Dvar Torah pour dimanche 11 Tishrei 5775 5 octobre 2014

Soukkot « Le secret de la réussite »

« Vous résiderez dans les Soukkot durant 7 jours. Tous les citoyens d’Israël résideront dans les Soukkot. Afin que vos générations sachent que j’ai abrité les Béné Israël dans des Soukkot, lorsque je les ai sortis d’Egypte… » (Vaykra 23-42)

Question
Comment ce fait-il que la Mitsva de Soukka soit la seule Mitsva de la Torah qui donne le qualificatif de « Citoyen » (« Ezra’h ») au juif ?

Réponse
Il est écrit dans le livre du Prophète Ze’harya (14-19) [Haftara du 1er jour de Soukkot] :
« Ceci sera la faute de l’Egypte ainsi que toutes les nations qui ne monterons pas en pèlerinage pour la fête de Soukkot… »

En quoi les nations commettront-elles une faute en ne venant pas en pèlerinage pour Soukkot ? Pourquoi mériteraient-elles une punition pour un devoir qui ne les concerne pas ?
De plus, il est enseigné dans la Guemara Avoda Zara (2b) :
Dans les temps futurs, les nations viendront reprocher à Hashem de ne pas les avoir forcées à recevoir la Torah, comme il a « forcé » Israël à le faire, en renversant la montagne au dessus d’eux (Dans les temps messianiques, les non juifs constateront la grandeur d’Israël et comprendront d’eux même que toute cette grandeur leur provient de la Torah qu’ils ont su accepter et observer).
A ce moment là, Hashem va leur proposer d’accomplir la Mitsva de résider dans la Soukka, mais il va aussi intensifier la chaleur du soleil, de sorte que les non juifs vont non seulement sortir des Soukkot, mais ils iront jusqu’à détruire les Soukkot qu’ils avaient construits, montrant ainsi leur refus de fournir des efforts pour les Mitsvot.    

Nous pouvons également nous interroger sur cet enseignement :
Pourquoi choisir spécialement la Mitsva de Soukka pour mettre les nations à l’épreuve ?

En réalité, la Mitsva de Soukka est porteuse d’un important message pour chaque individu.
Les 7 jours durant lesquels nous résidons dans la Soukka, correspondent à la moyenne de 70 années de la vie de l’homme, comme il est écrit dans le Téhilim : « Les jours des années que nous vivons, 70 ans, et avec plus de forces, 80 ans… » (Téhilim 90).
A travers la Mitsva de Soukka, nous devons apprendre à considérer ce monde-ci comme une Soukka, qui est une habitation provisoire. Si nous parvenons à considérer ce monde-ci comme une habitation provisoire, toute notre intelligence, notre force et notre puissance seront tournées vers le Monde Futur qui est le lieu d’habitation définitif.
Ainsi, chacun peut résonner à fortiori :
Si pour une habitation provisoire (ce monde-ci) l’individu investit 8 heures de travail, combien doit-il investir pour une habitation définitive (le Monde Futur) ?!
Si pour vivre dans une habitation provisoire (ce monde-ci) l’individu investit tellement d’argent, combien doit-il investir – par la pratique des Mitsvot, par la Tsedakka, la bonté et le soutient aux institutions de Torah - pour acquérir sa place dans son lieu de résidence définitive (le Monde Futur) ?!!
La Mitsva de Soukka est donc un moyen qui permet à l’individu de prendre véritablement  conscience du véritable enjeu de son existence.
Les non juifs considèrent ce monde-ci comme une habitation définitive, alors que le peuple d’Israël le considère comme une habitation provisoire. C’est d’ailleurs la raison des guerres à travers le monde, car les nations le considèrent comme le lieu où l’individu réside pour l’éternité.

Nous comprenons maintenant plus aisément l’enseignement de la Guémara Avoda Zara mentionné plus haut, à travers lequel les nations vont constater – dans les temps messianiques - toute la grandeur d’Israël. Les non juifs vont comprendre que toute cette grandeur leur provient uniquement du fait que le peule d’Israël - au fil des générations - a observé la Torah et les Mitsvot tout en considérant ce monde-ci comme une simple habitation provisoire. Ce comportement va susciter la jalousie des nations qui – après avoir constater que tout le temps, les forces, les guerres et l’argent investis dans ce monde-ci, n’auront servi strictement à rien - désireront elles aussi considérer ce monde-ci comme une simple habitation provisoire. C’est là qu’Hashem leur proposera la Mitsva de Soukka qui constitue le moyen idéal pour prendre conscience de l’aspect temporaire de la vie sur terre, puisque la Soukka est une habitation provisoire.
Mais les nations n’étant pas disposées à modifier leurs conceptions vis-à-vis de la vie matérielle et terrestre, ne se contenteront pas de ne pas accomplir la Mitsva de Soukka, mais iront jusqu’à la détruire, et montreront ainsi leur incapacité à considérer 70 ans de vie dans ce monde-ci comme une simple habitation provisoire, puisqu’ils n’arriveront même pas à accomplir la Mitsva de Soukka qui n’est qu’une Mitsva pour 7 jours !!!

Nous comprenons également la raison pour laquelle celui qui accomplit la Mitsva de Soukka est qualifié par la Torah de « Citoyen » (« Ezra’h »), car la Mitsva de Soukka apprend justement à l’individu à se considérer seulement comme « Etranger » dans ce monde-ci, et non comme « Citoyen », puisque ce n’est que dans le Monde Futur que nous recevrons la véritable « Citoyenneté ».

Le verset de Zé’harya cité au début de nos propos, dans lequel on attribut une faute aux nations qui ne viendront pas célébrer la fête de Soukkot, apparaît également de façon plus claire.
En effet, les nations du monde constateront dans les temps messianiques que c’est la Mitsva de Soukka qui a justement permit à Israël de prendre conscience de l’aspect provisoire de la vie dans ce monde-ci, et malgré tout, elles ne seront pas disposées à célébrer la fête de Soukkot.

Est-il concevable de comprendre le secret de la réussite de tout un peuple, sans utiliser les mêmes moyens pour y parvenir ?!!      

        

Mo’adim LéSim’ha

David A. PITOUN France 5775
sheelot@free.fr