Palabras de Torá para viernes 11 Iyar 5781 23 abril 2021

A’haré Mott- Kédoshim

A’haré Mott

La récompense aux Mitsvot

Vous observerez mes lois et mes jugements que l’homme doit accomplir et avec lesquels il doit vivre, je suis Hashem. (Vaykra 18-5)

Rashi: Je suis Hashem. Je suis fidèle à ma parole et j’octroie une récompense.

Question: Pourquoi est-il nécessaire de préciser une chose aussi évidente que le fait qu’Hashem récompense l’accomplissement des Mitsvot? N’est-il pas évident qu’Hashem ne néglige la récompense de personne?

Réponse: Le Gaon Rabbi Avraham Morde’haï PATAL Ha’-Levy z.ts.l explique dans son livre Vayomer Avraham:
Il est rapporté dans le Midrash Rabba sur un verset de Kohelet:
Tout l’effort de l’homme n’est que pour sa bouche. (Kohelet 6-7)

Rabbi Shmouel Bar Ami dit : Tous les efforts que l’homme peut fournir dans ce monde pour amasser des Mitsvot et des bonnes actions, ne suffiront même pas pour le souffle qui sort de sa bouche.

Explication: On ne doit pas faire l’erreur de croire qu’une récompense nous revient pour les Mitsvot et les bonnes actions que l’on accomplit dans ce monde, car toutes ces Mitsvot ne suffisent pas pour mériter la bonté dont Hashem nous gratifie en nous maintenant en vie dans ce monde. Tel est donc le sens du verset de Kohelet:
Tout l’effort de l’homme – Tout l’effort que l’home investit dans l’étude de la Torah et dans l’accomplissement des Mitsvot n’est que pour sa bouche – n’est que pour pouvoir mériter le simple souffle qui sort de notre bouche, c'est-à-dire la vie.
La récompense que l’homme reçoit n’est donc qu’une exceptionnelle faveur octroyée par Hashem et non un dû.

Autre explication de notre verset de la Parasha cité plus haut

Il existe des Mitsvot que l’homme est naturellement prédisposé à accomplir même s’il n’en avait pas reçu l’ordre, comme l’interdiction de consommer le sang ou les insectes qui représentent de façon naturelle des choses dégoûtantes pour l’être humain. De même pour d’autres Mitsvot comme respecter ses parents ou pratiquer le bien, qui sont des Mitsvot vers lesquelles l’homme est naturellement attiré et qu’il aurait accomplit même sans en recevoir l’ordre.
Il y avait donc matière à croire que sur de telles Mitsvot, Hashem ne donne aucune récompense. C’est pourquoi le verset insiste en disant: « Je suis Hashem » et je rétribuerais même de telles Mitsvot.

Il faut donc expliquer le verset de façon différente:
« que l’homme doit accomplir » – qu’il accomplit même sans en recevoir l’ordre.
« et avec lesquels il doit vivre » - qu’il accomplit et en retire un plaisir comme ‘Oneg Shabbat ou Sim’hat Yom Tov.

Sur toutes ces Mitsvot, le texte dit:
« Je suis Hashem » et je rétribuerais même de telles Mitsvot.

Kedoshim

Lashon Hara ou échange standard?!

« Tu ne véhiculeras pas la médisance au sein de ton peuple… » (Vaykra 19 – 16)

Yeroushalmi Shabbat (chap.1 Hala’ha 2)

Rabbi Shim’on Bar Yo’haï dit:
« Si je m’étais trouvé sur le Mont Sinaï lors du Don de la Torah, j’aurais demandé à Hashem qu’il crée 2 bouches chez l’être humain : 1 bouche pour prier et étudier la Torah et 1 bouche pour tous les autres besoins humains. »
Puis, il se ravisa:
« En possédant une seule bouche, l’homme fait tant de dégâts par son Lashon Hara’, à fortiori s’il en possède deux! »

‘Hovot Halevavot (Sha’ar HaKeni’a chap.7)

Lorsqu’on dit du Lashon Hara’ sur une personne, on prend toutes les fautes de cette personne, et cette personne se voit attribuer tous nos mérites.
Lorsqu’on se présentera devant Hashem pour le jugement, certains d’entre nous seront agréablement surpris de constater des mérites sur des actions qu’ils n’auront jamais accomplis. A ce moment là, on leur dira: « Ces actions ont été accomplies par untel qui a dit du mal de vous. »
De même, les personnes qui auront dis du Lashon Hara’, s’étonneront en constant l’absence de certains mérites sur des actions qu’ils auront réellement accomplis. On leur dira : « Vous avez perdus ces mérites le jour où vous avez dis du mal d’untel. »
D’autres seront stupéfaits de constater qu’on leur impute des fautes, qu’ils n’auront jamais transgressées. On leur répondra: « Ces fautes ont été commises par untel sur lequel vous avez dis tant de médisance! »

Maguid Mesharim (de MARAN l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han ‘Arou’h) (sur Vayakhel)

L’ange – le « Maguid » - confie à MARAN:
« Le fait que l’on attribue les fautes d’une personne à celle qui a dit du mal d’elle, et que l’on retire les mérites de celui qui dit du mal pour les attribuer à sa victime, tout ceci est vrai et fondé! Si les gens avaient conscience de cela, ils seraient beaucoup plus heureux lorsqu’on dit du mal d’eux, heureux comme ci qu’on leur offrait des cadeaux en or ou en argent! »

On raconte sur le ‘Hafets ‘Haïm (Rabbi Israël Meïr Ha Cohen de Radin – Russie):

Un jour, un Rav alla trouver le ‘Hafets ‘Haïm et lui dit:
« Je prononce régulièrement de très longs discours de Torah devant une grande assemblée, mais je ne ressens pas réellement que mes paroles ont de l’impact sur mes auditeurs. »
Le ‘Hafets ‘Haïm lui répondit:
« Je suis très étonné de ce que tu me dis. En effet, le Gaon de Vilna n’a-t-il pas écrit qu’en récompense à chaque instant pendant lequel un homme ferme sa bouche (s’empêche de médire), il méritera de voir Or HaGanouz (la Lumière originelle)?
Les discours de Torah que tu prononces, ont la capacité d’empêcher à ce moment précis toute une assemblée de dire du mal, est- ce une chose négligeable?! »

Shabbat Shalom