Halacha pour jeudi 25 Shevat 5780 20 février 2020              

Date de la Halacha: 25 Shevat 5780 20 février 2020

Catégorie: Berachot


La bénédiction de Mé’hayé Hamétim au bout de 12 mois de séparation avec un être cher

Dans la précédente Hala’ha, nous avons expliqué que lorsque l’on voit un être cher, un ami intime ou un proche parent, que l’on n’a pas vu depuis 30 jours, on doit réciter la bénédiction de Chéhe’heyanou en le voyant.

La Guémara dans Béra’hot (58b), qui constitue la source de ce Din, poursuit en disant que si la séparation à durée 12 mois, on ne doit plus réciter la bénédiction de Chéhe’heyanou, mais celle de Me’hayé Hametim, c'est-à-dire :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Méle’h Ha’olam Me’hayé Hametim.

Nous avions aussi précisé que la bénédiction de Chéhe’heyanou après avoir vu un être cher que l’on n’a pas vu depuis au moins 30 jours, ne peut être récitée que si cette personne nous est très chère et que la retrouvaille nous procure une réelle joie.
Le Din est le même en ce qui concerne la bénédiction de Me’hayé Hametim au bout de 12 mois de séparation avec un être cher. Cette bénédiction ne doit être récitée que si cette personne nous est vraiment chère, et que le fait de la revoir au bout de 12 mois, nous rempli de joie. (Ex : son conjoint, son fils, sa fille, un ami intime qui nous est très proche ….)

Cette bénédiction de Me’hayé Hametim après 12 mois, tout comme la bénédiction de Chéhe’heyanou après 30 jours, sont toutes les 2 tranchées dans le Choul’han ‘Arou’h (chap.225). C’est pourquoi, il ne faut pas négliger sa récitation, mais dans la réalité de notre époque, il est très peu probable que l’on soit confronté à la récitation de la bénédiction de Me’hayé Hametim, comme nous allons l’expliquer.

La différence entre la bénédiction de Chéhe’heyanou et celle de Mé’hayé Hamétim 
Le Gaon Rabbi Eliyahou ‘HAZZAN z.ts.l, dans son livre Chou’t Ta’aloumot Lev fut consulté sur la question : Pourquoi les gens n’ont pas l’usage de réciter la bénédiction de Chéhe’heyanou lorsqu’ils n’ont pas vu leurs êtres chers depuis 30 jours, ainsi que celle de Mé’hayé Hamétim après 12 mois ?
Il répondit que de notre époque, les moyens de communications se sont beaucoup développés, avec le téléphone, le télégraphe, la poste présente dans chaque ville, il est donc certain que même si l’on n’a pas vu son ami depuis 30 jours, il est plus que probable que l’on a eu de ses nouvelles par l’intermédiaire des moyens de communication. Il n’est donc pas nécessaire de réciter la bénédiction de Che’heyanou au bout de 30 jours de séparation, ni celle de Me’hayé Hametim au bout de 12 mois. Il ajouta aussi que c’est ainsi qu’écrit notre maître le ‘HYDA dans son livre Birké Yossef, au nom de son grand père le Gaon Rabbi Avraham AZOULAÏ z.ts.l (l’auteur du ‘Hessed LéAvraham).
Cependant, notre saint maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l émet une remarque sur les propos de l’auteur du Ta’aloumot Lev que nous venons de citer.
En effet, voici, de façon précise, les propos de notre maître le ‘HYDA z.ts.l :
« J’ai entendu que l’on ne doit réciter la bénédiction de Me’hayé Hametim après 12 mois de séparation, uniquement dans le cas où il n’y a eu aucune correspondance durant ces 12 mois, et que l’on n’a eu aucune nouvelle de la personne qui nous est chère. Mais si l’on a eu de ses nouvelles, ou qu’il y a eu correspondance durant ces 12 mois, on ne récite pas Me’hayé Hametim lors des retrouvailles. » Le ‘HYDA rapporte cela au nom de son grand père le Gaon Rabbi Avraham AZOULAÏ z.ts.l.

Il en découle que les propos du ‘HYDA ne se rapportent qu’à la bénédiction de Me’hayé Hametim, mais pour ce qui est de celle de Chéhe’heyanou après 30 jours de séparation, on est tenu de la réciter, même dans le cas où il y a eu échange de contacts ou correspondance quelconque. C’est ainsi que tranche l’auteur du livre Chou’t Hala’hot Kétanot (chap.220), et voici ses termes :
« Il semble que l’on ne doit pas réciter la bénédiction de Me’hayé Hametim lorsque l’on a reçu une lettre de son ami, ou que des gens sont venus nous apporter de ses nouvelles et nous dire qu’il se porte bien, car ce cas ne s’assimile pas à un mort que l’on oublie au bout de 12 mois (puisque l’on a eu des nouvelles de la personne). Mais la bénédiction de Chéhe’heyanou après une séparation d’au moins 30 jours, n’a été instituée que pour la vision du visage de l’être cher, vision qui nous procure une joie, cette bénédiction doit être récitée même s’il y a eu contacts durant cette séparation de 30 jours. »

Nous avons donc appris que la bénédiction de Chéhe’heyanou doit être récitée lorsque l’on voit une personne qui nous est particulièrement chère, et que l’on n’a pas vu depuis au moins 30 jours, et cela, même si l’on a eu des contacts téléphoniques ou autres avec cette personne durant ces 30 jours.
Par contre, la bénédiction de Me’hayé Hametim que l’on récite après être resté séparé au moins 12 mois avec une personne qui nous est chère ; s’il y a eu des contacts téléphoniques ou autres durant ces 12 mois, ou que l’on a eu des nouvelles positives de la personne par personnes interposées, on ne récite pas la bénédiction de Me’hayé hametim lors des retrouvailles au bout de 12 mois.
De notre époque, il est pratiquement impossible de rester 12 mois sans nouvelles d’un être cher, la probabilité de la récitation de cette bénédiction est donc quasiment inexistante.
Mais l’on récite quand même Chéhe’heyanou.

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