Halacha pour lundi 1 Adar 5773 11 février 2013              

Pour l'élévation des âmes de:
Messa’ouda Bat ‘Aïsha (STEBOUN) de Lyon

Pour la guérison totale et rapide de:
Charles Chalom Ben Sultana
parmi tous les malades d'Israël Amen.

Date de la Halacha: 1 Adar 5773 11 février 2013

Catégorie: Pourim


Question - Existe-t-il une permission à l’usage répandu dans de nombreux endroits, de laisser les jeunes filles porter des vêtements de jeunes hommes et vice-versa, des jeunes hommes qui portent des vêtements de jeunes filles, à l’occasion d’une réjouissance comme un mariage, ou à l’occasion de la fête de Pourim, ou bien y a-t-il une interdiction à cet usage?

Réponse
Il est dit dans la Torah (Vayikra 19) :
« Une femme ne doit pas porter l’attribut d’un homme, et un homme ne doit pas porter le vêtement d’une femme. »

À partir de ce verset, nous apprenons qu’il est interdit à un homme de porter des vêtements de femmes, et de même il est interdit à une femme de porter des vêtements d’hommes. Comme c’est expliqué dans le Choul’han ‘Arou’h Yoré Dé’a (chap.156) qu’il est interdit à un homme d’adopter des comportements de femmes, comme se regarder dans un miroir, puisqu’il n’est pas dans les usages de l’homme de se regarder dans un miroir, car c’est plutôt le propre de la femme. C'est pourquoi il est interdit à un homme de se regarder dans un miroir. Cependant, les décisionnaires ont écris que dans les régions où les hommes ont eux aussi l’usage de se regarder dans un miroir, il n’y a absolument aucun risque d’interdit, car cela ne représente pas un usage adopté exclusivement par les femmes. Par conséquent, de notre époque, nous avons l’usage d’autoriser les hommes à se regarder dans un miroir sans craindre le moindre interdit. Mais revêtir des vêtements de femmes, il n’y a pas le moindre argument pour permettre, car cela représente un usage exclusivement féminin.

Malgré tout, dans de nombreux pays Achkénazes à l’occasion de la fête de Pourim, les hommes ont l’usage de revêtir des vêtements de femmes et les femmes ont l’usage de revêtir des vêtements d’hommes. Le Gaon MAHARY MINTS (page 31a) explique que cette autorisation provient du fait que lors de la fête de Pourim, tout le monde adopte cet usage, et à cette période, les vêtements ne sont pas qualifiables exclusivement de « vêtements de femmes » ou « vêtements d’hommes », c'est pourquoi il n’y a pas d’interdit à cela. Ceci est similaire à ce que l’on a écrit au sujet de la permission de se regarder dans un miroir de notre époque.

Ce même Gaon écrit que puisque nous n’adoptons pas cet usage dans le but de transgresser une interdiction – H’ass Véchalom – mais uniquement pour la joie de Pourim, il n’y a donc pas d’interdit. Il ramène ensuite des arguments à ses propos. Le RAMA écrit de façon similaire dans ses notes sur le Choulh’an ‘Arouh’.
 
Cependant, selon l’opinion de la majorité des Poskim, on ne peut autoriser le moindre interdit, même pour la joie de Pourim. Allons prendre connaissance des propos de notre maître Rabbi Eli’ezer de METZ dans son livre Sefer Ha-Yereïm, dont voici les termes :
« Même de façon provisoire et dans le cadre d’une plaisanterie, il est interdit à un homme de porter des vêtements de femmes, et inversement, car la Torah n’a pas fait de différence entre porter de façon provisoire et de façon définitive. Il était nécessaire de le préciser, car j’ai pu constater des hommes qui portent de façon provisoire des vêtements de femmes à l’occasion de mariages. »
Il en ressort donc de ses propos que même si c’est pour les nécessités d’une réjouissance de Mitsva, il ne faut absolument pas autoriser, et cela touche une interdiction de la Torah.
C’est également ce qu’écrit notre maître le RAMBAM dans une Tchouva (réponse Halah’ique) au sujet d’un usage de l’époque selon lequel, la mariée portait un turban ou un chapeau d’homme et saisissait une épée en dansant devant les femmes et les hommes. Le RAMBAM fait remarquer qu’il ne faut absolument pas imaginer que le fait d’être une mariée, lui octroie l’avantage de lui autoriser une interdiction de la Torah pour permettre un comportement aussi abominable. Cet usage était en vigueur en Égypte jusqu’à ce qu’on ait réussi à abolir ne serait ce que son souvenir. De même, ils avaient aussi l’habitude que le marié se fasse parer de bijoux par une femme, ce comportement fait partie de l’interdit pour un homme de porter des bijoux de femmes. Fin de citation.

