Dvar Torah pour dimanche 23 Cheshvan 5775 16 novembre 2014

Divré Torah sur Tolédot

בס''ד
Par le Rav David A. PITOUN

5 Divré Torah (et une histoire)

       1. propos mal interprétés

Voici les descendances d’Its’hak fils d’Avraham, Avraham engendra Its’hak. (Bereshit 25-19 ; 1er verset de notre Parasha) 

RASHI : Les moqueurs de la génération prétendaient que Sarah était tombée enceinte des œuvres d’Avimele’h et non d’Avraham. C’est pourquoi Hashem créa les traits du visage d’Its’hak identiques à ceux de son père Avraham, afin que tout le monde puisse attester : «Avraham engendra Its’hak ». C’est pour cela que le texte dit : « Voici les descendances d’Its’hak fils d’Avraham » car nous avons la preuve que « Avraham engendra Its’hak ».

Petit rappel :
Dans la Parasha de Vayera (il y a 15 jours), le texte nous relate l’enlèvement de Sarah par Avimele’h roi des Pélishtim. Hashem le punit et Avimele’h ne put toucher Sarah. Pour punir Avimele’h, Hashem frappa aussi ses servantes et tout son palais, de stérilité. Avimele’h rendit Sarah à Avraham et les couvrit de cadeaux.

Question :
Pourquoi qualifier ces gens de « moqueurs de la génération » ?
Ils sont plutôt les « Résha’im (impies) de la génération » pour proférer de telles médisances !

Réponse : (du ‘Hatam Sofer)
Il est enseigné dans la Guémara Bava Kama (92a) :
Celui qui prie pour son prochain et qui se trouve dans le même besoin que lui, est exaucé en premier comme il est dit : « Avraham pria pour Avimele’h et ses servantes, et elles purent de nouveau enfanter. » Les versets suivants disent : « Hashem se souvint de Sarah… Sarah tomba enceinte et enfanta un fils à Avraham… »

Voici donc ce que signifie la médisance des moqueurs de la génération :
« Sarah est tombée enceinte des œuvres d’Avimele’h », c'est-à-dire :
C’est à cause d’Avimele’h - dont les servantes et tout le palais étaient devenus stériles et pour qui Avraham pria afin qu’Hashem leur donne de nouveau la possibilité d’avoir des enfants – que Sarah tomba enceinte d’Avraham.

Mais du fait que les gens disaient cela d’une façon ambiguë et qui pouvait laisser entendre de la médisance, le texte les qualifie de « moqueurs de la génération ».

       2.   L’éducation: depuis le plus jeune âge si l’on ne veut pas de surprises !!

Its’hak Avinou a pris Rivka pour épouse.
Rivka est stérile. Ils se mettent tous les deux à prier, et Hashem exauce Its’hak.

Comme les enfants se heurtaient dans son sein, elle dit : « Si cela est ainsi, à quoi suis-je destinée ! » Et elle alla consulter Hashem. Hashem lui dit : « Deux nations sont dans ton sein et deux peuples se sépareront de tes entrailles ; un peuple sera plus puissant que l’autre et l’aîné obéira au plus jeune. » (Béréshit 25-22, 23)

Rashi :
Se heurtaient. Nos maîtres expliquent que le mot a le sens de « courir ». Quand elle passait devant les « portes de Torah » de Shem et de ‘Evèr, Ya‘akov se mettait à courir et « heurtait » pour sortir. Et lorsqu’elle passait devant les « portes de l’idolâtrie », c’est ‘Essav qui se mettait à courir et « heurtait » pour sortir (Beréshit Rabba 63, 6).

Le Gaon et Tsaddik Rabbi Shalom SHWADRON z.ts.l fait remarquer à travers ce verset que la perversion de ’Essav existait déjà à la source de sa création.
C’est aussi ce que l’on constate dans la suite du verset : « … deux peuples se sépareront de tes entrailles … » Depuis tes entrailles, ils se sépareront, l’un vers sa perversion, l’autre vers sa droiture (Rashi).
Ceci indique que ‘Essav était un Rasha’ depuis sa naissance.

