La fête de Chavou’ot – le moment du Don de notre sainte Torah, qui est notre vie et de laquelle dépend la longévité de nos jours - tombe cette année 5786 avec l’aide d’Hachem, à la fin du compte des jours du ‘Omer, ce jeudi soir et vendredi (ainsi que Chabbat en dehors d’Israël), et de ce fait, nous allons à présent commencer à développer des règles au sujet de Yom Tov (les fêtes de Péssa’h, de Chavou’ot, de Soukkot, de Chémini ‘Atséret et de Roch Ha-Chana s’appellent « Yom Tov »).
Les activités liées à la nourriture (O’hel Néfech)
Il est écrit dans la Torah au sujet des Yamim Tovim, c'est-à-dire : le 1er jour de Soukkot (ainsi que le 2ème jour en dehors d’Israël) ; le jour de Simh’at Torah (Chémini ‘Atséret) (ainsi que le 2ème jour en dehors d’Israël) ; le 1er jour de Péssa’h (ainsi que le 2ème jour en dehors d’Israël) et le 7ème jour de Pessah’ (ainsi que le 8ème jour en dehors d’Israël) ; le Yom Tov de Chavou’ot (ainsi que le 2ème jour en dehors d’Israël), et les 2 jours de Roch Ha-Chana :
... כָּל-מְלָאכָה, לֹא-יֵעָשֶׂה בָהֶם--אַךְ אֲשֶׁר יֵאָכֵל לְכָל-נֶפֶשׁ, הוּא לְבַדּוֹ יֵעָשֶׂה לָכֶם. (שמות יב-טז)
… Tout travail sera proscrit pendant ces jours (Yom Tov), excepté un travail pour l’alimentation de l’homme, seulement ce type de travail sera réalisé pour vous. (Chémot 12-16)
Toute activité interdite un jour de Chabbat, l’est également un jour de Yom Tov, excepté une activité qui permet de se nourrir ce jour-là, celle-ci est permise pendant Yom Tov.
Qu’appelle-t-on une activité servant à se nourrir, autorisée par la Torah pendant Yom Tov ?
Toute activité destinée à la nourriture de l’homme durant le jour de Yom Tov, est qualifiée de telle, et il est donc permis de la réaliser pendant Yom Tov lui-même.
Par exemple : cuire ; frire ; cuire du pain ou autre (au moyen d’un four programmé avant la fête).
La cessation d’activité lors des jours de Yom Tov
La raison pour laquelle la Torah ordonne la cessation de toute autre activité pendant Yom Tov, nous est expliquée par l’auteur du Sefer Ha-‘Hinou’h.
En effet, selon le Sefer Ha-‘Hinou’h, afin que les Béné Israël puissent commémorer les Miracles et les merveilles qu’Hachem a réalisé pour eux ainsi que pour leurs ancêtres, et afin qu’ils les transmettent à leur descendance après eux, il était nécessaire d’imposer une cessation de toute activité durant ces jours de fête.
Si le travail était autorisé durant les jours de Yom Tov, chacun se consacrerait à ses activités personnelles, et le respect ainsi que la joie de la fête auraient été oubliés du peuple d’Israël. Grâce à la cessation de toute activité, les Béné Israël sont disponibles pour se rassembler dans les synagogues et les maisons d’étude, et écouter des paroles de Torah.
C’est en se réunissant autour de ses guides spirituels que le peuple pourra apprendre la Morale et la Sagesse, les règles et les allégories.
Comme l’enseignent nos maîtres dans la Guémara Méguila (32a) :
Moché instaura à Israël d’étudier les règles relatives à Péssa’h, pendant Pessah’ ; les règles relatives à Chavou’ot, pendant Chavou’ot ; les règles relatives à Soukkot, pendant Soukkot, comme il est dit :
וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה, אֶת-מֹעֲדֵי ה', אֶל-בְּנֵי, יִשְׂרָאֵל. (ויקרא כג-מד)
Moché parla des fêtes d’Hachem, aux Béné Israël. (Vaykra 23-44)
De même, nos maîtres enseignent dans le Talmud Yérouchalmi (Chabbat chap.15 Hal.3) :
Les Chabbatot et les jours de Yom Tov ont été donnés à Israël seulement dans le but qu’ils s’y consacrent à l’étude de la Torah.
C’est pourquoi, nous avons reçu l’ordre de cesser toute activité, excepté les travaux nécessaires à la nourriture du jour (comme le fait de préparer pendant Yom Tov, un plat pour le repas de Yom Tov, dans les conditions autorisées par la Halacha).
Nos maîtres enseignent aussi dans la Guémara Bétsa (36b) :
Il n’y a pas de différence entre Yom et Chabbat, excepté les travaux liés à la nourriture.
« La moitié pour Hachem, la moitié pour vous »
Mais cependant, il faut partager les heures de la journée de la fête, en consacrant la moitié de la journée à la prière et à l’étude de la Torah, et l’autre moitié de la journée à la nourriture, la boisson et la réjouissance de la fête.
Nos maîtres enseignent que celui qui cesse toute activité afin de se réjouir en mangeant et en buvant en l’honneur de la fête, est considéré par le texte comme s’il avait construit un autel et y avait offert des sacrifices, comme il est dit :
... אִסְרוּ-חַג בַּעֲבֹתִים--עַד קַרְנוֹת, הַמִּזְבֵּחַ. (תהלים קיח-כז)
Attachez la fête par des liens, jusqu’aux coins de l’autel » (ce qui signifie que le fait de « s’attacher à la fête » en se réjouissant en son honneur, représente la même importance qu’offrir des sacrifices sur l’autel).
Nos maîtres enseignent encore dans la Guémara Bétsa (15a) que si l’on augmente les dépenses afin de délecter la fête, on nous ajoutera de la subsistance matérielle (Parnassa) depuis le Ciel, comme l’enseignent nos maîtres :
Toute la subsistance de l’homme est déterminée de Roch Ha-Chana jusqu’à Yom Kippour, excepté les dépenses des jours de Chabbat et de Yom Tov, ainsi que les dépenses liées à l’éducation religieuse des enfants, car dans ces domaines, moins l’homme investit d’argent, moins il en recevra, et plus il en investit, plus il en recevra.
A fortiori pour la fête de Chavou’ot qui est le jour de notre « mariage », le jour où nous avons eu le mérite de recevoir la Sainte Torah, et il est convenable d’honorer ce jour avec toutes sortes de marques de respect et d’honneur, chacun selon ses possibilités.
Le Rav Ya’akov SASSON Chlita (directeur de notre site Halacha Yomit et digne petit-fils de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l) a rapporté au nom de sa maman (la fille de notre maître le Rav z.ts.l) qu’au temps où notre maître le Rav z.ts.l faisait ses courses lui-même, il se souciait personnellement d’acheter une chose particulière en l’honneur de la fête, afin de la délecter et de l’honorer.