Le Baït H’adach cite les propos du MAHARY MINTS et s’étonne qu’il n’a pas vu les propos du Sefer Ha-Yéreïm. Il ne fait pas de doute selon le Baït H’adach que le MAHARY MINTS aurait modifié son opinion en prenant connaissance de celle du Sefer Ha-Yéreïm selon qui il faut être rigoureux sur ce point même dans le cadre de la réjouissance d’un mariage, et il en est de même pour la joie de Pourim. Notre maître le H’YDA dans son livre Chiyouré Bérah’a (chap.182) approuve cette opinion et cite les propos de la Tchouva du RAMBAM que nous avons cité.

Telle est également la conclusion de notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita dans son livre Chou’t Yéh’avé da’at, où il rapporte encore de nombreux autres de nos maîtres contemporains qui se sont prononcés sur le sujet, et qui ont écrit des propos très sévères à l’encontre de ceux qui s’autorisent la souplesse sur ce point. Notre maître le Rav Chlita termine en disant : « Ces choses doivent être diffusées avec beaucoup de tact afin d’être perçues et acceptées par les personnes concernées. »
Il semble que les adultes doivent veiller également à ne pas habiller les petits garçons avec des vêtements de petites filles, ou inversement, ceci à titre de H’inouh’ (éducation dans les Mitsvot), conformément au Din selon lequel, nous sommes soumis d’éduquer les enfants aussi bien dans les Mitsvot de la Torah que dans les Mitsvot instaurées par nos maîtres, afin qu’ils n’en arrivent pas à de telles transgressions. (Réponse de notre maître le Rav Chlita dans son livre Chou’t Yéh’avé Da’at)
 
Il faut particulièrement être vigilent sur ce point si l’on vit dans des endroits où habitent des gens qui ne craignent pas Hachem et n’observent pas la Torah, et où l’on risquerait de se laisser attirer par la transgression d’interdits liés à la débauche.
Dans l’intérêt des lecteurs, nous allons raconter un fait intéressant au sujet du Gaon Rabbi Avraham Its’hak Ha-COHEN KOOK z.ts.l, qui fut le Grand Rabbin d’Israël.
 
En 5695 (1935), de nombreux étudiants des Yéchivot de Jérusalem habitaient Tel Aviv. Cette année là, la veille de Pourim, le Rav placarda une annonce à la porte de sa Yéchiva où il était écrit : « Je demande par la présente à tous les chers étudiants de notre Yéchiva, qu’aucun d’entre eux ne s’avise de voyager à Tel Aviv pendant les fêtes de Pourim, les 14 et 15 Adar prochains, sous aucun prétexte. »
 
Les propos du Rav avaient pour explication le fait qu’en ces temps là, on commençait à organiser dans la ville de Tel Aviv le « Carnaval de Pourim », telle que les non-juifs le font. L’aspect festif de ces évènements était étranger à toute personne touchée par la crainte d’Hachem (comme cela se produit encore de notre époque, malheureusement).
 
Même si les organisateurs de ces évènements n’étaient pas des gens observant la Torah et les Mitsvot, ils tenaient malgré tout à préserver des critères de pudeur bien précis lors de ces manifestations.
Cependant, à partir de 5687 (1927), ils commencèrent à organiser la cérémonie de « l’élection de la reine Esther », exactement comme l’avait fait en son temps Ah’achvéroch l’impie. Cette élection devint rapidement l’activité centrale du Carnaval.
 
C’est pour cela que le Rav KOOK z.ts.l n’hésita pas à s’élever contre les personnes qui osaient instaurer une telle manifestation de débauche, et interdit à tous les étudiants des Yéchivot d’entrer dans Tel Aviv pendant la célébration de ces festivités.
Ces efforts furent couronnés de succès puisque quelques années plus tard, la cérémonie fut définitivement abolie, à la grande joie des gens de la Torah. (histoire rapportée dans la brochure mensuel « Ha-Ma’yan » Tévet 5773)
 
A partir de là, nous pouvons constater combien d’efforts a investit ce Tsaddik afin de maintenir la religion à son véritable rang, ainsi que pour faire pénétrer de justes sentiments dans le cœur de gens qui n’observent pas la Torah, afin qu’ils prennent conscience de la sainteté des jours de Pourim, évènement qui doit être fêté dignement, sans entrainer l’assemblée d’Israël dans la faute en ces jours si importants.                         
 
En conclusion :
Il est interdit aux petites filles ou aux femmes de revêtir des vêtements d’hommes, ou inversement, il est interdit aux petits garçons ou aux hommes de revêtir des vêtements de femmes, même pour les nécessités d’une joie de Mitsva, il est malgré tout interdit de le faire. Il faut particulièrement préserver les critères de la pudeur et de la sainteté pendant les fêtes de Pourim. « Celui qui nous écoute, résidera dans l’assurance. » 

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