Halacha pour jeudi 14 Kislev 5780 12 décembre 2019

Pour l'élévation des âmes de:
Messa’ouda Bat ‘Aïsha (STEBOUN) de Lyon

Pour la guérison totale et rapide de:
Charles Chalom Ben Sultana
parmi tous les malades d'Israël Amen.

Le respect du beau-père et de la belle mère – Les signes de la fin de l’exil

Question: Est-ce qu’un homme est tenu de respecter son beau-père au même titre qu’il est tenu de respecter son père ?

Réponse: Il est enseigné dans le Yalkout Chim’oni:
David dit à Chaoul : « Mon père, vois et constate que le pan de ton manteau se trouve dans ma main  … » (David appelle son beau-père Chaoul « mon père »).
A partir de là, nos maîtres apprennent qu’un homme est tenu de respecter son beau père au même titre qu’il est tenu de respecter son propre père, car le texte met en parallèle le respect du beau père à celui du père.
En effet, l’épouse d’un homme est considérée véritablement comme le propre corps de l’homme. Or, puisque l’épouse est tenue de respecter son père, le mari est lui aussi tenu de respecter le père de son épouse.
Cette Halacha est tranchée dans le TOUR et par MARAN dans le Choulh’an ’Arouh’ (Yoré De’a chap.240), où il est confirmé que l’homme doit respecter son beau père.

De même, il est évident que l’homme doit également respecter sa belle-mère, et une épouse doit respecter elle-aussi ses beaux-parents.
Il est enseigné dans une Michna du traité Sotta (chap.9 page 49b) :
Dans les temps pré-messianiques, l’effronterie augmentera, l’inflation grandira, la vigne donnera ses fruits mais le vin se vendra cher (car les gens boiront beaucoup et les maisons de beuveries se multiplieront), la royauté se transformera en hérésie, il n’y aura plus de remontrance (car toute personne qui viendra faire remontrance à son ami sur sa conduite se verra répondre : « Toi-même commets des fautes, comment viens-tu me réprimander ?! »), les lieux de Torah se transformeront en lieux de débauche, la Galilée sera détruite, le Gavlann (nom d’un lieu) deviendra désertique (selon certains, il s’agit du Golan), les habitants des frontières connaitront l’errance de ville en ville sans que personne n’ait pitié d’eux, la sagesse des sages moisira, les gens craignant Hachem provoqueront un sentiment de dégout, la vérité sera absente, les jeunes gens humilieront les anciens, les anciens se lèveront devant les enfants, le fils fera honte au père, la fille se révoltera contre sa mère, « la belle-fille contre sa belle-mère » (tout ceci est expliqué dans les propos du prophète Mih’a chap.7).
De même, certaines versions de ce texte ajoutent « le gendre contre son beau-père ».
Nous apprenons de là que le fait d’entendre fréquemment de notre époque une belle-fille s’exprimer avec effronterie envers sa belle-mère, ou bien un gendre envers son beau-père, ceci fait partie des signes annonciateurs de la fin de l’exil, qui sont des signes de fautes et d’effronterie.
Même si nous constatons parfois que les parents de l’épouse ou bien les parents de l’époux ne se comportent pas correctement envers leurs gendres ou leurs belles-filles, malgré tout, il est interdit de parler ou de se comporter envers eux avec effronterie, et on est toujours soumis à leur respect.
Si les relations avec les parents ou beaux-parents engendrent des querelles au sein du couple, ou bien provoquent une grande peine ou autre, il faut dans ce cas consulter un véritable Talmid H’ah’am (autorité rabbinique) qui soit aussi expert en matière d’harmonie conjugale afin qu’il guide les époux et leur donne le meilleur conseil pour préserver leur couple.

Il faut citer en rapport à cela les propos du Gaon Rabbénou Ya’akov ‘EMDINN (dans les responsa Ché’ilatt Ya’bets chap.32) où il écrit que la haine d’une belle-fille envers sa belle-mère est souvent causée par le fait qu’elles habitent l’une à proximité de l’autre, car une telle proximité d’habitation provoque de façon naturelle une scission et une querelle. Mais lorsqu’elles ne sont pas autant rapprochées, il est fort probable qu’elles se comporteront avec amour l’une envers l’autre. Le sage entend et augmente sa sagesse.                                

Voici les propos de notre maître le TOUR:
« L’homme est tenu de respecter son grand-frère comme il est tenu de respecter son père. »
Ensuite le TOUR écrit :
« Et il est tenu de respecter son beau-père, comme il est dit : « Mon père, vois et constate » (verset cité plus).
Notre maitre le Baït H’adach écrit qu’il faut faire une déduction à partir des propos du TOUR.
En effet, il écrit d’abord que l’on est tenu de respecter son grand-frère « comme on est tenu de respecter son père », alors que vis-à-vis du beau-père, le TOUR écrit uniquement que l’on est tenu de le respecter. Ceci prouve donc que le respect du beau-père n’est pas aussi grand que celui du père, et par conséquent, on n’est pas tenu de le respecter réellement comme on respecte son père, mais on est tenu de se lever devant lui, comme on se lève devant les personnes âgées. De même, lorsque le beau-père monte à la Torah, le gendre doit se lever et rester debout durant tout le temps de sa montée, comme nous l’avons écrit au sujet du père, et il ne doit pas appeler son beau-père par son prénom mais uniquement en ajoutant un préfixe honorifique comme « Rabbi » untel. (ou bien « Monsieur » untel). 

Il est donc expliqué selon la Halacha que même si l’on est tenu de respecter son beau-père, comme par le fait de ne pas l’appeler par son prénom, ou bien en se levant devant lui ou autre, malgré tout, on n’est pas tenu de le respecter réellement comme on est tenu de respecter son père et sa mère, pour lesquels on est tenu de se soucier de tous leurs besoins (comme nous l’avions expliquer dans les règles relatives au respect des parents), et il est suffisant de lui exprimer un peu de respect, comme on respecte les personnes âgées.

En conclusion : Un homme est tenu d’honorer son beau-père en se levant devant lui lorsqu’il arrive dans le périmètre de 4 coudées du gendre (2 mètres), comme on doit le faire lorsqu’on honore les personnes âgées.
Mais il n’est pas tenu de l’honorer comme il honore son père. Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que certains ont l’usage d’embrasser les mains du beau-père par respect et affection, et il est bon d’adopter cet usage. En particulier lorsque le beau-père est un homme de Torah et possède de bonnes actions. Il en est de même vis-à-vis du respect qu’un homme doit à sa belle mère. De même pour le respect qu’une épouse doit à son beau père et à sa belle mère, qu’elle doit honorer du mieux de ses possibilités.

On ne doit pas appeler ses beaux-parents par leurs prénoms mais seulement par « Papy » ou « Mamie » comme le font certains, ou bien les appeler en ajoutant un préfixe honorifique comme « Rabbi » untel (pour le beau-père), ou encore éviter complètement de les appeler.

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