Halacha pour mercredi 2 Iyar 5768 7 mai 2008              

Date de la Halacha: 2 Iyar 5768 7 mai 2008

Catégorie: General


Yom Haatsmaout

Le 5 du mois d’Iyar, est le jour de la proclamation de l’état d’Israël.

Il existe une divergence d’opinions entre les décisionnaires de ces dernières générations à propos du Halel ce jour là à savoir, faut-il le réciter précédé de la bénédiction de même qu’à H’anouka ou pas ?

Certains sont d’avis qu’il n’y a pas lieu de réjouissances le jour de la proclamation de cet état, et d’autres pensent que chacun est de droit de se réjouir en ce jour et de faire des louanges à Hachem, car c’est quand même un miracle de voir à cet époque la proclamation d’un état Hébreu. Il y en a d’autres qui pensent qu’il y a même une obligation de dire le Halel en ce jour et le précéder de la bénédiction, tel qu’à H’anouka.

Notre maitre Rabbi ‘Ovadia Yossef Chlita à été questionné à ce sujet et a répondu, que même s’il était juste de reciter le Halel en ce jour de toute manière, cela doit se faire sans la bénédiction.

Car l’instauration de nos sages de dire le Halel avec la Bérah’a a lieu seulement lorsqu’il y a un miracle pour tout le peuple d’Israël, que des ennemis se soient tenus pour les exterminer et qu’Hachem les épargne.

Mais les miracles qui ont eu lieu pendant la guerre d’indépendance qu’Hachem nous a sauvé des mains de ces tyrans qui projetaient de nous exterminer, n’étaient pas des miracles pour tout le peuple juif (car beaucoup d’entre eux se trouvaient en Amérique ou autre part où ils n’étaient pas en danger), c’est pour cela qu’il est évident que l’on ne doit pas réciter la Bérah’a du Halel ce jour là.

Il rajoute une autre raison pourquoi Yom Haatsmaout n’est pas comparable à H’anouka concernant le Halel, bien que nous avons été gratifié et avons pu vaincre nos ennemis, cela n’est pas comparable à H’anouka pour la raison suivante : dans le Talmud il est écrit que la raison pour laquelle nos sages ont instaurés cette fête est le miracle de la fiole d’huile.

Demande le Maharats H’ayout pourquoi nos sages n’ont-ils pas instaurés cette fête en commémoration du miracle de la bataille contre les grecs ? il répond que l’on ne peut dire le Halel que sur des miracles qui sortent des critères du naturel comme une fiole d’huile qui reste allumée pendant 8 jours alors que naturellement et ne doit pas rester allumée plus de 24 heures.

Par contre le miracle de la bataille lui, peut s’expliquer de manière rationnelle et bien que les Maccabi fussent beaucoup moins nombreux on trouvera toujours une explication rationnelle à leur victoire.

Il en est de meme à notre propos, les miracles dont nous avons bénéficié aussi grands qu’ils soient, ils ne sortent pas du cadre du naturel, d’autant plus que nous avons perdu beaucoup de nos frères, on ne pourra donc pas reciter la Bérah’a du Halel.
Le Rav Chlita continue et dit qu’à part tout cela bien que plusieurs Rabbanim de la génération passé voyaient à travers l’état d’Israël le début de la Guéoula, de toute manière il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’arriver au repos, que ça soit sur le plan militaire, politique, moral ou spirituel.

Les pays arabes sont toujours là à menacer de sortir en guerre contre Israël comme l’Iran qui parle ouvertement de l’extermination de l’état d’Israël.

Et sur le plan spirituel où nous sommes tombés de très haut, et nous sommes tous témoins de la décadence morale de la population, le libéralisme qui s’amplifie, le manque de pudeur, des vêtements vulgaires, des livres et des films pornographiques, la profanation du Chabbat à tout bout de champs ou l’ouverture de magasins vendant de la viande de cochon ou d’autres aliments non Cacher et bien d’autres choses.

Mais par dessus tout le fait que des milliers d’enfants effectuent leur scolarité dans des établissements dans lesquelles on n’enseigne pas la moindre chose concernant la Thora et les Mitsvot mais au contraire apprennent juste à se comporter comme les autres nations, et un nombre innombrable d’enfant ne sachant pas reciter Chéma Israel, est-ce cela que nous espérions pendant 2000 ans d’exil ? Alors que Rambam écrit qu’Israël n’attend la Guéoula uniquement pour qu’ils puissent accomplir la Thora et les mitsvot dans la tranquillité et la sérénité afin de les accomplir comme il se doit.

C’est pour toutes ces raisons que beaucoup n’ont pas l’habitude de reciter du tout le Halel ce jour là.