Pourtant, quelques versets plus loin, le texte dit :

Les enfants grandirent. Éssav devint un habile chasseur, un homme des champs, tandis que Ya’akov, homme inoffensif, vécut sous la tente.
Et Rashi explique ce verset : Les enfants grandirent. Aussi longtemps qu’ils étaient petits, on ne pouvait pas les reconnaître à leur conduite, personne ne prenait garde à leur caractère. Arrivés à l’âge de treize ans, l’un s’est dirigé vers les écoles et l’autre vers l’idolâtrie (Beréshit Rabba 63, 10).

Cela signifie que la perversion de ‘Essav n’était pas distincte de l’extérieur, mais en réalité, ‘Essav était un Rasha’ depuis sa naissance.

Cependant, nous trouvons malgré tout une contradiction parmi les enseignements de nos maitres, avec ce que nous venons d’apprendre :

Il est écrit : Le grand homme parmi les géants. (Yéhoshoua’ 14-15)
Nos maitres commentent : « (L’) homme ». Il s’agit d’Adam Ha-Rishon (le premier homme). « Grand ». Il s’agit des patriarches Avraham, Its’hak et Ya’akov qui ont tous les 3 été qualifiés de grands. … Ya’akov pour qui le texte dit : « Les enfants grandirent … » ‘Essav est inclus dans cette grandeur, mais il dégrada ses actes et humilia le droit d’ainesse et de ce fait, devint petit … (Yalkout Shim’oni sur Yéhoshoua 14)

Nous constatons que le titre de « grand » conféré aux saints patriarches a été aussi attribué à ‘Essav. On a même mis - dans un premier temps - à égalité le niveau de ‘Essav et le niveau des patriarches, si ce n’est que ‘Essav a par la suite dégradé ses actes et se diminua.

Comment comprendre ces 2 enseignements de nos maitres :
D’une part, ‘Essav est un Rasha’ depuis le ventre de sa mère, et il n’hésite pas à bousculer pour sortir vers l’idolâtrie.
D’autre part, durant ses 13 premières années, il est qualifiable de « grand », titre conféré par nos maitres aux saints patriarches Avraham, Its’hak et Ya’akov.

Comment ces 2 enseignements de nos maitres peuvent-ils s’accorder ?

Nous devons dire qu’en réalité, jusqu’à l’âge de 13 ans, ‘Essav était réellement aussi « grand » que Ya’akov, et même l’égal de n’importe quel patriarche, mais il était aussi et malgré tout un « Rasha’ en potentiel ».
Ses instincts étaient déjà mauvais depuis la naissance, et il possédait déjà toutes les propriétés de ‘Essav, mais elles étaient profondément enfouies dans son cœur.
Ce n’est qu’à partir de l’âge de 13 ans que ‘Essav « bondit » avec toute sa perversion vers l’extérieur.

Si l’on se demande :
En quoi un seul jour peut-il faire une différence aussi notoire dans l’inclinaison d’une personnalité ? Comment un jour avant son 13ème anniversaire ‘Essav peut-il égaler les patriarches, et du jour au lendemain, exprimer tout le potentiel de sa perversion ?

Nos maitres répondent aussi à cette interrogation :

Les enfants grandirent. Chaque jour, ils allaient tous les deux à l’école et revenaient de l’école. Après leur 13ème anniversaire, l’un se rendait à la maison d’étude, et l’autre se rendait dans des lieux d’idolâtrie. Rabbi El’azar dit : L’homme doit veiller sur son fils jusqu’à l’âge de 13 ans. A partir de ce jour, le père doit dire : Bénit celui qui m’a épargné du châtiment de celui-ci. (Midrash Rabba sur Béreshit 63-10)

Cela signifie que jusqu’à l’âge de 13 ans, Its’hak s’occupa de l’éducation de ‘Essav, et c’est pour cette raison que le potentiel de perversion de ‘Essav ne s’est pas exprimé. Bien au contraire, ‘Essav progressa au point d’être l’égal de son frère Ya’akov.
Mais lorsqu’il atteint l’âge de 13 ans, Its’hak déclara « Bénit celui qui m’a épargné du châtiment de celui-ci. », et cessa de s’occuper de son éducation. ‘Essav retrouva son indépendance, et c’est alors que toutes ses sources de perversions éclatèrent, au point de faire de lui « un habile chasseur, un homme des champs », un homme de culture, de sport, ou comme l’explique Rashi : un homme oisif qui chasse avec son arc des animaux sauvages et des oiseaux.

