Halacha pour mercredi 3 Shevat 5782 5 janvier 2022

Pour la guérison totale de:
Jean-Luc Chélomo Ben Zéhira (Azoulay)
Yossef Avraham ‘Haïm Ben Frédérique Léa (Arfi)
Charles Chalom ben Sultana (Nakache)
Noa’am Avraham Chimchon ben Dalia (Ouaknin)
Ariella Téhila Bat Aviva Myriam
Parmis tous les malades d’Israël  

Pour l’élévation de l’âme de:
Mordé’haï (Ma’ha) Ben Avraham (SELLAM) z’’l
Gilbert Sassi Ben Yéhouda (Hadjadj) z’’l

« Empruntez à mon compte mes enfants, je rembourserais ! » - Les dépenses en l’honneur de Shabbat

Question: Avons-nous le devoir de nous endetter s’il le faut, afin d’acheter le nécessaire pour Shabbat, sans prendre en considération notre situation financière, en s’appuyant simplement sur l’assurance qu’Hashem nous « remboursera » l’argent dépensé?

Réponse: Il est rapporté dans la Guémara Bétsa (15b):
Hashem dit à Israël: « Mes enfants ! Empruntez en mon nom, sanctifiez le jour (Shabbat), et gardez confiance en moi, je rembourserai. »
Cet enseignement nous indique qu’à priori nous avons la garantie d’Hashem que pour toutes les dépenses que nous réalisons en l’honneur de Shabbat, nous serons « remboursées » par Hashem. Nous n’avons donc pas de soucis à nous faire pour ces dépenses.

Mais toute personne sensée est à même de comprendre qu’il est inconcevable qu’une personne achète tout le nécessaire pour Shabbat, en dressant une table digne du Roi Salomon lors de son règne, avec des dizaines d’aliments différents, sans prendre en considération ses possibilités financières!
Aucun Grand du peuple juif n’a agit avec une telle inconscience!

Il nous faut donc comprendre le véritable sens de cet enseignement de nos maîtres.

Il est enseigné dans une autre Guémara, celle de Shabbat (118b):
Même si l’on a acheté une chose très infime, mais qu’on l’a achetée en l’honneur de Shabbat, cela suffit pour être qualifiable de « ‘Oneg Shabbat » (délice de Shabbat).
La Guémara explique que même des petits poissons frits (qui sont achetés généralement à bas prix) peuvent suffirent pour accomplir la Mitsva de ‘Oneg Shabbat.

La Guémara enseigne aussi dans Péssa’him 112a)
Considère ton Shabbat comme un jour de semaine, mais surtout, n’ais jamais recours à la générosité des gens.
C'est-à-dire, contente-toi de manger le jour de Shabbat, comme tu manges un jour de semaine, mais surtout ne demande rien à personne.
Bien que la Mitsva de ‘Oneg Shabbat (honorer Shabbat par de la bonne nourriture) est une Mitsva ordonnée par la Torah (Min Hatorah), cependant, l’individu n’a pas l’obligation d’aller jusqu’à emprunter au-delà de ses possibilités, afin d’honorer Shabbat par des choses particulières, mais uniquement selon ses possibilités.
En réalité, l’enseignement de la Guémara Bétsa, cité plus haut - selon lequel, on doit emprunter, et Hashem rembourse – ne concerne qu’une personne qui a de quoi rembourser, par exemple, cette personne sait qu’elle aura prochainement une entrée d’argent, dans ce cas, si cette personne emprunte, Hashem lui fera bénéficier de nouveau, d’une somme identique à l’entrée d’argent qui sera consacrée pour couvrir le prêt que la personne a contracté pour honorer Shabbat.
Ceci, afin que la Mitsva de ‘Oneg Shabbat n’occasionne aucune perte à la personne.
Mais si par contre, cette personne n’a pas de quoi rembourser, si ce n’est qu’en ayant recours à la générosité des gens, elle n’a pas le droit d’emprunter, même pour les nécessités de Shabbat.

C’est ainsi qu’explique l’auteur du Hagahot Asheri (un des décisionnaires médiévaux).
En effet, selon lui, lorsqu’on enseigne « considère ton Shabbat comme un jour de semaine, mais surtout, n’ais jamais recours à la générosité des gens. », cela ne concerne que la personne qui n’a pas de quoi rembourser, sans avoir recours à la Tsedaka. Mais lorsqu’on enseigne « Mes enfants ! Empruntez et je rembourserai », cela concerne uniquement ceux qui ont de quoi rembourser, par exemple lorsqu’on possède des gages qui pourront aider à rembourser, mais que présentement on ne dispose pas d’argent. Dans ce cas, il est un devoir d’emprunter en l’honneur de Shabbat.

