Halacha pour vendredi 29 Adar II 5782 1 avril 2022

Pour la guérison totale de:
Jean-Luc Chélomo Ben Zéhira (Azoulay)
Yossef Avraham ‘Haïm Ben Frédérique Léa (Arfi)
Charles Chalom ben Sultana (Nakache)
Noa’am Avraham Chimchon ben Dalia (Ouaknin)
Ariella Téhila Bat Aviva Myriam
Parmis tous les malades d’Israël  

Pour l’élévation de l’âme de:
Mordé’haï (Ma’ha) Ben Avraham (SELLAM) z’’l
Gilbert Sassi Ben Yéhouda (Hadjadj) z’’l

Divré Torah sur Tazriya’ - « Shabbat Ha’Hodesh »

Par le Rav David A. PITOUN
2 Divré Torah

Le Shabbat qui précède Rosh ‘Hodesh Nissan, ou bien pendant lequel tombe Rosh ‘Hodesh Nissan, est surnommé « Shabbat Ha-‘Hodesh ».
On sort 2 Sifré Torah:

  • Dans le premier, on lit la Parasha de la semaine (cette semaine, la Parasha de Tazriya’ »)
  • Dans le deuxième, nous lisons le passage de « …Ha-’Hodesh Ha-Zé… » dans la Parasha de Bo, où sont mentionnées les règles du sacrifice de Péssa’h.

   1. Femme enceinte et Casherout alimentaire:
       Conséquences sur le bébé

Hashem parla à Moshé en ces termes: « Parle ainsi aux Béné Israël: lorsqu'une femme, ayant conçu, enfantera un mâle, elle sera impure …
Puis, trente-trois jours durant, la femme restera dans le sang de purification…
Si c'est une fille qu'elle met au monde, elle sera impure deux semaines, comme lors de son isolement; puis, durant soixante-six jours, elle restera dans le sang de purification (vaykra 12-2, 4 et 5)

A la fin de la Parasha précédente (Shémini), la Torah présente les critères de Casherout concernant les animaux permis et interdits.
Le dernier verset de la précédente Parasha est : « Afin de discerner entre le sacré et le profane, entre l’animal consommable et celui qui ne l’est pas. »

On peut se demander:
Quel lien peut-il y avoir entre la précédente Parasha qui traite des règles relatives à l’impureté et la pureté des aliments, et notre Parasha qui débute par des sujets relatifs à la naissance, ainsi qu’à l’impureté et la pureté de la femme?

Le Gaon Rabbi Avraham PATTAL Ha-Lévy z.ts.l (beau père de notre grand et vénéré maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l) fait mention dans son ouvrage Vayomer Avraham (tome 2 page 309) des propos du Gaon auteur du commentaire Péri ‘Ets Ha-Gan:

« La femme enceinte doit absolument se préserver de consommer pendant sa grossesse des aliments susceptibles de développer des penchants négatifs chez son enfant. Chaque aliment consommé par la femme durant sa grossesse influe considérablement sur l’enfant. Si la femme consomme – ‘Hass Vé-‘Halila (à D. ne plaise) – des aliments impurs à la consommation selon la Torah, ces aliments entraineront une obstruction des capacités spirituelles de l’enfant, et son esprit en subira des séquelles. » Fin de citation du Péri ‘Ets Ha-Gan.

Nous trouvons l’application de ce principe lors du dévoilement de l’ange à la mère de Shimshon durant sa grossesse, comme le texte nous le décrit (livre de Shofetim 13-4 et 5):
« Et maintenant, préserve toi et ne bois plus ni vin ni bière, et ne consomme plus la moindre impureté … Car tu vas concevoir et enfanter un fils ; le rasoir ne doit pas toucher sa tête, car cet enfant doit être un Nazir consacré à Hashem dès le sein maternel, et c’est lui qui entreprendra de sauver Israël de la main des Philistins. »

Nous pouvons constater que les capacités intellectuelles et spirituelles de l’enfant prennent leurs sources lorsqu’il se trouve encore dans le ventre de sa mère!

Nous retrouvons ce phénomène à travers deux faits relatés dans la Guémara Yoma 82b:
Une femme enceinte respira l’odeur d’un aliment le jour de Yom Kippour (ce qui a pour conséquence de nuire à la santé de la femme si elle n’en consomme pas). On rapporta le fait à Rabbi (Rabbi Yéhouda Ha-Nassi). Il ordonna qu’on chuchote à l’oreille de la femme : « Aujourd’hui c’est Yom Kippour! » On alla chuchoter à l’oreille de la femme, et celle-ci cessa d’avoir envie de l’aliment dont elle avait respiré l’odeur.
En entendant cela, Rabbi dédia au futur enfant de cette femme le verset adressé au prophète Yésha’ya : « Avant même de t’avoir conçut dans le ventre, je te connaissais ! » (Isha’ya 1-5).