En bref, profiter de la vie !!
omment un homme - qui se trouve durant 13 années à un niveau très élevé, se transforme-il en ‘Essav ?!

La réponse est simple :
‘Essav contenait en lui ses propriétés négatives et son potentiel de perversion depuis la naissance.
Mais au-delà de tout, ‘Essav ne s’est jamais investit durant ces 13 années afin de changer sa nature !!!
Seul son père Its’hak avait une emprise sur lui, et cette emprise empêcha sa perversion de s’exprimer.

La morale de cette analyse nous frappe les yeux !!
A force de dire d’un enfant : « Ca va ! Il est encore petit !! », on laisse pousser de façon parfaitement inconsciente un enfant qui pourrait nous réserver des surprises à un âge où on serait disposé à lui accorder toute notre confiance.     

       3.   Depuis le ventre de leur mère

Les enfants se bousculaient en elle. Elle dit : « Si c’est ainsi, pourquoi dois-je subir cela ! » elle alla consulter Hashem. (Bereshit 25-22)

RASHI : Lorsqu’elle passait devant des lieux d’idolâtrie, ‘Essav poussait pour sortir. Lorsqu’elle passait devant la tente de Shem (lieu de Torah), Ya’akov poussait pour sortir.

Question
Rabbi Issa’har Dov de Beltz demande :
On peut facilement comprendre le désir de ‘Essav à sortir du ventre de sa mère dès qu’elle passait devant des lieux d’idolâtrie, mais pourquoi Ya’akov voulait-il sortir dès qu’elle passait devant un lieu de Torah, nos maîtres n’ont-ils pas enseigné dans la Guémara Nidda (30b) : lorsque le fœtus est dans le ventre de sa mère, un ange lui enseigne toute la Torah dans son intégralité ? Pourquoi Ya’akov voulait-il donc sortir ?

Réponse 1
Ya’akov Avinou était prêt à renoncer même à l’étude la Torah de la bouche d’un ange, si cela doit lui coûter de résider dans le même environnement que ‘Essav.

Réponse 2
Notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l expliqua que Ya’akov Avinou désirait acquérir les connaissances de la Torah par ses propres forces, dans l’effort et la difficulté. Or, la Torah que l’ange enseigne ne demande aucun effort ni fatigue, et son importance est moins grande, car la Torah ne se trouve pas dans le ciel !

On raconte au sujet du Gaon Rabbi Arieh LEBOUSH (auteur du Shou’t Arieh Debé Il’aï) que même lorsqu’il n’était qu’un enfant, on pouvait déjà reconnaître en lui des signes de piété et des capacités intellectuelles très développées.
Un érudit demanda un jour au petit Arieh :
« Puisque ‘Essav poussait pour sortir du ventre de sa mère dès qu’elle passait devant des lieux d’idolâtrie, pourquoi ne sortait-il pas ? Qu'est-ce qui l’empêchait de sortir puisqu’il était placé en premier vers la sortie (car lors de l’accouchement, c’est ‘Essav qui sortit le premier) ? »

Le petit Arieh répondit :
« Il est vrai que ‘Essav désirait fortement sortir du ventre de sa mère dès qu’elle passait près de lieux idolâtres, mais à la dernière minute, il se ravisait : si je sors du ventre de ma mère maintenant – se disait-il – qu'est-ce qui empêchera Ya’akov de sortir aussi et d’entrer dans des lieux de Torah ! C’est donc pour cette raison qu’il ne sortit pas, afin d’être sûr que Ya’akov ne se réfugierait pas en entrant dans un Beit Ha-Midrash de Torah ! »

