Dvar Torah pour lundi 7 Nissan 5770 22 mars 2010

Parasha de Tsav, Shabbat Ha-Gadol

Parasha de Tsav, Shabbat Ha-Gadol
 
1.  Matériel et spirituel
 
 …le feu de l'autel brûlera en lui.(Vaykra 6-2 Début de notre Parasha)         
 
Le Admour Rabbi Its’hak Meïr de GOUR commente encore ce verset.
Il fait remarquer qu’il n’était apparemment pas nécessaire d’ajouter les termes « en lui ». Il était suffisant de dire « le feu de l'autel brûlera »
Il explique qu’il s’agit ici du Cohen que la Torah enjoint d’accomplir son service divin avec engouement, de façon « enflammée ».
Similairement, nous avons apprit dans les Pirké Avot (chap.5 Mishna 5) :
10 miracles étaient accomplis au quotidien dans le Temple de Jérusalem. L’un d’eux : le feu permanent qui brûlait sous l’autel ne fut jamais éteint par les pluies.
Explication : Dans le Temple de Jérusalem, il y a un autel à l’intérieur et un autre dans la cour du Temple. C’est de celui-ci dont on parle.
 
La pluie se dit « Gueshem » qui vient de la racine Gashmiyout qui signifie « matérialité ». Là aussi on vient mettre en garde le Cohen afin qu’il ne laisse pas son côté matérialiste venir éteindre la flamme qui brûle à l’intérieur de chaque Cohen pendant son service divin. Il est vrai que les Cohanim consommaient beaucoup de viandes qui provenaient des multiples sacrifices réalisés au quotidien. Or, le consommateur de viande à – par nature – une attirance vers les choses matérielles. Malgré tout, l’amour d’Hashem « brûlait » en permanence au fond de la personnalité de chaque Cohen.
 
2.  Shabbat Ha-Gadol
 
Il est rapporté dans le TOUR et le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 430) au nom du Midrash Sho’har Tov sur Tehilim 136 :
Le Shabbat qui précède Pessa’h est surnommé « Shabbat Ha-Gadol » (le Grand Shabbat) en raison du Miracle qui s’est produit ce jour là.
En effet, la sortie d’Egypte eu lieu un jeudi 15 Nissan. Le Shabbat qui précéda le départ d’Israël du pays d’Egypte – qui était donc le 10 Nissan, Hashem ordonna à Israël de se procurer un agneau par famille pour les besoins du Sacrifice de Pessa’h qui allait être réalisé la veille de leur départ et consommé dans la nuit qui précèdera leur départ. Lorsque les Bné Israël exécutèrent l’ordre d’Hashem, les aînés d’Egypte leur demandèrent pour quelle raison ils se procuraient cet agneau. Les Bné Israël répondirent qu’il allait servir au sacrifice de la nuit de Pessa’h pendant laquelle Hashem va frapper tous les aînés d’Egypte, et c’est pour cette raison qu’il nous demande de réaliser ce sacrifice et d’utiliser le sang de cet agneau en l’appliquant sur le fronton et les linteaux des portes de nos maison pour que l’Ange de la Mort distingue entre es maisons juives et celles des Egyptiens. En entendant ces explications, les aînés d’Egypte allèrent trouver leurs parents ainsi que Pharaon en leur demandant de laisser partir Israël afin d’échapper à une mort certaine, mais ils se heurtèrent à un refus catégorique. Une terrible bataille éclata à ce moment là entre les aînés d’Egypte et leurs parents, et de nombreuses victimes tombèrent ce jour là, comme il est dit dans le Tehilim : « Il frappe l’Egypte avec ses aînés ». C'est-à-dire : l’Egypte fut frappée par ses propres aînés. En voyant cela, les égyptiens voulurent se venger d’Israël et chacun brandit son épée pour exterminer le peuple d’Israël, mais Hashem les protégea dans sa grande miséricorde et infligea ce jour là de terribles maladies aux égyptiens qui leur provoquèrent des souffrances atroces au point de leur faire tomber les dents et de leur provoquer des déchirures dans les intestins. Les égyptiens durent se replier et abandonner leur projet d’extermination.
C’est pour toutes ces raisons que l’on appelle ce Shabbat « Shabbat Ha-Gadol » car c’est un grand jour pour Israël qui fut épargné de l’extermination.
 
Chabbat Chalom
 
Dvar Torah rédigé par le Rav David A. PITOUN