Halacha pour mardi 30 Tishrei 5779 9 octobre 2018              

Date de la Halacha: 30 Tishrei 5779 9 octobre 2018

Catégorie: General


L’offense par la parole

Il est enseigné dans une Michna du traité Bava Métsi’a (58b):
L’offense et la supercherie peuvent s’exprimer autant dans le domaine du commerce que dans la parole. (Ce qui signifie qu’au même titre qu’il est interdit d’escroquer et de tromper son prochain dans le domaine du commerce, il est interdit au même titre de faire offense à une personne par des paroles, comme le fait de la mettre en colère et de la faire souffrir même par de simples paroles), car il est dit (Vayikra 25) : « Vous ne vous offenserez pas l’un à l’autre, et tu craindras ton D. »
L’offense par la parole est plus grave que celle que l’on fait par l’argent, car l’une est restituable et l’autre ne l‘est pas (l’offense causée par l’argent peut se réparer en restituant la somme possédée illégalement, mais lorsqu’on a causé verbalement du tort à une personne, on ne peut pas réparer la peine causée).
La Guémara poursuit sur place :
Rav H’assda dit : Toutes les portes sont fermées excepté la porte de l’offense, car celui qui implore Hachem pour la peine qui lui a été causée par d’autres personnes verra sa plainte entendue par Hachem.

Cette Guémara enseigne encore qu’il faut être particulièrement vigilant vis-à-vis de l’offense causée à une personne convertie au judaïsme, car la Torah nous met en garde sur cela à différentes reprises.
C’est pourquoi il est interdit de dire à une personne convertie et qui désire apprendre la Torah :
« La bouche qui a consommé toutes sortes de nourritures non Cachères, vient aujourd’hui prononcer les paroles de la Torah qui a été donnée par Hachem ?! » En lui disant de telles choses, la personne convertie sera peinée du fait qu’on l’humilie de la sorte. Un tel comportement nous est interdit à titre de « Onaat Dévarim » (Offenser par la parole).

Tout homme doit être vigilant vis-à-vis de l’offense qu’il peut causer à son épouse, car ayant la larme facile, l’offense d’une épouse est d’autant plus fréquente. Cela signifie qu’étant donné qu’il est interdit d’offenser quiconque en raison de la peine qui lui sera causée, l’interdiction d’offenser dépend donc de la peine de l’offensé. Or, la femme est généralement plus sensible que l’homme et elle peut donc plus facilement en arriver à pleurer en raison de sa profonde peine. C’est pourquoi chacun se doit d’être très vigilant et de ne pas causer de peine à son épouse par l’offense verbale, car elle peut facilement souffrir des propos de son mari, et la faute sera imputée au mari. C’est ainsi que tranche le TOUR et MARANN dans le Choulh’an ‘Arouh’.

Il est de notoriété que la peine et la souffrance d’une épouse sont d’une telle gravité qu’ils peuvent engendrer des choses terribles sans même l’intention de l’épouse offensée.
Nos maitres enseignent à ce sujet - dans la Guémara Kétouvott (62b) – que Rav Réh’oumé étudiait la Torah auprès de Rava dont la maison d’étude se trouvait dans la ville de Méh’ouza. Rav Réh’oumé avait l’usage de ne rentrer chez lui qu’une seule fois par an, la veille de Yom Kippour (puisque tel était l’usage de nombreux et très jeunes érudits dans la Torah). Une année, se laissant emporter par la profondeur de son étude, Rav Réh’oumé tarda à rentrer chez lui. Son épouse l’attendait avec hâte se demandant quand allait-il venir, puisqu’elle se languissait de lui. Finalement, par la terrible peine qu’elle ressentit en pensant qu’il n’allait plus rentrer, elle versa une larme. Au même moment, son mari se trouvait dans un endroit en hauteur, et à cause de la souffrance qu’il avait causée à son épouse, il fut décrété dans le ciel qu’il devait mourir. Il tomba et mourut.
Cette histoire nous apprend la force d’une larme versée par la souffrance. (En particulier vis-à-vis de Rav Réh’oumé, car Hachem agit avec les Tsaddikim même sur des actes aussi épais qu’un cheveu. C’est pour cela que la rigueur divine le frappa avec autant de sévérité).

La Guémara poursuit (59a)
Rabbi H’elbo dit : l’homme doit toujours se montrer vigilant vis-à-vis du respect de son épouse, car la bénédiction ne réside dans son foyer que par le mérite de son épouse, comme il est dit (Béréchitt 12) : « On fit du bien à Avraham vis-à-vis d’elle (Sarah)… », ce qui signifie, pour Sarah son épouse. De même, Rava dit aux habitants de la ville de Méh’ouza : « Respecter vos épouses et vous deviendrez riches. »
Dans les prochaines Halachot, nous expliquerons - avec l’aide d’Hachem – des cas pratiques et actuels dans le domaine de l’interdit d’offenser verbalement.

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