Le Rokéyah’ (cité par le RAMA au chap.95) écrit qu’avant d’entamer la ‘Amida, il faut reculer de trois pas et revenir ensuite devant soi en marchant trois pas pour commencer la ‘Amida. Ce geste exprime de l’affection pour la chose que l’on s’apprête à faire, comme il est dit au sujet de Moché Rabbénou qui – avant de prier Hachem – pénétra dans trois espaces : H’ocheh’ (obscurité) ; ‘Anann (le nuage) ; ‘Arafel (brouillard).
Cet usage est également cité par le Gaon auteur du Kénessett Ha-Guédola ainsi que par d’autres décisionnaires.
Cependant, le Gaon auteur du Eliya Rabba écrit qu’il n’est pas nécessaire d’agir ainsi, car cet usage n’est absolument pas mentionné dans le Talmud, ni dans les propos de la plupart de nos maitres les décisionnaires médiévaux (Richonim).
Mais le Gaon auteur du Michna Béroura écrit que dans la pratique, cet usage est appliqué de façon générale.
Le Gaon Rabbénou Yossef H’AÏM écrit dans son livre Ben Ich H’aï (Béchalah’) que l’usage de reculer de trois pas et de revenir devant soi en marchant trois pas avant d’entamer la ‘Amida, possède une grande explication au niveau mystique.
Certains décisionnaires écrivent que cet usage n’est valable que lorsqu’on est assis au Beit Ha-Midrach et que l’on étudie, ou bien lorsqu’on se trouve à la maison, et lorsqu’arrive le moment de la prière on se lève pour prier, dans un tel cas, on doit s’apprêter à prier en reculant de trois pas et en revenant devant soi en marchant trois pas. Mais lorsque l’on a déjà marché de nombreux pas en se rendant à la synagogue pour prier, il n’est absolument plus nécessaire de veiller à cet usage.
Le Gaon auteur du Péri H’adach écrit que même si lorsqu’on a marché en direction de la synagogue pour prier il n’est plus nécessaire d’appliquer cet usage, malgré tout, puisque cet usage ne demande pas réellement d’effort, il est souhaitable de l’appliquer.
Sur le plan pratique, celui qui a l’usage de reculer de trois pas et de revenir devant lui en marchant trois pas avant d’entamer la ‘Amida, mérite la Bénédiction.
Cependant, nombreux de nos grands Rabbanim Séfaradim n’avaient absolument pas cet usage, car ils s’appuyaient sur les propos des décisionnaires qui n’ont pas mentionné cet usage, ou bien sur le fait qu’ils avaient déjà marché plusieurs pas en se rendant à la synagogue pour prier. Ainsi, nous avons constaté auprès de notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, lorsque l’endroit où il priait la ‘Amida était véritablement proche de l’endroit où il s’asseyait, il ne reculait ni ne revenait devant lui avant d’entamer la ‘Amida. Il agissait selon les enseignements de MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ et des décisionnaires qui n’ont absolument pas mentionné cet usage.