Dvar Torah pour mardi 18 Cheshvan 5771 26 octobre 2010

Parasha de ‘Hayé Sarah

La personnalité d’Eli’ezer (selon les explications citées par le Mé’am Lo’ez) 
 
1.    La piété et le contentement
 
Avraham dit à son serviteur, le doyen de sa maison, qui gérait tout ce qu’il possédait : « Place ta main sous ma hanche. Je te demande de me jurer par Hashem qui est le D. du ciel et le D. de la terre, que tu ne choisiras pas une femme pour mon fils, parmi les filles de Kena’an où nous résidons. Tu iras seulement vers ma terre d’origine, dans le lieu où je suis né, et c’est là que tu choisiras une épouse pour mon fils Its’hak. »(Bereshit 24-2, 3 et 4)
 
Avraham Avinou, voyant la fin de sa vie approcher, confie une mission à son fidèle serviteur Eli’ezer, et lui demande d’aller trouver une digne épouse pour son fils Its’hak. Mais il redoute les filles de Kena’an où il réside, et demande à son serviteur d’aller jusqu’à ‘Haran, le lieu de naissance d’Avraham, afin d’y choisir une épouse pour Its’hak.
Pour s’assurer qu’Eli’ezer ne pendra pas une fille de Kena’an, Avraham lui fait prêter serment.
 
Lorsqu’Avraham fut sauvé de la fournaise, le roi Nimrod lui donna Eli’ezer comme serviteur.
Selon le Pirké Dé-Ribbi Eli’ezer, Eli’ezer n’est autre que le fils du roi Nimrod.
 
Le Midrash Rabba explique qu’Eli’ezer était un très grand sage puisqu’il apprenait tout de son maître Avraham, et il entretenait ses connaissances en les prodiguant aux autres.
Le verset cité précise qu’Eli’ezer était pour Avraham celui « qui gérait tout ce qu’il possédait ».
Or, il est difficilement concevable qu’Avraham ait confié la gestion de tous ses biens à un simple serviteur !
Mais en réalité, il faut comprendre ce verset différemment :
Eli’ezer avait la capacité de gérer, de maîtriser le Yetser Ha-Ra’ qu’il possédait !
Cette force exceptionnelle pour un simple serviteur, lui a procuré le moyen de s’élever au rang de « ‘Hassid », un homme qui s’illustre par sa piété.
En signe de cet extraordinaire travail de la personnalité, Eli’ezer avait les même trais de visage qu’Avraham !
 
Le Kéli Yakar donne encore une autre explication de ce verset :
Lorsqu’une personne court sans arrêt après sa richesse matérielle et ne pense qu’à cela, nous pouvons dire de cette personne que sa richesse règne sur elle, mais elle ne règne pas sur sa richesse, car cette attirance pour l’argent l’entraîne à toutes sortes de fautes, comme le faux serment, l’escroquerie, le vol et des milliers d’autres transgressions. Cette personne ne prie pas tel que l’ordonne Hashem car elle court tellement après l’argent qu’elle ne connait plus les heures des prières.
Par contre, lorsqu’une personne craint véritablement Hashem, elle se réjouit de sa part et ne transgresse pas la Torah pour gagner davantage d’argent. Elle aime donner la Tsédaka aux nécessiteux. Nous pouvons dire de cette personne qu’elle règne véritablement sur sa richesse et sa richesse ne règne pas sur elle !!
Nous pourrions nous demander : comment Avraham plaça toute sa confiance en Eli’ezer ? Ne pouvait-il pas tromper son maître en lui amenant une femme indigne de son fils Its’hak, dans le but de gagner quelque pièces d’argent que lui aurait proposé un quelconque prêtre idolâtre pour marier sa fille ?!
C’est pourquoi le texte nous apprend : sache qu’Eli’ezer était un homme respectable car il « …gérait tout ce qu’il possédait » et ne faisait pas partie de cette catégorie de gens qui se laissent gérer par leur richesse matérielle, et transgressent sans scrupules les lois de la Torah simplement pour l’appât du gain !
Un homme comme Eli’ezer mérite donc toute la confiance d’Avraham Avinou.
 