La femme accoucha plus tard d’un garçon qui ne fut autre que le célèbre Rabbi Yo’hanan.

Une autre femme respira elle aussi l’odeur d’un aliment le jour de Yom Kippour, mais rien ne lui fit cesser son envie de cet aliment. Rabbi dédia au futur enfant de cette femme le verset du Téhilim: « Les impies se fourvoient dès la matrice … » (Téhilim 58-4).
La femme accoucha plus tard d’un garçon qui ne fut autre que Shabbetaï, celui qui provoquait l’inflation en stockant les fruits.
Rashi explique: Il stockait volontairement la récolte de fruits afin de provoquer l’inflation, ce qui constitue une grave faute, comme l’enseigne la Guémara Bava Batra (91b).

Ce double fait relaté par la Guémara nous montre à quel point les penchants intellectuels et spirituels de l’enfant naissent en lui lorsqu’il est encore dans le ventre de sa mère. C’est pourquoi la Torah nous ordonne de s’écarter des nourritures interdites, et il incombe en priorité à la femme de s’en écarter lorsqu’elle est enceinte, afin de faire acquérir à son enfant une âme pure et resplendissante.

    2. La relative supériorité de l’être humain

« Lorsqu’une femme enfantera un garçon, elle sera impure durant 7 jours… » (Début de notre Parasha)

Midrash (Vaykra Rabba 14 – 1)
Lorsqu’un homme est méritant, on lui rappelle qu’il a devancé toute la création du monde (le monde n’a été crée que pour servir l’homme). S’il n’est pas méritant, on lui rappelle que même les insectes ont été crées avant lui. Rabbi Samlaï dit: « De même que la création de l’homme se fit après celle des animaux, ainsi les lois qui le concernent furent données après celles des animaux, comme il est écrit (dans la fin de la Parasha de la semaine dernière, au sujet des animaux permis et interdits): « Voici les lois des animaux (que l’on peut consommer ou pas) … » et ensuite (dans notre Parasha, au sujet de la naissance): « Lorsqu’une femme enfantera un garçon… »

On peut expliquer ce Midrash, grâce à l’enseignement de nos maîtres dans le Pirké Avot (chap.4 Mishna 6):
« Toute personne qui honore à la Torah, verra son corps honoré par les créatures. Toute personne qui profane la Torah, verra son corps profané par les créatures. »

En réalité, l’être humain est très affaibli du point de vue de sa nature, en comparaison aux animaux, car la subsistance de l’animal est présente dans l’environnement, alors que l’être humain se doit de fournir des efforts et de la fatigue afin d’obtenir sa subsistance, comme il est écrit : « A la sueur de ton front, tu mangeras le pain… ». Cette caractéristique peut laisser entendre que l’être humain est une créature d’un niveau inférieure et - d’une certaine manière - « profanée » (rabaissée), en comparaison à toutes les autres créatures d’Hashem.

Cependant, l’être humain possède une vocation particulière d’un très haut niveau, puisque le monde n’a été crée que pour le servir.
Mais afin de pouvoir atteindre et remplir cette vocation véritable et supérieure, l’être humain doit investir ses forces dans l’étude de la Torah.
Ce n’est que grâce à l’étude de la Torah que l’être humain devient supérieur à toutes les autres créatures d’Hashem, puisque lorsqu’il s’investit dans l’étude de la Torah, il n’a même plus à se fatiguer pour trouver sa subsistance, alors que pour les autres créatures – même si elle est relativement présente dans l’environnement – elles doivent au moins faire la démarche d’aller trouver leur subsistance !!

Voici donc le sens de l’enseignement de nos maîtres, cité plus haut:
Toute personne qui honore la Torah, - qui s’investit dans l’étude de la Torah - verra son corps honoré par les créatures - son corps sera plus honorable – plus fort et résistant - que celui de toutes les autres créatures du monde.
Toute personne qui profane la Torah - qui dénigre l’étude de la Torah - verra son corps profané par les créatures - Il sera le plus bas, le plus insignifiant, le plus faible parmi toutes les créatures, car les autres créatures seront toutes plus vigoureuses et plus fortes que lui, alors qu’il souffrira des efforts fournis dans la recherche de sa subsistance, parce qu’il n’étudie pas la Torah.

C’est pour cela que lorsque l’homme n’est pas méritant, c'est-à-dire, qu’il n’a pas mérité de marcher dans la voie de la Torah parce qu’il ne l’étudie pas, on lui rappelle que même les insectes l’ont devancés dans la création, et qu’il n’a donc aucune supériorité sur les autres créatures.

Shabbat Shalom

Rédigé et adapté par Rav David A. PITOUN France 5782

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