Halacha pour mardi 21 Sivan 5781 1 juin 2021

Pour l'élévation des âmes de:
Mordé’haï Ben Sim’ha OHAYON z’’l

Pour la guérison totale et rapide de:
Tinok Ben Yael Sarah

Le café des non-juifs

Question: Est-il permis de boire un café fait par un non-juif, comme le café servi à bord d’un avion, ou bien y a-t-il un interdit à titre d’aliment cuit par un non-juif (Bichoul Goï), ou un autre interdit ?

Réponse: Il est évident que de notre époque, en dehors d’Israël, nous trouvons très fréquemment du café commercialisé par les non-juifs, contenant des mélanges de toutes sortes d’ingrédients dans lesquels se trouvent de sérieux risques d’interdits alimentaires.
Par conséquent, il est certain qu’il n’y a pas lieu de débattre sur la Cacherout d’un café sur lequel se trouve de la crème (Cappuccino), ou dans lequel sont mélangés différents ingrédients.
Nous ne traiterons ici que d’un café ordinaire, constitué de poudre de café, de sucre et d’eau, et rien d’autre.

L’interdiction qu’il pourrait y avoir relèverait du décret de nos maîtres selon lequel, il est interdit de consommer un aliment cuit par un non-juif, comme nous l’avons développé dans les précédentes Halah’ot.
Mais nous avons déjà précisé que cet interdit ne concerne pas les choses consommables lorsqu’elles sont crues, comme des pommes par exemple.

L’interdiction ne touche que les choses inconsommables lorsqu’elles sont crues, comme des pommes de terre par exemple. Par conséquent, il est permis de boire de l’eau bouillie par un non-juif, car l’eau est tout à fait consommable même sans la faire bouillir, même lorsqu’elle est froide, et c'est pourquoi il n’y a pas d’interdit à titre d’aliment cuit par un non-juif.

Mais sur ce point de vue, il n’y a pas lieu d’interdire la consommation du café fait par des non-juifs, car l’interdiction de consommer des aliments cuits par des non-juifs, n’existe que lorsqu’il s’agit d’un aliment que l’on ne peut pas consommer tant qu’il est cru comme des pommes de terres ou autre, qu’il est impossible de manger sans les faire cuire. Mais un légume qui est mangeable même à l’état cru et qu’il n’est pas nécessaire de faire cuire pour qu’il soit consommable, par exemple une carotte cuite, puisqu’il est possible de la manger même sans la faire cuire, il n’y a pas de décret de Bichoul Goï (aliment cuit par un non-juif) pour cette catégorie d'aliments.
Par conséquent, il est permis de boire de l’eau bouillie par un non-juif, car l’eau est tout à fait consommable même sans la faire bouillir, même lorsqu’elle est froide, et c'est pourquoi il n’y a pas d’interdit à titre d’aliment cuit par un non-juif.
Or, le café, même si différents ingrédients sont mélangés à son eau, comme la poudre du café et le sucre, malgré tout, puisque sa Bérah’a est « Chéhakol Nihya Bidvaro » - du fait qu’il est constitué d’une majorité d’eau, et nous ne récitons pas sur le café « Boré Péri Ha’èts » par rapport au café lui-même - tous les ingrédients sont donc considérés comme nuls vis-à-vis de l’eau qui constitue l’élément essentiel du café. Il n’y a donc pas à prendre en considération la poudre de café pour interdire la consommation du café à titre d’aliment cuit par un non-juif.

C’est aussi ce qui est expliqué dans les propos des Tossafot sur la Guémara ‘Avoda Zara (31b) au sujet de la bière des non-juifs qui n’est pas interdite à titre d’aliment cuit par des non-juifs, car la Bérah’a de la bière est « Chéhakol Nihya Bidvaro », et non « Boré Miné Mézonote ». L’orge mélangée au liquide est donc considérée comme nul vis-à-vis du liquide de façon intégrale, et il n’est pas concevable d’interdire le liquide constituant la bière, à titre d’aliment cuit par des non-juifs, simplement à cause de l’orge qu’il contient.
(Sauf qu’il est interdit de boire de la bière dans des festivités organisées par les non-juifs, à cause d’un autre décret, comme c’est expliqué dans la Guémara)

Nous pouvons donc en déduire qu’il n’y a pas d’interdit à titre d’aliment cuit par les non-juifs dans le fait de boire un café fait par un non-juif. C’est ainsi que tranche notre maître le RADBAZ dans une Téchouva (réponse Halah'ique), et il conclut que malgré tout, il ne faut pas boire le café dans les festivités des non-juifs, car cela peut entraîner de nombreux incidents. Fin de citation.

Notre maître le Décisionnaire de la génération, le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l, s’étend légèrement sur ce sujet dans son livre Chou’t Yéh’avé Da’at tome 4, où il rapporte encore d’autres arguments qui autorisent et qui interdisent la chose.
Il conclut que sur le plan pratique, il n’y a pas de crainte à avoir dans le fait de boire un café fait par un non-juif vis-à-vis de l’interdit de consommer un aliment cuit par des non-juifs, mais celui qui voudrait s’imposer la H’oumra (rigueur) de prendre en considération l’opinion des Poskim (décisionnaires) selon lesquels il y a là un interdit à titre de cuisson d’un non-juif, cette personne est digne de Bénédiction.

Il débat ensuite sur le fait de boire le café à bord d’un avion, car le café y est servi dans des ustensiles appartenant à des non-juifs qui ont l’usage d’y servir parfois du lait chaud, or le lait des non-juifs nous est interdit à la consommation. Les ustensiles ont donc absorbé le goût de ce lait et interdisent donc tout ce qu’on y introduira. Selon cela, il sera donc interdit de boire le café à bord d’un avion, sauf si l’on sait explicitement que l’ustensile dans lequel le café est servi ne comporte pas le moindre risque d’interdiction, par exemple s’il s’agit d’un ustensile jetable, ou un ustensile en verre qui n’absorbe pas (comme nous l’avons déjà expliqué dans une réponse à une question concernant le fait de réserver également des ustensiles en verre différents pour les aliments viandes et les aliments laits) ou autre.

Cependant, notre maître le Rav z.ts.l cite plusieurs arguments sur lesquels – dans un cas de force majeure – il est possible de s’appuyer et s’autoriser de boire le café même dans des ustensiles en porcelaine ou autre. Tout ceci uniquement lorsqu’on ne peut pas faire autrement, mais tant que l’on a la possibilité de demander que l’on nous serve le café dans un ustensile en verre ou dans un verre jetable, il faut le faire.

En conclusion: Un café dans lequel n’est mélangé aucun ingrédient susceptible d’être un interdit alimentaire est autorisé à la consommation même s’il a été fait par un non-juif, à condition qu’il soit servi dans un ustensile en verre, ou dans un verre jetable. Dans une situation où l’on n’a pas la possibilité de se procurer un tel verre, celui qui s’autorise de boire même dans un ustensile en porcelaine ou autre, celui-ci a sur qui s’appuyer. Celui qui s’impose la H’oumra de ne jamais boire le café fait par un non-juif, mérite la Bénédiction.

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