Halacha pour dimanche 17 Av 5779 18 août 2019              

Date de la Halacha: 17 Av 5779 18 août 2019

Catégorie: Chabbat


Enfouir (recouvrir) un plat pendant Chabbat (« Hatmana ») – Elicha’, « celui qui possédait des ailes »

La semaine dernière, nous avons expliqué les principales règles de « Hatmana » selon lesquelles – dans les générations passées – on avait l’usage d’enfouir la marmite dans du sable ou avec des vêtements, afin de préserver la chaleur du plat pour le repas de Chabbat, car ils ne possédaient pas ni poêle à chaleur, ni plaque électrique chauffante, et ils avaient particulièrement besoin d’avoir recours au moyen de « Hatmana ».

Deux sortes de « Hatmana »
Nous avons expliqué qu’il y a deux sortes de procédés de « Hatmana »:
Il exsite une Hatmana avec une matière qui augmente la chaleur (« Davar Ha-Mossif Haval »), comme le sésame ou les détritus d’olives, dont la composition particulière crée une chaleur qui chauffe de plus en plus la marmite enfouie dans une telle matière. Une telle Hatmana est catégoriquement interdite, et même si elle est réalisée avant l’entrée de Chabbat, nos maitres l’ont interdite par crainte d’en arriver à une transgression de Chabbat, comme nous l’avons expliqué.

En revanche, il existe un procédé de Hatmana avec une matière qui n’augmente pas la chaleur (« Davar Chéeno Mossif Haval »), mais qui maintient seulement la chaleur naturelle du plat. Par exemple, des plumes, ou des vêtements ou autres exemples similaires. Si l’on désire enfouir la marmite dans de telles matières, il est permis de le faire, mais uniquement la veille de Chabbat, avant l’entrée de Chabbat.
Par contre, pendant Chabbat, il sera interdit de procéder à la moindre Hatmana, quelle que soit la matière.

Elicha’, « celui qui possédait des ailes »
Il est enseigné dans une Michna du traité Chabbat (49a) qu’il est permis d’enfouir dans des « ailes de colombe », c'est-à-dire dans des plumes de colombes ou de pigeon, car les plumes sont une matière qui n’augmente pas la chaleur.
Il est rapporté sur place dans la Guémara:
Rabbi Yannaï dit : Lorsqu’un homme porte les Téfilin, il doit veiller à ce que son corps soit parfaitement propre, comme le faisait « Elicha’, celui qui possédait des ailes ».
La Guémara demande: Pourquoi l’appelait-on « Elicha’, celui qui possédait des ailes » ? Et elle répond : Un jour, les autorités romaines érigèrent un décret sur Israël, selon lequel tout homme qui porterait les Téfilin sur lui sera passible de la peine de mort en lui perçant la tête. Un homme juste du nom de Elicha’ porta les Téfilin sur lui et sortait avec dans la rue, pensant que les soldats du gouverneur romain ne le verraient pas, quand soudain, un soldat romain le vit.
Elicha’ s’enfuit devant lui et se mit à courir. Finalement, le soldat le rattrapa.
Elicha’ pris les Téfilin de sa tête et les cacha dans ses mains fermées.
Le soldat lui demanda:
« Qui y a-t-il dans tes mains ?! »
Elicha’ lui répondit:
« Des ailes de colombe. »
Le soldat lui ordonna:
« Ouvre tes mains ! »
Elicha’ ouvrit ses mains et un miracle lui fut réalisé, car des ailes de colombe se trouvaient dans ses mains.
C’est pour cela qu’on le surnomma « Elicha’, celui qui possédait des ailes ».
Pourquoi Elicha’ répondit au soldat romain exclusivement « des ails de colombe »?
Car Israël est comparé à la colombe, comme il est dit : « Les ailes d’une colombe recouverte d’argent ». Au même titre que la colombe est protégée par ses ailes, ainsi Israël est protégé par ses Mitsvot.            

Recouvrir la marmite avec une serviette
Nous avons expliqué qu’étant donné qu’une serviette n’est pas considérée comme une matière qui augmente la chaleur, ainsi que pour d’autres raisons, il est d’usage d’autoriser à étendre une serviette – avant l’entrée de Chabbat – sur une marmite placée sur la plaque électrique chauffante. Les personnes qui agissent ainsi ont sur qui s’appuyer.
Si on a recouvert la marmite depuis la veille de Chabbat avec une serviette, et que pendant Chabbat on constate que la serviette est tombée, il est permis de couvrir de nouveau la marmite pendant Chabbat avec la serviette, à la seule condition que le plat est déjà suffisamment cuit à ce moment précis, car sinon, le fait de recouvrir la marmite va activer la cuisson du plat, ce qui constitue une transgression de l’interdit de Mévashel (cuire) pendant Chabbat.

Cela signifie que si le plat est suffisamment cuit pendant Chabbat au moment où la serviette est tombée, le fait de remettre la serviette sur la marmite ne constitue aucun interdit à titre de cuire.
Mais si le plat n’était pas suffisamment cuit à ce moment précis, il est catégoriquement interdit de remettre la serviette sur la marmite pendant Chabbat, car ceci constitue un interdit à titre de cuire, car la couverture va activer la cuisson du plat.

Cette règle existe même sans lien avec l’interdit de « Hatmana ».
Par exemple, si l’on a placé avant Chabbat une marmite sur la plaque électrique chauffante, et que le plat n’était alors pas suffisamment cuit, si pendant Chabbat on soulève le couvercle de la marmite pour vérifier l’état de cuisson du plat et que celui-ci n’est toujours pas suffisamment cuit, il est catégoriquement interdit de remettre le couvercle de la marmite sur celle-ci, car ce geste activera la cuisson du plat, et ceci représente une totale interdiction.
C’est pourquoi, les gens qui craignent Hachem veillent à ce que les plats soient suffisamment cuits avant Chabbat lorsqu’ils les placent sur la plaque électrique chauffante (et ainsi ils pourront à leur guise soulever et remettre le couvercle de la marmite pendant Chabbat).
Si la chose n’est pas possible, ils veillent alors à ne pas toucher la marmite jusqu’à Chabbat matin au moment où ils consommeront le plat, afin de ne pas se heurter à l’interdit de cuire pendant Chabbat.

Vigilance supplémentaire
Il faut veiller au moment où l’on recouvre la marmite avec une serviette ou autres vêtements ou couvertures, à ce qu’ils ne touchent pas la plaque électrique chauffante, par crainte – ‘Hass Véchalom – de provoquer un incendie du fait de la chaleur.

« Celui qui met en garde et celui qui fait preuve de vigilance, verront leur paix aussi grande qu’un fleuve. »

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