sa faute sera trop lourde à porter, car celui qui lève la main contre son prochain, est qualifiable de « Racha’ » (impie).
Il faut aussi agir avec sagesse, de sorte à ne jamais arriver à des situations difficiles, comme c’est arrivé dans de nombreux cas où les enfants sont allé porter plainte à la police contre leurs parents qui les avaient corrigés physiquement, ce qui n’engendrerait que honte et querelle.

Il est utile de préciser que certains sages de notre génération (comme le Tsaddik Rabbi Chélomo WOLBE z.ts.l) sont d’avis qu’il ne faut absolument plus corriger physiquement les enfants à notre époque, car cela fait naître une relation malsaine et non-chaleureuse entre les enfants et leurs parents, ce qui engendre de très lourdes conséquences pour l’avenir des enfants.
L’expérience a prouvé que des parents ayant éduqué leurs enfants sous un régime dur et sans concessions, ont généralement finis par constater que leurs enfants se sont écartés du bon chemin, et ont rejeté tout ce qui était le plus saint et le plus précieux aux yeux de leurs parents. Sans compter la distance morale qui s’installe entre les enfants et les parents, et le manque d’engagement des parents dans la vie des enfants.
Tout ceci, parce qu’un enfant de notre génération ne peut s’identifier à un homme qui l’éduque de manière dure.
En parallèle, celui qui va lentement avec ses enfants, avec patience, calme et compréhension, méritera d’obtenir un lien plus positif avec ses enfants, de sorte que même lorsqu’ils seront grands, il pourra trouver les chemins qui mènent à leurs cœurs, afin de les influencer dans le bon chemin et les orienter vers de bons niveaux.

C’est pourquoi, chacun doit avoir la vigilance de se comporter avec sagesse et intelligence dans l’éducation de ses fils et de ses filles, et prier Hachem afin qu’Il le guide vers le bon chemin, pour mériter d’être véritablement comblé de satisfaction de ses enfants.
La mère doit elle aussi supplier Hachem, afin qu’elle et son mari méritent d’élever leurs enfants dans la Torah et la crainte d’Hachem, ainsi, ceux qui verront de tels enfants reconnaîtront en eux une descendance bénie d’Hachem.

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