Cette même question fut également posée au Maharal de Prague (Rabbi Leïb Bar Rabbi Betsal’el) lorsqu’il était lui aussi enfant.
Mais Il donna une réponse différente :
« ‘Essav n’avait aucun intérêt ni aucun désir de sortir sans Ya’akov. En effet, qu'est-ce que ‘Essav aurait-il fait dans un monde aussi vaste sans Ya’akov ? Qui aurait-il frappé ? A qui aurait-il rendu la vie amère ? Sur qui aurait-il sorti les pires calomnies ? Sur qui aurait-il promulgué les décrets les plus méchants et les plus cruels ? C’est vrai qu’il poussait pour sortir, mais jamais sans Ya’akov ! »

       4.   « Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? »

‘Essav dit : « Voilà que je suis sur le point de mourir, qu’est ce que peut représenter pour moi le droit aînesse ?! » (Bereshit 25-32)

‘Essav et Ya’akov sont jumeaux, mais ‘Essav est l’aîné. Ya’akov cuisine un plat de lentilles, et en propose à son frère en échange de son droit d’aînesse, qui devait représenter plus tard le privilège pour chaque aîné d’Israël d’assister les Cohanim dans le culte des sacrifices dans le Beit Ha-Mikdash.
Ce jour-là, ‘Essav revenait de la chasse, épuisé et affamé également pour avoir accompli de nombreuses transgressions ce jour-là.

Nos maîtres enseignent dans la Guémara Bera’hot (5a) :
On doit toujours mettre en conflit le Yétser Hatov (le bon penchant) et le Yétser Hara’ (le mauvais penchant). Si l’on réussit à le vaincre, tant mieux, sinon, on doit se mettre à étudier la Torah. Si cela suffit pour le vaincre, tant mieux, sinon, on doit lire le Shéma’. Si cela suffit pour le vaincre, tant mieux, sinon, on doit lui rappeler le jour de la mort.

L’étude de la Torah a pour propriété d’affaiblir la force du désir de transgresser. Grâce à cela, l’individu peut vaincre son Yétser Hara’.
Si toutefois cela ne suffit pas à soumettre le Yétser Hara’, on doit lire le Shéma’ afin d’accepter le joug de la Royauté Divine, et si cela ne suffit pas non plus et que le Satan se mesure encore à l’individu, il doit se rappeler à lui-même le jour de la mort, car lorsque l’homme pense à sa fin, il est certain que cela lui suffira à soumettre le Yétser Hara’, et qu’il accomplira la volonté d’Hashem.

Si l’on observe les versets de notre Parasha, nous restons stupéfaits :
‘Essav se rappelle à lui-même le jour de la mort, qui est un moyen très efficace pour se protéger de la faute, et immédiatement après cela, il dit : « … qu’est ce que peut représenter pour moi le droit aînesse ?! » Qu'est-ce que j’ai à faire de tout le culte des aînés et des sacrifices !!

Le même moyen qui sert de remède aux Tsaddikim et dont « les Tsaddikim se servent pour marcher », fait aussi « trébucher les Resha’im », comme il est dit dans le verset : « Mangez et buvez, car nous mourrons demain ! » (Isha’ya 22).
Le fait de penser au jour de la mort provoque chez les Resha’im un regain vers les fautes.
‘Essav a échangé le si précieux droit d’aînesse contre quoi ? Contre un plat de lentilles !!!
Comment peut-il vendre son droit d’aînesse – le plus haut niveau spirituel qu’il possède – pour une chose si insignifiante !!

Et n’allons pas dire qu’Essav n’était pas conscient de la valeur incommensurable du droit d’aînesse, car il est dit tout de suite après ce verset (lorsque ‘Essav se rend compte que Ya’akov – sur la demande de sa mère Rivka - a pris sa place pour recevoir la bénédiction de leur père) : il poussa un cri puissant et amer… « Il a pris mon droit d’aînesse… ». Nous en déduisons qu’Essav connaissait l’importance du droit d’aînesse. Ce cri était tellement puissant que nos maîtres enseignent que bien des siècles plus tard Mordé’haï dû pousser un cri aussi puissant pour effacer l’effet de celui de ‘Essav, comme il est dit dans la Méguila d’Esther au sujet du cri de Mordé’haï lorsqu’il apprit la nouvelle du décret d’extermination promulgué par Haman : Il poussa un cri puissant et amer… afin d’expier la « malhonnêteté » dont avait été victime ‘Essav.
Malgré tout cela, ‘Essav n’hésita pas à perdre son droit d’aînesse, et pourquoi ?
Parce qu’il ne pouvait pas surmonter le désir de manger qu’il ressentait à ce moment précis, et à cause de cette consommation, il perdit une chose éternelle.

