Halacha pour jeudi 6 Adar 5784 15 février 2024

La Halacha est dédiée
Pour la guérison totale de Gabriel Ben Sultana (Teboul), Max Mordé'haï Ben Oraïda (Mimouni) parmi tous les malades d'Israël

Un Talit ou des fils de Tsitsit usagés

Question : Est-il permis de jeter à la poubelle un vêtement de Tsitsit (Talit) ou bien des fils de Tsitsit usagés, lorsqu’on n’en a plus d’utilité ?

Réponse : il est enseigné dans une Baraïta du traité Méguila (26b) :
Les objets de Mitsva (Tachmiché Mitsva) sont jetés. Les objets de sainteté (Tachmiché Kédoucha) sont enterrés.
Cela signifie qu’une chose qui possède en elle-même de la sainteté (objets de sainteté), il est interdit de la jeter à la poubelle, il faut uniquement l’enterrer. Mais lorsqu’il s’agit d’une chose qui ne possède pas de par elle-même de la sainteté (objets de Mitsva), il n’est pas obligatoire de l’enterrer, et il est permis de la jeter à la poubelle.

Il est également expliqué dans cette Baraïta :
Voici les objets de Mitsva : la Soukka ; le Loulav ; le Chofar ; le Tsitsit.
Cela signifie que toutes ces choses à travers lesquelles on accomplit une Mitsva mais qui ne possèdent pas de sainteté de par elles mêmes, font parties de la catégorie « objets de Mitsva », qu’il est permis de jeter.
Par conséquent, un Chofar abîmé, ou bien un Loulav après la fête de Soukkot, il est permis de les jeter et il n’est pas utile de les enterrer. Mais une chose qui possède de par elle-même une sainteté, comme des Téfilin ou des Mézouzot, il est interdit de les jeter même s’ils ne sont plus Halachiquement valables, et il faut donc les enterrer.

A partir de là, il semble que les fils de Tsitsit – qui sont des objets de Mitsva – ne doivent pas nécessairement être enterrés, et il serait permis de les jeter à la poubelle. C’est ainsi que tranche le RAMBAM (chap.3 des règles relatives au Tsitsit), ainsi que MARAN dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.21) en ces termes :
Si des fils de Tsitsit se sont cassés, il est permis de les jeter à la poubelle, car il s’agit d’une Mitsva qui ne possède pas de sainteté de par elle-même.

Malgré tout, MARAN ajoute que tant que les fils de Tsitsit sont encore attachés au Talit, il est interdit de les utiliser pour une activité profane, comme s’en servir pour attacher quelque chose, car cela représenterait une humiliation de la Mitsva. Ce n’est que lorsque les fils se sont coupés qu’il est permis de les utiliser pour une activité profane ou de les jeter.

Le RAMA complète les propos de MARAN en disant que malgré tout, selon certains avis il ne faut pas se comporter de façon humiliante envers les fils même après leur cassure. Il conclut en disant : Celui qui se montrera rigoureux et pointilleux dans les Mitsvot méritera la bénédiction.

Sur le plan pratique, les avis sont nombreux sur cette question, car selon certains décisionnaires il faut se montrer rigoureux envers le Talit lui-même et ne pas le jeter.
Selon d’autres avis, il faut se montrer rigoureux envers les fils de Tsitsit (voir Halacha Béroura ibid.).
Même MARAN l’auteur du Choul’han ‘Arou’h (ibid. parag.2) écrit qu’il faut se montrer rigoureux sur ce point envers le Talit lui-même « car personne ne désirerait s’essuyer avec un tel vêtement, ni le réserver à une activité répugnante. »
De façon évidente, cette rigueur doit s’appliquer selon MARAN même aux fils de Tsitsit. (C’est ainsi qu’explique notre maître le ‘HYDA dans Birké Yossef). 

Par conséquent, il est de tradition de se montrer vigilant et ne pas jeter à la poubelle des fils de Tsitsit cassés, ni le Talit lui-même. S’il est nécessaire de les jeter, il faut les envelopper dans un sachet indépendant, et se comporter envers eux avec respect.

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