Et même si en réalité - malgré tous les nuages qui obscurcissent le Miracle de la création de l’état d’Israël , il y a des faits marquants desquels nous ne pouvons nous dérober, comme par exemple, le fait que l’état d’Israël représente aujourd’hui le véritable centre de la Torah dans le monde entier, et que des milliers de nos enfants y étudient la Torah, jour et nuit dans les Yéshivot consacrées exclusivement aux études religieuses. Comme aussi le fait que nous trouvons même parmi les gens les plus simples , une oreille attentive à la Torah et à la connaissance, émanant de la bouche des Grands d’Israël.

Mais malgré tout, cela ne suffit pas pour justifier une obligation à dire le Halel avec Bérah’a, ce jour là.

C’est ainsi qu’ont tranchés les Guéonim suivant :
Rabbi Ben-Tsion Meïr H’aï ‘OUZIEL, Rabbi Itsh’ak HERTZOG, Rabbi Tsevi Pessah’ FRANCK, Rabbi Réouven KATS, Rabbi Ovadia HADAYA et Rabbi Ya’akov ‘ADESS, présidents du Grand Rabbinat d’Israël.

Cependant, le Gaon auteur du H’azon Ish, ainsi que le Gaon, le Rav de BRISK - qui ont vécus en Israël à l’époque de la création de l’état d’Israël  n’étaient pas favorable à cette idée, et se sont fortement opposés à cela.

Toutefois, n’oublions pas que dans la réalité de cette époque, les choses n’étaient pas aussi claires qu’à notre époque (aussi bien du point de vue des opposants au Sionisme, que du point de vue de ses partisans), car l’activisme antireligieux des autorités gouvernementales - discriminatoire et dénué de toute responsabilité social et spirituel – était très agressif.

En assimilant les immigrants du Yémen et du Maroc, de façon méthodique et cruelle, ainsi que d’autres actes aussi aberrants.
Mais d’un autre côté, le Miracle du sauvetage des mains des anglais était distinct et très ressenti.
La recréation en Israël, des Yéshivot qui avaient disparues en Europe lors de la Shoah, réjouie le cœur de tous ceux qui aiment la Torah.
C’est pour toutes ces raisons qu’il était très difficile de percevoir les choses à cette époque, de la même façon que nous les percevons nous aujourd’hui, car dans l’absolue, la création de l’état d’Israël représente un sauvetage et une grande délivrance pour notre peuple, même si comme nous l’avons dis, nous nous opposons très fortement à un grand nombre d’agissements de plusieurs dirigeants de l’état, depuis sa création, et jusqu’à ce jour.

C’est pour cela que dans la pratique, la personne qui désir dire le Halel sans Bérah’a, le jour de Yom Haatsmaout, est autorisé à le faire.
Mais cependant, il est bon de repousser la récitation du Halel, jusqu’à la fin de toute la prière, puisque selon le sens Mystique de la Torah, il ne faut pas s’interrompre entre la ‘Amida et le reste de la prière, en disant le Halel (excepté les jours où la récitation du Halel est instaurée par nos maîtres du Talmud).

Toutefois, on ne doit pas empêcher les communautés qui désirent dire le Halel immédiatement après la répétition de la ‘Amida, car ce point n’est soumis à une interdiction que seulement selon la Mystique, et qu’il n’y a là aucun interdit réel selon la Halah’a.

Mais on ne peut en aucun cas réciter la Bérah’a sur le Halel.

Même concernant la Bérah’a de Shéhéhé’yanou le jour de Yom Haatsmaout, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit, qu’il ne faut pas réciter cette Bérah’a sur le jour de Yom Haatsmaout en lui-même, et il y a là une grave transgression de Bérah’a Lévatala (récitation d’une bénédiction en vain). C’est ainsi que tranchent également tous ceux qui ont présidés le Grand Rabbinat d’Israël, et qui ont été cités plus haut.

On ne dit pas le Vidouï (supplications) dans la prière, le jour de Yom Haatsmaout.

(Le Gaon de Poniovitch, Rabbi Shemouel Cahaneman fut un jour consulté, lors des premières années de l’état d’Israël, et on lui demanda s’il disait le Halel le jour de Yom Haatsmaout.

Il répondit sur le ton de la plaisanterie :

« J’agis comme Ben Gourion.

Comme Ben Gourion ne dit pas le Vidouï ce jour là, moi non plus je ne le dis pas.

Comme Ben Gourion ne dit pas le Halel ce jour là, moi non plus je ne le dis pas ! » 

< < La Halacha précédente Halacha suivante > >

Questionner Le Rav