(Je me permets d’ajouter qu’un célèbre Piyout chanté dans les communautés Séfarades d’Afrique du nord lors des 3 fêtes de Péssa’h, Shavou’ot et Soukkot dit : « Les riches dépensiers servent leurs serviteurs… » Ce qui signifie qu’au lieu de laisser l’argent les servir, ils s’asservissent eux-mêmes à leur argent !!!)


 
2.    La confiance en Hashem et l’acceptation du jugement Divin
 
Et il dit : « Hashem, D. de mon maître Avraham ! Daigne me procurer aujourd'hui une rencontre et sois favorable à mon maître Avraham. Voici, je me trouve au bord de la fontaine et les filles des habitants de la ville sortent pour puiser de l'eau. La jeune fille à qui je dirai : Veuille pencher ta cruche, que je boive et qui répondra : Bois, puis je ferai boire aussi tes chameaux, puisses-tu l'avoir destinée à ton serviteur Its’hak et puissé-je reconnaître par elle que tu t'es montré favorable à mon maître ! » (Béreshit 24-12, 13 et 14)
 
Voici, je me trouve au bord de la fontaine.
Selon le Midrash Rabba, voici quelle était la prière qu’Eli’ezer adressa à Hashem :
« Je sais effectivement que même les Tsaddikim ne bénéficient du bien d’Hashem dans ce monde ci que par pure miséricorde divine, et il en est de même avec mon maître Avraham par le mérite duquel le monde entier existe. Mais pourtant, il nécessite aujourd’hui une bonté d’Hashem. Puisque tu as envoyé la réussite dans mon voyage jusqu’ici, car je suis à peine sortit de la ville de Beer Sheva’ (lieu où résidait Avraham) et je me retrouve tout à coup ici (Selon le Pirké Dé-Ribbi Eli’ezer, ‘Harann était à 17 jours de voyage de la terre de Kéna’an où résidait Avraham, mais par égard à Avraham et Its’hak, Hashem envoya un ange qui fit voyager Eli’ezer en 3 heures !), je te demande au même titre de faire réussir ma mission. »
 
Le livre ‘Houpatt Eliyahou explique le verset précédent :
« … Daigne me procurer aujourd'hui une rencontre et sois favorable à mon maître Avraham. »
 
Lorsqu’Avraham lui confia la mission d’aller chercher une épouse pour son fils Its’hak, Eli’ezer éveilla l’attention de son maître sur l’hypothèse selon laquelle la jeune fille pourrait refuser de venir vivre en terre de Kena’an, et il demanda à son maître si dans cette éventualité il devrait faire venir Its’hak à ‘Harann.
Rashi explique au nom du Midrash Rabba explique qu’en réalité, Eli’ezer avait une fille et il désirait fortement la marier à Its’hak. Or, Eli’ezer savait pertinemment qu’Its’hak n’était pas autorisé à quitter les frontière d’Erets Kéna’an puisqu’il avait été dédié intégralement à Hashem (« ‘Ola Témima ») le jour où il devait être sacrifié. Mais il voulait seulement laisser apparaître dans l’esprit d’Avraham la solution d’un mariage avec sa propre fille. Cependant, Avraham comprit immédiatement sa véritable pensée et il lui dit : « Même si tu es une personne très respectable et sage, le fait est que tu descends de Kéna’an qui fut qualifié de « maudit », et il n’est pas digne de lier la descendance de celui qui est maudit avec la descendance de celui qui est bénit. »     
 
Lorsqu’il arriva au bord de la fontaine, Eli’ezer exprima deux demandes à Hashem :
Voici la première :
« Puisque j’ai essuyé aujourd’hui un affront de la part de mon maître Avraham qui m’a signifié qu’un « maudit » ne peut se lier à un « bénit » puisque je descends de Kéna’an  qui fut qualifié de « maudit », malgré tout, puisque ma fille est indigne d’être l’épouse d’Its’hak, fais moi rencontrer un bon jeune homme pour ma fille. »
C’est exactement ce qu’il exprime en disant : « Daigne me procurer aujourd'hui une rencontre. »
La deuxième chose demandée par Eli’ezer est tout simplement la futur épouse d’Its’hak, puisqu’il dit ensuite : « … et sois favorable à mon maître Avraham. ».

Shabbat Shalom