C’est également ainsi qu’explique l’auteur du Shenot ‘Haïm.
Selon lui, si la personne ne possède même pas de quoi mettre en gage jusqu’au remboursement, elle ne doit pas s’appuyer sur la probabilité d’un Miracle, car sinon, cette personne rentre dans la catégorie de Lové Rasha’ Velo Yeshalem (L’impie emprunte et ne rembourse pas - extrait du Tehilim), sauf si l’on sait qu’on aura de quoi rembourser, mais qu’on est simplement dans une difficulté momentanée vis-à-vis du nécessaire pour Shabbat. Dans ce cas Hashem dit: « Mes enfants ! Empruntez et je rembourserai. ».

C’est ainsi qu’explique aussi l’auteur du Seder Hayom.
Selon lui, l’homme n’est soumis à l’obligation d’honorer Shabbat par des aliments délicieux, que lorsqu’il en a les moyens. Lorsqu’une personne n’a pas les moyens financiers d’honorer Shabbat, elle ne transgresse aucune faute, et n’a pas à s’imposer des prêts qu’elle n’a pas la possibilité de rembourser. Celui qui se les imposera, est qualifiable de « ‘Hassid Shoté » (une personne qui veut faire preuve de piété, en passant par des actes relevant de la folie).

A fortiori, lorsque la personne possède largement de quoi honorer Shabbat, mais qu’elle désire aussi certains aliments particuliers, très coûteux, que ses possibilités financières ne lui permettent pas d’acheter. Cette personne ne doit surtout pas agir de la sorte, mais au contraire, elle doit se contenter de ce qu’elle a, et Hashem lui ouvrira d’autres portes!!

Tout ceci représente une véritable leçon de morale pour ceux qui gaspille leur argent dans des futilités, au-delà de leur possibilités financières, et en arrivent à cause de cela, à contracter de très grosses dettes.
Il est certain que ces gens ne se comportent pas de façon correcte, car nous voyons que même lorsqu’il s’agit de dépenser pour une Mitsva aussi précieuse que la Mitsva de ‘Oneg Shabbat, les Poskim écrivent que l’on ne doit pas emprunter au-delà de nos capacités à rembourser, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de choses profanes.

Questionner Le Rav


8 Halachot Les plus populaires

Règles relatives au jour du 9 Av

Le jour de Tich’a Be-Av (le jeûne du 9 Av), 5 interdits sont en vigueur: Manger et boire; Se laver; S’enduire (le corps avec de l’huile ou de la crème corporelle) ; Porter des chaussures en cuir ; Pratiquer l’intimité conjugale De même, il est inte......

Lire la Halacha

Havdala le samedi soir où tombe le 9 Av – Règle pour un malade qui mange le jour du 9 Av

Pour une année où le 9 Av tombe un samedi soir – comme cette année 5782 – nos maitres les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale) débattent afin de définir comment faut-il procéder en ce qui concerne la H......

Lire la Halacha

Consommation de viande après Roch H’odech AV

Il est expliqué dans une Michna de Ta’anit (26b) qu’il est interdit par décret de nos maîtres de consommer de la viande et du vin, la veille de Tich’a Beav (la veille du jeune du 9 Av) lors de la Séouda Ha-Mafsekete (le dernier repas avant le début......

Lire la Halacha

Les personnes soumises et exemptes du jeûne du 9 Av, ainsi que les règles du 9 AV cette année

Un malade sans danger; une personne âgée; une femme accouchée Un malade (véritablement malade, qui est alité ou autre, même s’il n’est pas en danger) est exempt de jeûner le 9 Av. Dans le cas d’un doute, il faut consulter une autorit&e......

Lire la Halacha


Séouda Mafseket (repas avant le jeûne) cette année (5782)

La veille du 9 Av, nos maîtres ont interdit (selon le strict Din et non selon la tradition) de consommer de la viande et du vin lors de Séouda Hamafseket (le repas que nous prenons avant le début du jeûne, après la moitié de la journée). De même, ......

Lire la Halacha

« Dès le début du mois de Av, nous diminuons la joie » - Année 5782

Ce vendredi, tombe – avec l’aide d’Hachem – le jour de Roch ‘Hodech Mena’hem Av, et la semaine prochaine - Chabbat prochain - tombe le 9 Av, mais puisqu’il est interdit de jeûner le jour du Chabbat (excepté Yom Kippour), le jeûne est repor......

Lire la Halacha

Prier avec Minyan en plein air

Question: Lorsqu’on sort en promenade  et que s’organise un Minyan de dix personnes pour la prière de Minh’a ou d’Arvit en plein air, est-ce que chaque personne présente compte dans le Minyan, même si tout le monde n’est pas réuni dans un......

Lire la Halacha

Frire du poisson dans une poêle de viande - Cuire du poisson et de la viande dans le même four – L’usage de notre maitre le Rav z.ts.l

Il est une Halacha très connue selon laquelle il est interdit de consommer du poisson avec de la viande, selon ce qui est expliqué dans la Guémara et les décisionnaires. Cuire du poisson dans une marmite viande Bien qu’il soit interdit de cuire un aliment lact&e......

Lire la Halacha