La vie est remplie d’épreuves difficiles.
Il n’y a qu’à ouvrir les journaux pour lire différentes propositions alléchantes de vacances dans des endroits qui ne sont pas dignes d’un juif, ou des publicités de restaurants où la Casherout n’est pas observée de façon sérieuse, où la viande n’est pas ‘Halak (Glatt), et malgré cela, on ne prend pas conscience et on se laisse séduire par le plaisir d’un instant, et on perd des niveaux d’éternité.

Mais l’homme dont le cœur est ouvert et qui garde à l’esprit certaines réalités, ne se laisse pas séduire rapidement par la satisfaction d’un instant.
Ya’akov Avinou savait qu’à l’instant où s’emparera de ‘Essav le désir de la nourriture, par un bon plat comme il lui avait préparé, ‘Essav accepterait de renoncer même au plus haut des niveaux.
C’est pour cela qu’il le séduit et qu’il lui acheta son droit d’aînesse.

Il en est de même pour tout individu.
Même si la chose ne se ressent pas de façon aussi concrète que chez ‘Essav, malgré tout, c’est exactement pareil lorsqu’on se laisse entraîner après l’aspect imaginaire des satisfactions de ce monde, en comparaison à la grandeur de marcher dans le chemin d’Hashem. En définitive, la perte occasionnée sera infiniment grande !

Heureux celui qui sait se préserver, et ne tombe pas dans les plaies du temps !

       5.   Naïveté rime parfois avec intégrité

La voix est celle de Ya’akov, mais les bras sont ceux de ‘Essav. Il ne le reconnut pas, car ses bras étaient poilus comme ceux de ‘Essav, et il le bénit. (Bereshit 27-22)

Its’hak Avinou devenu aveugle et sentant sa fin arriver, demande à ‘Essav son fils d’aller à la chasse et de lui préparer un bon plat, afin qu’il le bénisse. Rivka – ne souhaitant pas voir ‘Essav l’impie bénéficier des bénédictions d’Its’hak - demande à son fils Ya’akov de prendre la place de son frère. Ya’akov accepte difficilement et se déguise en ‘Essav, puis il se présente devant son père Its’hak avec le plat que Rivka avait cuisiné. Its’hak reconnaît la voix de Ya’akov, mais en le touchant, il pense que c’est ‘Essav puisqu’il a les bras poilus.

Question
Constatant des contradictions puisque la voix est celle de Ya’akov mais les bras sont ceux de ‘Essav, comment ce fait-il qu’Itsa’hak ne s’aperçoive pas d’une tricherie ? Même s’il n’avait que le doute, il aurait dû s’abstenir de donner sa bénédiction jusqu’à qu’il sache de façon certaine à qui il a affaire !

Réponse
Les commentateurs expliquent qu’en réalité, lorsque Its’hak proposa à ‘Essav de le bénir en échange d’un bon plat cuisiné, ‘Essav se doutait que Ya’akov allait prendre sa place en déguisant sa voix comme celle de ‘Essav.
‘Essav passa donc un accord avec son père Its’hak en lui disant que lorsqu’il se présentera devant lui avec le plat, il prendrait la voix de Ya‘akov.
Mais Ya’akov Avinou qui était un homme intègre, vit se réaliser en lui le verset
« C’est la naïveté des justes qui les guide » et lorsqu’il se présenta devant Its’hak, il parla avec sa voix naturelle et ne chercha pas à imiter la voix de ‘Essav.  

Ainsi, lorsque Its’hak entendit la voix de Ya’akov (tel qu’ils avaient convenus) et que les bras étaient poilus comme ceux de ‘essav, il n’hésita pas à le bénir.                      


Shabbat Shalom

Rédigé et adapté par Rav David A. PITOUN France 5775
sheelot@free.fr