Dvar Torah pour vendredi 19 Shevat 5786 6 février 2026

Yitro - Où sont nos centres d’intérêt ?

Commentaires rédigés par le Rav David PITOUN, pour Halacha Yomit

... וְהוֹדַעְתָּ לָהֶם, אֶת-הַדֶּרֶךְ יֵלְכוּ בָהּ, וְאֶת-הַמַּעֲשֶׂה, אֲשֶׁר יַעֲשׂוּן. (שמות יח-כ)
Tu leur feras savoir le chemin dans lequel ils marcheront, ainsi que les actions qu’ils devront accomplir. (Chémot 18-20)

A travers ce verset, Yitro, beau-père de Moché Rabbénou, donne un conseil à son illustre gendre.
En effet, Moché Rabbénou siégeait chaque jour pour juger les différents litiges qu’il y avait parmi les Béné Israël, ainsi que pour résoudre les différents problèmes d’ordre Halachique qui pouvaient se présenter.     
En constatant que Moché Rabbénou était seul à se charger de la justice,
Yitro considéra que cela représentait trop de poids sur ses épaules.
Il lui conseilla donc de s’entourer de personnes justes et compétentes, afin de l’assister dans la justice du peuple.

Dans la Guémara Bava Métsi’a (30b), nos maîtres apprennent des choses merveilleuses de chaque mot de ce verset.

« Tu leur feras savoir… » - Cela nous indique le devoir qui incombe un père à enseigner un métier à son fils, afin qu’il ait de quoi vivre honnêtement.

« …le chemin… » - Cela nous indique la Guémiloutt ‘Hassadim (pratiquer le bien), aussi bien au moyen de sa personne, qu’au moyen de son argent.

« …dans lequel ils marcheront… » - Cela nous indique la Mitsva de rendre visite au malade (Bikour ‘Holim). Cette Mitsva représente l’une des plus importantes de la Torah.

« …dans lequel... » - Cela nous indique la Mitsva d’enterrer le mort.
En effet, la seule Mitsva que nous sommes sûrs d’accomplir « pour la Mitsva » (Lechem Chamaïm), et non pour un intérêt quelconque, est celle d’enterrer le mort. C’est la seule situation dans laquelle on ne peut attendre de retour.
Ceci est l’explication du Maharcha.

Le Péricha (sur Y.D chap.338) explique quant à lui, que la seule Mitsva que nous faisons « en marchant dans la Mitsva », est celle d’accompagner le mort à sa dernière demeure.

« …ainsi que les actions… » - Cela nous indique la Mitsva de se faire juger uniquement par des Baté Din (tribunaux rabbiniques), et exclusivement selon les lois de la Torah.

« …qu’ils devront accomplir » - Ceci nous indique le devoir de ne pas s’en tenir uniquement à ce qui nous revient de droit dans nos relations humaines.
C'est-à-dire, dans un couple comme dans toute autre relation, il ne faut pas que les parties s’en tiennent uniquement à revendiquer ce qui leur est légitime, car ainsi, chacun ne pense qu’à lui-même, mais au contraire, il faut s’efforcer de trouver un terrain d’entente.

Dans son commentaire Ben Yehoyada’, Rabbénou Yossef ‘Haïm de Bagdad z.ts.l (l’auteur du Ben Ich ‘Haï) s’étonne de cette interprétation des conseils de Yitro à Moché Rabbénou.
En effet, tout l’objectif du conseil de Yitro n’était que de soulager Moché Rabbénou dans sa tâche.
Qu’a-t-il donc à donner à tout le peuple d’Israël des enseignements de morale et des règles de vie ?             

Et il explique les choses de façon remarquable.
En voyant la lourde charge qui incombe Moché Rabbénou de juger à lui tout seul tout un peuple, Yitro comprend que cette surcharge de travail provient de 2 causes :

  • Du fait que Moché Rabbénou est seul à juger tout le peuple, et sur cela, Yitro lui conseille de s’entourer de gens pour l’assister.
  • Les problèmes que Moché Rabbénou avait à résoudre étaient de natures extrêmement diverses, d’ordre banal, comme primordial.

C’est pour cela que Yitro ne se contente pas de soulager Moché Rabbénou, il va jusqu’à la source des problèmes.
La véritable solution pour soulager Moché Rabbénou, c’est de motiver les Béné Israël à changer leurs centres d’intérêt.

Si les Béné Israël pratiquent la Mitsva de Bikour ‘Holim (rendre visite aux malades) ; s’ils se soucient de l’enterrement des morts ; s’ils se comportent avec moins d’égoïsme dans leur relationnel en pratiquant également le ‘Hessed (le bien) ; à ce moment-là, il est certain que le nombre de problèmes et de litiges diminuera de façon considérable, et Moché Rabbenou ne sera pas surchargé dans sa tâche.

Plaçons nos valeurs un peu plus haut que les préoccupations du quotidien, un peu plus haut que la richesse matérielle qu’un homme peut posséder sur terre, car l’homme ne finit que d’une seule façon : il redevient de la poussière et il est enseveli dans la terre. !

C’est une très grande règle de vie pour tout individu !

Retirons de nous tous ces calculs qui nous attirent tellement, et intéressons-nous à des choses plus élevées, à la Torah, et à la pratique du bien.
Prenons conscience que la terre et la poussière représentent la destination et la fin de chacun d’entre nous. Ne prenons avec nous que la Torah que nous aurons pratiquée et étudiée, ainsi que nos bonnes actions, qui elles, restent éternelles.

L’essentiel de la vie d’un individu sur terre ne réside pas dans le fait de ne se préoccuper que des choses de ce monde, mais uniquement dans son choix du bien véritable, durant toute sa vie, et il n’en retirera que de l’avantage, dans ce monde comme dans le monde futur.

Chabbat Chalom !